‹ Faust, et le second Faust; suivis d'un choix de poésies allemandes, traduits par Gérard de Nerval. Nouv. éd., précédée d'une notice sur Goethe et sur Gérard de NervalChapitre 92 sur 185 · LA BELLE · texte numérisé non relu

LA BELLE

Alors, cessez donc de nous ennuyer ici.

PROCTOPHANTASMIST.

Je le dis à votre nez, Espi'its : je ne puis souffrir le despotisme d'esprit ; et mon esprit ne peut l'exercer, (on danse toujours.) Aujourd'hui, je le vois, rien ne peut me réussir. Cependant, je fais toujours un voyage, et j'espère encoije à mon dernier pas mettre en déroute les diables et les poètes.

luéde suivant, la satire de quelques souverains, ministres et poètes de son temps, en employanT; la manière d'Aristophcine. C'est pour donner l'œuvre entière que nous traduisons mot à mot ces passages, dont l'ironie n'est pas toujours saisissable, même pour nous. Madame de Staël avait eu raison, sans doute, de proclamer Fctw.! une œuvre iniraduiiible. Mais comment cacher aux Français un poëme dont elle a dit ailleurs ; « Il fait rélléchir sur tout, et sur quelque chose de plus que tout? »

162 FAUST

MKPHISTOPHÉLÈS.

II va tout de suite se placer dans une mare ; c'est la manière dont il se soulage, et, quand une sangsue s'est bien délectée après son derrière, il se trouve guéri des

Esprits et de l'esprit, (a Faust, qui a quitté la danse.) Pourquoi

as-tu donc laissé partir la jeune fille, qui chantait si agréablement à la danse?

FAUST

Ah ! au milieu de ses chants, une souris rouge s'est échappée de sa bouche.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Eh bien, c'était naturel! Il ne faut pas faire attention à ça. II suffit que la souris ne soit pas grise. Qui peut y attacher de l'importance à l'heure du berger ?

FAUST

Que vois-je là '?

MÉPHISTOPHÉLÈS

Quoi?

FAUST

Méphisto, vois-tu une fille pâle et' belle qui demeure seule dans l'éloignement ? Elle se retire languissamment de ce lieu, et semble marcher les fers aux pieds. Je crois m'apercevoir qu'elle ressemble à la bonne Margaerite.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Laisse cela! personne ne s'en trouve bien. C'est une figure magique, sans vie, une idole. Il n'est pas bon de la rencontrer ; son regard fixe engourdit le sang de l'homme et le change presque en pierre. As-tu déjà entendu parler de la Méduse?

FAUST

Ce sont vraiment les yeux d'un mort, qu'une main chérie n'a point fermés. C'est bien là le sein que Marguerite m'abandonna, c'est bien le corps si doux que je possédai !

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