MARGUERITE, FAUST
FAUST
Mon cœur e.st pénétré d’épouvante! — O torture '
U source de re^rrets et d’éternels remords !
1/ est elle . — La voici, la douce créature,
•Tetée au fond d’une prison Comme une vile criminelle !
Le désespoir égara sa raison !...
Son pauvre enfant, ô Dieu !... tué par elle ’ Marguerite!
MABGÜERITE, s-éreillant.
Ah ! c est lui ! — c’est lui ! le bien-aimé !
(eUo se lève .)
A son appel mon cœur s’est ranimé.
Marguerite !
marguerite.
r,. . , Au milieu de vos éclats de rire.
Démons qui m’entourez, j’ai reconnu sa voix !
Marguerite !
FAUST
MARGUERITE
T • mai», sa douce main m’attire!
Je SUIS libre, il est là! je l’entends! je le vois!
FA UST.
Oui, c’est moi ! je t’aime !
Malgré l’effort même Du démon moqueur,
Je t’ai retrouvée !
Te voilà sauvée !
Viens, viens sur mon cœur !
marguerite.
Oui, c’est toi, je t’aime !
Les fers, la mort même.
Ne me font plus peur!
Tu m’as retrouvée !
FAUST
Me voilà sauvée!
'Je suis sur ton cœur!
FAUST
Viens, suis moi ! — hâtons-nous !
(il veut l'eutraliier. 1
MARGUERITE, se dégageant doucement de ses bras.
Attends!... voici la rue Où tu m’as vue Pour la première fois !...
Où votre main osa presque effleurer ines doigts !
" — Ne permettrez-vous pas, ma belle demoiselle.
Qu’on vous offre le bras pour faire le chemin? »
•— « Non, monsieur, je ne suis demoiselle ni belle.
Et je n’ai pas besoin qu'on me donne la main ! »
FA ü.ST.
Oui, mon cœur se souvient ! — Mais fuyons! l’heure passe!
MARGUERITE, s'appuyant amoureusement sur son bras.
Ah ! reste encore ! et que ton bras Comme autrefois au mieu s’enlace!...
O ciel ! elle ne m’entend pas !
MARGUERITE
Einbrassez-moi, seigneur ! ou bien je vous embrasse! ‘
(Méphistuphélès reparaît.)