‹ FaustChapitre 52 sur 66 · LA CHAMBRE DE MARGUERITE · texte numérisé non relu

LA CHAMBRE DE MARGUERITE

MARGUERITE seiile, assise près de sa quenouille.

Que je me sens émue !

Cette tranquille paix

Que j'ai connue,

Elle est perdue,

Perdue à Jamais,

Sans lui l'existence

N'est qu'un lourd fardeau;

Ce monde si beau

N'est qu'un tombeau

Dans son absence.

De mon pauvre esprit Le ressort s'arrête,

Ma pauvre tête

S'appesantit.

Que je me sens émue!

Celte tranquille paix (^)ue j'ai connue, Elle est perdue, Perdue à jamais.

Dehors regardé-je, ("est pour !e revoir;

TRAGÉDIE. iC3

Au loin m'ég-aré-je, C'est diins l'espoir De le ravoir.

Sa taille admirable, Son port g-racieux, Son sourire aimable, L'ardeur de ses yeux,

Et de son langage Le tour aisé.

Son beau visage.

Las! et son baiser...

Que je me sens énuio !

Cette tranquille paix Que j'ai connue, Elle est perdue, Perdue à jamais.

Mon cœur soupire, Rongé d'ennui.

Si devant lui J'osais le dire, Et l'embrasser, Et le presser A mon envie!...

Entre ses bras Puissé-je, hél:>s!

Perdre la vie '....

Page 1