ACTE DEUXIEME. h
FAUSTINn.
C'osl bien, — qu'il vienne chez toi, celle nuit même...
Chez moi !...
Sans donte, puisque ce palais lui fait peur I...
DAPIINÉ.
Jamais I... c'esl impossible !...
FAUSTINE, avec hantcnr.
Voilà doux fois.Daphné, quoUi dis ce mol r « impossible, » dans des lieux où c'e*tune monslruosilc de l'entendre 1...
DAPHNÉ, interdite.
Mais...
Qu'il y vienne, — on m'a dit vaguement qu'il m'a aimée toute jeune !...
DAPHNÉ
Cassius !
El que, pour ce molif, il tenta alors sa révolte. — S'il a osé cela pour l'enl'ant, — crois-tu, Daphné, qu'il hésitera pour la renimo, quand il n'est même plus question d'usurper 1. . Réveillons cet amour et cotte ambition qui s'endorment, — ta magie va me servir; il ne s'agit plus ici d'opérations douteuses,— dans les crises suprêmes il faut faire violence aux destinées !...
DAPHNÉ, avec force.
Prenez garde!... ces violences-là sont terribles, — vous jouez snns le savoir avec des dieux implacables!... c'est appeler la foudre!... c'est nous tuer l'une et l'autre!... C'esl... oh! vous ne savez pas ce que c'est!... Et moi qui vous supplie... moi qui vous suis toute dévouée... je me verrais impuissante à vous arracher de l'abîme I...
FAUSTINE, froidement.
N'as-tu pas juré tout à l'heure ?...
DAPHNÉ
Mais je ne savais pas!... j'étais folle I...
Assez !...
DAPHNÉ
Parpilié pour vous-même, ne songez plus à cel homme!...
Ce n'est pas ton conseil qu'il nous faut, — c'est ton obéissance !...
DAPHNÉ
Grands dieux!...
Plus un mot!... j'ai des volontés immuables!...
DAPHNÉ, les yeux en feu, la voix vibrante.
Ah ! puisque vous le voulez, — je le veux bien aussij maintenant!...