UN VIEUX PAYSAN
Monsieur le docteur, il est beau de voti'e part de ne point nous mépriser aujourd'hui, et, savant comme vous l'êtes, de venir vous mêler à toute cette cohue. Daignez donc prendre la plus belle cruche, que nous avons emplie de boisson fraîche; je vous l'apporte, et souhaite hautement
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non-seulement qu'elle apaise votre soif, mais encore que le nombre des goultes qu'elle contient soit ajouté à celui de vos jours.
FAUST
J'accepte ces rafraîchissements et vous offre en échange
salut et reconnaissance.
Le peuple s'assemble en cercle autour d'eux. LE VIEUX PAYSAN.
C'est vraiment fort bien fait à vous de reparaître ici un jour de gaieté. Vous nous rendîtes visite autrefois dans de bien mauvais temps. Il y en a plus d'un, bien vivant aujourd'hui, et que votre père arracha à la fièvre chaude, lorsqu'il mit fin à cette peste qui désolait notre contrée. Et vous aussi, qui n'étiez alors qu'un jeune homme, vous alliez dans toutes les maisons des malades; on emportait nombre de cadavres, mais vous, vous en sortiez toujours bien portant. Vous supportâtes de rudes épreuves; mais le Sauveur secourut celui qui nous a sauvés.