‹ Faust, et le second Faust; suivis d'un choix de poésies allemandes, traduits par Gérard de Nerval. Nouv. éd., précédée d'une notice sur Goethe et sur Gérard de NervalChapitre 169 sur 185 · TRUSNELDA · texte numérisé non relu

TRUSNELDA

Ah ! le voici qui revient tout couvert'de sueur, du sang des Romains et de la poussière du combat ! Jamais Hermann ne m'a paru si beau, jamais tant de flamme n'a jailli de ses yeux!

Viens ! je frémis de plaisir ; donne-moi cette aigle et cette épée victorieuse ! Viens, respire plus doucement et repose-toi dans mes bras du tumulte de la bataille !

Viens ! que j'essuie ton front couvert de sueur, et tes joues toutes sanglantes! Comme elles brillent, tes joues! Hermann! Hermann! jamais Trusnelda n'eut tant d'amour pour toi !

Non, pas même le jour que, dans ta demeure sauvage, tu me serras pour la première fois dans tes bras indomptés; je t'appartins désormais, et je pressentis dès lors que tu serais immortel un jour.

Tu l'es maintenant : qu'Auguste, dans son palais su-

perbe, embrasse en vain l'autel de ses dieux!.., Hevmann, mon Ilermann est immortel !

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