DEUXIÈME PARTIE
MÉPHISTOPHÉLÈS, paraissant soudain très-vieux.
Tout va périr; et, moi, je m'achemine Vers le Bloksbcrg pour la dernière fois; Déjà mon vase est troublé. Je le vois, Le monde touche à sa ruine.
SORCIÈRK, revendeuse.
Messieurs, n'allez pas si vite! Ne laissez point échapper l'occasion ! Regardez attentivement mes denrées; il y en a là de bien des sortes. Et cependant, rien dans mon magasin qui ait son égal sur la terre, rien qui n'ait causé une fois un grand dommage aux hommes et au monde. Ici, pas un poignard d'où le sang n'ait coulé; pas une coupe qui n'ait versé dans un corps entièrement sain un poison actif et dévorant ; pas une parure qui n'ait séduit une femme vertueuse; pas une épée qui n'ait rompu une alliance, ou frappé (juelque ennemi par derrière.
MÉPHISTOPHÉLÈS
Ma mie, vous comprenez mal les temps; ce qui est fait est fait. Fouraissez-vous de nouveautés, il n'y a plus que les nouveautés qui nous attirent.
FAUST
Que je n'aille pas m'oublier moi-même... J'appellerais cela une foire.
MÉPHISTOPHÉLÈS
Tout le toui'billon s'élance là-haut ; tu crois pousser, et tu es poussé.
FAUST
Qui est celle-là?
MÉPHISTOPHÉLÈS
Considère-la bien, c'est Lililh.
Qui?
MÉPHISTOPHÉLÈS
La première femme d'Adam. Tiens-toi en garde contre ses beaux cheveux, parure dont seule elle brille : quand
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elle peut atteindre un jeune homme, elle ne le laisse pas échapper de si tôt.
FAUST
En voilà deux assises, une vieille et une jeune : elles ont déjà saule comme il faut.
MKPHISTOPHKLÈS.
Aujourd'hui, cela ne se donne aucun repos. On passe à une danse nouvelle ; viens maintenant, nous les prendrons.
FAUST, dansant avec la jeune.
Hier, un aimable mensonge Me Gt voir un jeune arbre en songe, Deux beaux fruits semblaient y. briller, J'y montai : c'était un pommier.