‹ Faustine; drame en cinq actes, en neuf tableauxChapitre 18 sur 89 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Au nouveau Calilina !

CASSIUS

Merci, mes amis, mes braves amis!... mais je ne serai vraiment Calilina que le jour ofi j'aurai chassé de son trône le iaiseur de dialogues philosophiques!

APER

Ce jour n'est pas loin !...

CASSIUS

Je l'espère. (Prenant la place qui lui est réservée.) Et Si je mC SUlS

rendu si tard à ce banquet...

CUISPIXUS, vivement.

Pas d'excuses!... nous n'en voulons pas entendre!... je sais, mieux que personne à quels grands intérêts vous avez consacré toute cette journée !

CASSIUS, d'un ton mystérieux.

C'est qu'aussi les circonstances sont terribles... (Tous écoutent.) Partout, dans les rues, des yeux inquiets, des fronts pâles... Rome tout entière a cet aspect étrange que prennent k'S villes à l'approche des destinées, et Marc-Aurèle, entouré de ses philosophes à longues barbes, commence à s'apercevoir que, pour gouverner un empire, il ne suffît pas de raisonner doctoralement sur la nature de l'àme et la classification des vertus!...

ANTOMUS.

J'aurais cru cependant que la sagesse...

CASSIUS, éncrgiqueinent.

La sagesse des princes n'est pas celle des particuliers, son-

gez-y ! Qui doute ici du caractère privé de Marc-Aurclo ? c'est un homme excellent, je le doclare. — mais cette bonté même a des dangers qu'on oublie, et j'en viens à regretter les règnes sanglants, quand je le vois sacrifier, sans remords, tous les inlcrêts du momie, à la vanité de sa clémence! Qu'il choisisse désormais, entre ses devoirs de prince ou son métier de philosophe. — C'est Irop pour les mêmes épaules, que la robe des stoïciens et le manteau de pourpre des Césars 1

CRISPINUS, avec enthousiasme.

Très-bienl... vous avez rendu là toute ma pensée!.,, (so retournant.) Remarque bien que je l'avais, Lampadio, elle est à moi cette pensée !

APER

Ajoutez que cette indulgence orgueilleuse sait se démentir à ses heures!,., (Se retournant vers Cassius.) Quelle récompense a-t-on donnée à Cassius pour la soumission des Parlhes?,,. frustré lâchement des honneurs du triomphe, il est tombé de jour en jour, dans la dernière des disgrâces, —dans l'oubli!,,,

LIBO, se soulevant.

N'y sommes-nous pas tombés également nous aulres chevaliers , qui portons la plupart des noms consulaires?... Comme si la première obligation du souverain n'était pas de soutenir les maisons nobles, plutôt que de jouer au Socrate, et d'étaler sa vie, comme une condamnation de la nôtre!

CRISPINUS, tenant une aile de faisan.

Je me suis toujours méfié des hommes qui mangent seuls, et qui n'ont qu'un plat quand ils suupent 1... (Avec une sorte de terreur religieuse.) Oh 1 les hommes d'un seul platl... (il essuie ses doigts pleins de sauce à la chevelure d'un jeune esclave.)

LOENAS, tout en fourrant le plus de choses possible sous sa Innique.

Il a rogné la portion des poètes pour engraisser des philosophes !

SISENNA, dédaigneusement.

Que les poètes s'arrangent,,, c'est leur affaire !,.. (Lœnas lui jette un regard foudroyant.) Mais ce que moi, Sisenna, je ne lui pardonnerai jamais, c'est son mépris superbe pour les courses de l'amphilhéàlre! c'est celte affectation quand il daigne y venir, de s'occuper à toute autre chose, et de tourner la tête juste au beau moment de la lutte!. . (U frappe violemment sur la table.)

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