‹ Faust, et le second Faust; suivis d'un choix de poésies allemandes, traduits par Gérard de Nerval. Nouv. éd., précédée d'une notice sur Goethe et sur Gérard de NervalChapitre 124 sur 185 · LES TROIS PÉNITENTES · texte numérisé non relu

LES TROIS PÉNITENTES

Magna Peccatrix (S. Lucse, vin, 36), Mulier Samaritan.v (S. Joh., iv}. Maria .-Egyptiaca (Acta Sanctorum).

CHŒUR

Toi qui à de grandes pécheresses

N'as jamais refusé de s'approcher de toi ;

Toi qui as fait monter dans l'élernilu

La pénitence ressentie au fond du cœur.

Daigne accueillir cette bonne âme

Qui ne s'est qu'une fois oubliée

Et qui n'avait jamais pressenti sa faute;

Daigne lui accorder son pardon.

UNE PÉNITENTE, appelée autrefois MARGUERITE.

Abaisse, abaisse, Toi sans pareille.

Toi, radieuse, Ton regard de grâce vers mon bonheur!

L'amant de ma jeunesse Echappé aux troubles de la vie, Il revient auprès de moi !

ENFANTS BIENHEUREUX, s'approchant en cercle.

Il nous surpasse déjà en grandeur

Par la force do sa stature;

Il récompensera pleinement

Nos soins, notre fidélité et notre sollicitude;

Nous fûmes de bonne heure éloignés

Des chœurs joyeux des hommes;

Mais celui-ci a appris beaucoup.

Et il nous apprendra à son tour.

LA PÉNITENTE, autrefois MARGUERITE.

Entouré du noble chœur des esprits,

Le nouveau venu se reconnaît à peine;

A peine il pressentit cette vie renouvelée,

Et déjà il ressemble à la sainte cohorte.

Vois comme il se délivre de tout lien terrestre !

Comme il jette à bas ses vieilles dépouilles !

Et comme de la robe éthérée

Jaillit la première force de la jeunesse.

Permettez-moi de le guider et de l'instruire;

Car le nouveau jour Téblouit encore.

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