‹ Faust, et le second Faust; suivis d'un choix de poésies allemandes, traduits par Gérard de Nerval. Nouv. éd., précédée d'une notice sur Goethe et sur Gérard de NervalChapitre 104 sur 185 · FAL'ST · texte numérisé non relu

FAL'ST

La cloche m'appelle, la baguette de justice est brisée. Comme ils m'enchaînent! comme il me saisissent! Je suis déjà enlevée sur l'échafaud, déjà tombe sur le cou de chacun le tranchant jeté sur le mien. Voilà le monde entier muet comme le tombeau!

FAUST

Oh ! que ne suis-je jamais né !

MÉPHISTOPHÉLKS, se montrant au detiors.

Sortez, ou vous êtes perdus ! Que de paroles inutiles ! que de retards et d'incertitudes ! Mes chevaux s'agitent, et le jour commence à poindre.

MARGUERITE

Qui s'élève ainsi de la terre ? Lui ! lui ! chasse-le vite ; que vient-il faire dans le saint lieu?... C'est moi qu'il veut.

FAUST

Il faut que tu vives !

MARGUERITE

Justice de Dieu, je me suis livrée à toi !

MÉPHISTOPHÉLÈS, à Faust.

Viens! viens! ou je t'abandonne avec elle sous le couteau !

MARGUERITE

Je t'appartiens, Père! sauve-moi! Anges, entourez-moi, protégez-moi de vos saintes armées!... Henri, tu me fais horreur!

MÉPHISTOPHÉLÈS

Elle est jugée !

VOIX, d'en haut.

Elle est sauvée !

MÉPHISTOPHÉLÈS, à Faust.

Ici, à moi !

Il disparaît avec Faust.

VOIX, du fond qui s'affaiblit.

Henri ! Henri !

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