‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 79 sur 225 · DEUXIEME partie · texte numérisé non relu

DEUXIEME partie

■ ,je mon pauvre cœur, ce qu’il craint, et ce qu’il espère? Toi hélas! peux le savoir!

quelque endroit que j’aille, c’est une amère, hélas ! bien amère

ijoulèurVuo je traîne avec moi ! '

le suis à peine seule, que je pleure, je pleure, je pleure! et mon

se brise en mon sein!

Ces fleurs sont venues devant ma croisée ! tous les jours, je les ar- ;s mes pleurs ; ce matin, je les ai cueillies pour te les apporter. Le premier rayon du soleil dans ma chambre me trouve sur mon lit assise, livrée à toute ma douleur !

Secours-moi ! sauve-moi de la honte et de la mort ! ahaisse, ô mère je douleurs ! un regard de pitié sur ma peine!

La nuit. — Une rue devant la porte de Marguerite.

VALENTIN, soldat, frère de Marguerite.

Lorsque j’étais assis à un de ces repas où chacun aime à se 'anter, et que mes compagnons levaient hautement devant moi le voile de leurs amours, en arrosant l’éloge de leurs belles d’un verre plein, et les coudes sur la table,. ..moi, j’étais assis tranquillement, écoutant toutes leurs fanfaronnades ; mais je frottais ma barbe en souriant, et je prenais en main mon verre plein. 'Chacun son goût, disais-je; mais en est-il une dans le pays qui égale ma chère petite Marguerite, qui soit digne de servir à boire à ma sœur ? » Tope ! tope ! cling ! clang ! résonnaient à 1 entour. Les uns criaient : Il a raison ,elle est V ornement de toute la contrée! Alors, les vanteurs restaient muets. Et maintenant! . . . c est à s arracher les cheveux ! à se jeter contre les murs ! Le dernier coquin peut m’accabler de plaisanteries, de nasardes ; d faudra que je sois devant lui comme un coupable; chaque par°k 'Ht® au hasard me fera suer à grosses gouttes ! et, dussé-je ta hacher toutes ensemble, je ne pourrais point les appeler “lenteurs. Qui vient là? qui se glisse le long de la muraille?

Je ne

me trompe pas, ce sont eux. Si c’est lui, je le punirai

°mme ^ mérite, il ne vivra pas longtemps sous les cieux.

FAUST

FAUST, MÉPHISTOPHÉLÈS

FAUST

Par la fenêtre de la sacristie, on voit briller de l’intérieur clarté de la lampe éternelle; elle vacille et pâlit, de plus et p faible, et les ténèbres la pressent de tous côtés ; c’est ainsi qr/j fait nuit dans mon coeur.

MEPHISTOPHELES .

Et moi, je me sens éveillé comme ce petit chat qui segli» le long de l’échelle et se frotte légèrement contre la mural il me paraît fort honnête d’ailleurs, mais tant soit peu enci au vol et à la luxure. La superbe nuit du sabbat agit déjà se ; tous mes membres ; elle revient pour nous après-demain. Fort sait là pourquoi l’on veille.

FAUST

Brillera-t-il bientôt dans le ciel, ce trésor que j’ai vu briller ici-bas?

MÉPHISTOPHÉLÈS

Tu peux bientôt acquérir la joie d’enlever la petite aq sette; je l’ai lorgnée dernièrement, et il va dedans de beat' écus neufs.

FAUST

Eh quoi! pas un joyau, pas une bague pour parer mat® aimée?

J’ai bien vu par là quelque chose, comme une sorte de» lier de perles.

FAUST

Fort bien ; je serais fâché d’aller vers elle sans p sents.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Vous ne perdriez rien, ce me semble, à jouir encore autre plaisir. Maintenant que le ciel brille tout plein d ét®"

DEUXIÈME FAltTIE

■ ülez entendre an vrai ehef-d’ œuvre ; je lui chante une

,'luuison morale, pour la séduire tout à fait.

Il chante en s’accompagnant avec la guitare.

Devant la maison De celui qui t’adore.

Petite Lison,

Que fais-tu, dès l’aurore?

Au signal du plaisir,

Dans la chambre du drille Tu peux bien entrer fille,

Mais non fille en sortir.

Il te tend les bras,

A lui tu cours bien vite ;

Bonne nuit, hélas!

Bonne nuit, ma petite !

Près du moment fatal,

. Fais grande résistance,

S’il ne t’offre d’avance Un anneau conjugal.

VALENTIN s’avance.

Qui leurres-tu là? Par le feu! maudit preneur de rats!... au diable d’abord l’instrument! et au diable ensuite le chanteur !

MÉPHISTOPHÉLÈS

La guitare est en 'deux ! elle ne vaut plus rien.

VALENTIN

. Maintenant, c’est le coupe-gorge !

M ÉVHISTOPHÉLÈS , à Faust.

Monsieur le docteur, ne faiblissez pas ! Alerte ! tenez-vous près de moi, que je vous conduise. Auvent votre flamberge! Passez maintenant, je pare.

VALENTIN

Pare donc !

MÉPHISTOPHÉLÈS

Pourquoi pas ? -

VALENTIN

Et celle-ci ?

MÉPHISTOPHÉLÈS

Certainement.

VALENTIN

Je crois que le diable combat en personne! Qu’est cela? Dp ma main se paralyse.

MÉPHISTOPHÉLÈS, à Faust.

Poussez.

VALENTIN tombe.

O ciel !

MÉPHISTOPHÉLÈS

Voilà mon lourdaud apprivoisé. Maintenant, au large! il fan nous éclipser lestement, car j’entends déjà qu’on crie ; < imeurtre! x> Je m’arrange aisément avec la police; mais, quai | à la justice criminelle, je ne suis pas bien dans ses papiers, f

MARTHE, à sa fenêtre.

Au secours ! au secours 1

MARGUERITE, à sa fenêtre.

Ici, une lumière!

MARTHE, plus haut.

On se dispute, on appelle, on crie, et l’on se bat.

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