‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 9 sur 225 · PROLOGUE SUR LE THEATRE · texte numérisé non relu

PROLOGUE SUR LE THEATRE

Les faveurs de la Gloire en feuilles de laurier ?

Qui protège les dieux? qui soutient l’empyrée?...

La puissance de l’homme en nous seuls déclarée,

LE bouffon .

C'est bien, je fais grand cas du génie et de l’art : Usez-en, mais laissez quelque chose au hasard ;

C’est l’amour, c’est la vie... On se voit, on s’enchaîne. Qui sait comment? La pente est douce et vous entraîne; Puis, sitôt qu’au bonheur on s’est cru destiné,

Le chagrin vient : voilà le roman terminé !...

Tenez, c’est justement ce qu’il vous faudra peindre : Dans l’existence, ami, lancez-vous sans rien craindre; Tout le monde y prend part, et fait, sans le savoir.

Des choses que vous seul pourrez comprendre et voir ! Mettez un peu de vrai parmi beaucoup d’images,

D’un seul rayon de jour colorez vos nuages ;

Alors, vous êtes sûr d’avoir tout surmonté ;

Alors, votre auditoire est ému, transporté!...

Il leur faut une glace et non une peinture.

Qu’ils viennent tous les soirs y mirer leur figure! N’oubliez pas l’amour, c’est par là seulement Qu’on soutient la recette et l’applaudi s s épient .

Allumez un foyer durable, ou la jeunesse Vienne puiser des feux et les nourrir sans cesse :

À l’homme fait ceci ne pourrait convenir.

Mais comptez sur celui qui veut le devenir.

XE POETE

Eh bien , rénds-moi ces temps de mon adolescence Où je n’ étais moi-même encor qu’en espérance ;

Cet âge si fécond en chants mélodieux,

Taht qu’un monde pervers n’ effraya point mes yeux ; Tant que, loin des honneurs, mon cœur ne fut avide Que des fleurs, doux trésors d’une vallée humide!

Dans mon songe doré, je m’en allais chantant;

Je ne possédais rien, j’étais heureux pourtant !

FAUST

Rends-moi donc ces désirs qui fatiguaient ma vie, Ces chagrins déchirants, mais qu’à présent j’envie. Ma jeunesse!... En un mot, sache en moi ranimer La force de haïr et le pouvoir d’aimer !

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