DEUXIÈME PARTIE
MARGUERITE
pjs-moi donc , quelle religion as-tu ? Tu es un homme t|un (-peur excellent; mais je crois que tu n’as guère de
piété.
FAUST
Laissons cela, mon enfant ; tu sais si je t’aime ; pour mon amour, je vendrais mon corps et mon sang ; mais je ne veux enlever personne à sa foi et à son Église.
MARGUERITE
Ce rrest pas assez ; il faut encore y croire.
FAUST
Le faut-il ?
MARGUERITE
Oh! si je pouvais quelque chose sur toi!... Tu n’honores pas non plus les saints sacrements.
Je les honore.
MARGUERITE
Sans les désirer cependant. Il y a longtemps que tu n’es allé à la messe, à confesse ; crois-tu en Dieu ?
FAUST
Ma Men-aimée, qui oserait dire : Je crois en Bleu? Demande-le aux prêtres ou aux sages, et leur réponse semblera être un'e raillerie de la demande.
MARGUERITE
Tu n’v crois donc pas?
FAUST
Sache mieux me comprendre, aimable créature; qui oserait le nommer et faire cet acte de foi : Je crois en lui ? Oui oserait sentir et s’exposer à dire : Je ne crois pas en lui ? Celui qui contient tout, qui soutient tout, ne contient-il pas, ne soutient-il pas toi, moi et lui-mème? Le ciel ne se voûte-t-il pas là-haut? La terre ne s’étend-elle pas ici-bas, et les astres éternels ne s’élèvent-ils pas en nous regardant amicalement ? Mon wil ne voit-il pas tes veux? Tout n’entraîne-t-il pas vers toi et