TROISIÈME PARTIE
FAUST
Je reste donc avec toi 1
MARGUERITE
Vite! vite! sauve ton pauvre enfant ! va, suis le chemin le long du ruisseau, dans le sentier, au fond de la foi*êt, à gauche, où est l'écluse, dans l'étang. Saisis-le vite, il s'élève à la surface, il se débat encore ! sauve-le ! sauve-le !
FAUST
Reprends donc tes esprits; un pas encore, et tu es libre !
MARGUERITE
Si nous avions seulement dépassé la monta^j-ne ! Ma mère est là, assise sur la pierre. Le froid me saisit à la nuque 1 Ma mère est là, assise sur la pierre, et elle secoue la tête, sans me faire aucun signe, sans cligner de l'œil ; sa tète est si lourde! elle a dormi si longtemps!... Elle ne veille plus! elle dormait pendant nos plaisirs. C'étaient là d'heureux temps !
FAUST
Puisque ni larmes ni paroles ne font rien sur toi, j'oserai t'entraîner loin d'ici.
MARGUERITE
Laisse-moi! non, je ne supporterai aucune violence! Ne me saisis pas si violemment ! je n'ai que trop fait ce <jui pouvait te plaire.
FAUST
Le jour se montre!... Mon amie! ma bieu-aimée!
Le jour? Oui, c'est le jour! c'est le dernier de.s miens ; il devait être celui de mes noces ! Ne va dire à personne que Marguerite t'avait reçu si matin. Ahl ma couronne!... elle est bien aventurée!... Nous nous reverrons, mais ce ne sera pas à la danse. La foule se presse, on ne cesse de l'entendre; la place, les rues pourront-elles lui suffire?