‹ Faustine; drame en cinq actes, en neuf tableauxChapitre 17 sur 89 · ACTE PREMIER. M · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. M

riieiiro, —c'est ma l'autel... (Regardant autour de lui.) A moins de

m'aSSOOir par terre 1... (a un esclave qui apporte une sono d'escabeau où le poi'le se perche en desespoir de cause.) Qlie los fjieiix te le rendent! (il est ainsi placé à gaucho en face de Crispinus.) J'aurai Lien

peu de chance, si Crispinus ne m'aperçoit pas de là haut!... (il renouvelle en vain ses salutations, un esclave lui pose une vieille couronne sur la tête.)

CRISPINUS, aux esclaves de service.

Servez !

LOENAS, se penchant vers Sisenna.

Ail! le beau mot!... l'heureux terniel... avec quelle douce musique il retentit dans les oreilles!... c'est l'arfranchissement du plat!... c'est la liberté delà bouche!... servez!... (lise frotte les irains en signe de satisfaction tandis que les esclaves servent.)

CRISPINUS. Pendant toute la scène, il se retourne continuellement de droite à gauche, et de gauche à droite, comme partagi^ entre deux sentiments de même lorce. A Galla.

Du sanglier, ma charmante ! (a iris.) Tué dans ma rorêt de Lucanie, ma toute belle ! (a Gaiia.) Par un petit vent doux, c'est dans l'ordre!... (a iris.) Avec des anchois piles dans du vin de Cos, goûtez donc!... (a Gaiia.) El des raves piquantes (out autour!... (a iris.) Cela n'est-il pas divin?... (a Gaiia.) Vous ai-je trompée?... (a iris.) Ou préférez-vous un peu de celte oie blanche... (a Gaiia.) Qu'on a engraissée avec des figues?... LOENAS, à un esclave.

Ail! la belle bête! une chair superbe!... une odeur!... ne m'oubliez pas... (a l'esclave qui iJs son.) Pour moi?... très-bien!... (Se penchant vers sisonna.) Je suis sùr qiic VOUS trouvcz Cela partait, sisenna?

SISENNA.

Oh! délicieux!

LCœNAS, après avoir lutté contre les os qu'on lui a servis.

Le morceau est remarquable, mais le style m'en pnrait un peu dur!...

CRISPINUS, à part.

Il n'aura pas d'indigestion!

LOENAS, prenant l'os à sa main et le montrant au public.

J'ai rarement vu des os aussi bien conditionnés que ceuxlà I...

l'esclave dégustateur, après avoir goùtc le vin.

Versez !

CRISPINUS, saisissant la fiole, à Galla. Du falerne!... (a iris.) Du vieux falerne!... (a Gaiia.) Près

décent ans!... (Montrant rétiquelte.) Lisez vous-même, (a iris.)

Sous le consolai d'Annius Verus Pollio!... (a Gaiia.) Cela nous reporle à l'empereur Titus, ma charmante! (Avec rêverie.) Que d'événements depuis lors!... les uns joyeux, les autres tristes. Domitien ! Nerva! le noble Trajan!... que sais-je?... (Regardant la fiole que tient l'esclave.) Par Jupiter! mcs amis, ce que nous buvons-là, c'est de l'histoire! les fastes de Rome sont enfermés dans cette fiole!... (U se renverse avec satisfaction, les yeux à demifermés et fait signe à Lanipadio de prendre note du mot.)

LOENAS, à part.

Puisque l'occasion se présente, je ne suis pas fâché de

repasser un peu mes empereurs !... (Regardant tomber le via dans la

coupe de sisenna.) Tout se tient ensemble!,., c'est de l'huile!...

(Tendant sa coupe en arrière et se penchant vers son voisin.) Elî bien , qu'en dites-vous? (Pendant qu'il parle à Sisenna, Lampadio est survenu rapidement et a versé du vin très-médiocre dans la coupe que Lœnas tendait à l'ccbanson.)

SISENNA, faisant claquer sa langue.

Un vrai nectar!...

LOEXAS, ramenant à lui sa coupe pleine. Je VOUS crois sans peine!... (il boit, et fait tout à coup une horrible grimace.) Permettez!... il voils parait délicieux, ce petit vin ?...

SISENNA, vidant le fond de sa coupe.

Mais sans doute !

LOENAS, goûtant encore avec la même grimace.

Je ne comprends pas!... une vraie piquette!... (Avec une ironie araère.) Si c'est de l'hisloire que j'avale, je suis tombé sur le règne d'un tyran, voilà tout!... (il repousse sa coupe avec colère. — Crispinus étouffe do rire^ et parle bas aux deux femmes, en tournant sans cesse la tète de l'une à l'autre.)

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