‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 78 sur 225 · deuxième partie · texte numérisé non relu

deuxième partie

FAUST

Qu est-ce que cela te lait ?

méphistophélès.

C'est que j’y ai ma part de joie.

Au lavoir.

MARGUERITE et LISETTE, portant des cruches.

LISETTE

A’as-tu rien appris sur la petite Baibe

MARGUERITE

Pas un mot. Je vais peu dans le monde.

LISETTE

Certainement (Sibylle me l’a dit aujourd'hui), elle s’est enfin aussi laissé séduire! Les voilà tontes avec leurs manières distinguées !

MAR GUERITE

Comment?

LISETTE

C’est une horreur ! quand elle boit et mange, c’est pour deux .

marguerite.

Ah!

LISETTE

Voilà comme cela a fini ; que de temps elle a été pendue à ce vaurien ! C’était une promenade, une course au village ou a a danse ; il fallait qu’elle fût la première dans tout ; il l'amadouait sans cesse avec des gâteaux et du vin ; elle s en faisait accioii e snr sa beauté, et avait assez peu d honneur pour acceptei ses présents sans rougir; d’abord une caresse, puis un baiseï ; bien que sa fleur est loin.

MARGUERITE

La pauvre créature !

LISETTE

Plains-la encore ! Quand nous étions seules à filer, et que,

FAUST

le soir, nos mères ne nous laissaient pas descendre, elle 1 seyait agréablement avec son amoureux sur le banc de lapo^' et, dans l’allée sombre, il n'y avait pas pour eux d’heure asw longue. Elle peut bien maintenant aller s’humiliera i’é^li-S& cilice de pénitente.

MARGUERITE

Il la prend sans doute pour sa femme.

LISETTE

Il serait bien fou ; un garçon dispos a bien assez d’air autre part. Il a pris sa volée...

MARGUERITE

Ce n’est pas bien.

LISETTE

Le rattrapât-elle encore, cela ne ferait rien ! Les garçons lui arracheront sa couronne, et nous répandrons devant sa porte de la paille hachée.

MARGUERITE, retournant à la maison.

Comment pouvais-je donc médire si hardiment quand me 1 pauvre fille avait le malheur de faillir? Comment se faisait-il j que, pour les péchés des autres, ma langue ne trouvât pas de | termes assez forts? Si noir que cela me parût, je le noircissais : encore. Cela ne 1 était jamais assez pour moi, et je faisais le signe de la croix, et je le faisais tout aussi grand que possible; et Ie suis maintenant le péché même! Cependant,,., tout m’y entraîna. Mon Dieu ! il était si bon ! Hélas ! il était si aimable!

Le* remparts. — Dans un creux du mur l’image de la Mater dolorasi, j des pots de fleurs devant.

MARGUERITE apporte un pot de fleurs.

Abaisse, ô mère de douleurs! un regard de pitié sur ma peine!

Le glaive dans le cœur, tu contemples avec mille angoisses h mort cruelle de ton fils!

les yeux se tournent vers son père; et tes soupirs lui demandent de vous secourir tous les deux!

Qui sentira, qui souffrira le mal qui déchire mon sein? l’inqnié-

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