‹ Faust, et le second Faust; suivis d'un choix de poésies allemandes, traduits par Gérard de Nerval. Nouv. éd., précédée d'une notice sur Goethe et sur Gérard de NervalChapitre 76 sur 185 · LE PEUPLE · texte numérisé non relu

LE PEUPLE

Le fils de ta mère.

MARGUERITE

Dieu tout-puissant ! quel malheur !

148 FAUST

VALENTIN

Je meurs ! c'est bientôt dit, et plus tôt fait encore. Femmes, pourquoi restez- vous là à hurler et à crier? Venez ici, et écoutez-moi! (Tous l'entourent.) Vois-tu, ma petite Marguerite, tu es bien jeune, mais tu n'as pas encore l'habitude, et lu conduis mal tes affaires : je te le dis en confidence ; tu es déjà une catin, sois-le donc convenablement.

MARGUERITE

Mon frère ! Dieu ! que me dis-tu là?

VALENTIN

Ne plaisante pas avec Dieu, Notre-Seigneur. Ce qui est fait est fait, et ce qui doit en résulter en résultera. Tu as commencé par te livrer en cachette à un homme, il vabientôt eu venir d'autres; et, quand lu seras à une douzaine, tu seras à toute la ville. Lorsque la honte naquit, on l'apporta secrètement dans ce monde, et l'on emmaillota sa tète et ses oreilles dans le voile épais de la nuit; on l'eût volontiers étouffée, mais elle crût, et se fit grande, et puis se montra nue au grand jour, sans pourtant en être plus belle; cependant, plus son visage était affreux, plus elle cherchait la lumière.

Je vois vraiment déjà le temps où tous les braves gens de la ville s'écarteront de toi, prostituée, comme d'un cadavre infect. Le cœur te saignera, s'ils te regardent seulement entre les deux yeux. Tu ne porteras plus de chaîne d'or, tu ne paraîtras plus à l'église ni à l'autel, tu ne te pavaneras plus à la danse en belle fraise brodée ; c'est dans de sales infirmeries, parmi les mendiants et les estropiés, que tu iras f'étendre... Et, quand Dieu te pardonnerait, tu n'en serais pas moins maudite sur la terre!

MARTHE

Recommandez votre âme à la grâce de Dieu! voulezvous entasser sur vous des péchés nouveaux?

VALENTIN

Si je pouvais tomber seulement sur ta carcasse, nbo

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