SCÈNE PREMIÈRE
MARGUERITE, seule. — EIIo s'approche de la fenêtre et écoate.
Elles ne sont plus là ! — Je rié^s avec elles Autrefois!... Maintenant...
VOIX DE JEUNES FILLES, dans la rue.
Les amours ont des ailes!...
Le galant étranger s'eafuit... et court encor! Ah! ah! ah! ah! ah!
Les jeunes filles s'cî'oignent en riant. M.ARGUERITE.
Elles se cachaient ! Ah ! cruelles !
Je ne trouvais pas d'outrage assez fort **
Jadis pour les péchés des autres!...
Un jour vient où l'on est sans pitié pour les nôtres!
Je ne suis que honte à mon tour !
Et pourtant, Dieu le sait, je n'étais pas infâme;
Tout ce qui t'y porta, mon âme.
N'était que tendresse et qu'amour !
Elle s'assied devant son rouet et fil<"-
II ne revient pas ! . . .
J'ai peur, je frissonne, Je languis !... — Hélas !
En vain l'heure sonne,
11 ne revient pas!...
Où donc peut-il être?...
Seule à ma fenêtre,
Je plonge là-bas
Mon regard !... — Hélas I
Où donc peut-il être?
11 ne revient pas!...
Je n'ose me plaindre;
11 faut me contraindre I
Je pleure tout bas!...
S'il pouvait connaître
Ma douleur!... — Hélas!
Où donc peut-il être?
Il ne revient pas!...
Oh! le voir!.,. Entendre
Le bruit de ses pas!
Mon cœur est si las,
Si las de l'attendre!...
Il ne revient pas!...
Mon seigneur! mon maître!...
S'il allait paraître,
Quelle joie!... Hélas!
Où donc peut-il être?
Il ne revient pas!...
Elle laisse tomber sa tôte sur sa poitrine et fond en larmes. Le fuseau s'échappe de ses mains.