ACTE CINQUIEME
DAI'HNÉ.
Jamais!
FAUSTINE, froidement.
J'en suis sûre!
DAPHNÉ
Mais pour plaindre cet homme et l'arrêter sur \o {ioulTre, lie me sullil-il pas d'avoir élé, entre vos mains, l'insirument l'alal de sa ruine?
FAUSTINE, avec autorité.
Assez I
DAPHÎSÉ, se jetant à ses pieds.
Au nom du ciel! ne croyez pas!... c'est que vos lieu ressent com|)tées, cl que j'ai résolu de vous sauver, lous les deux!... pourquoi !... que vous importe I parce que je vous aime peutêtre I parce que ce serait un spectacle magnifique que vous et lui sur le même trône!... Nous avons, parfois, de ces ca[)ricos là, dans la foule!.. . Souvenez-vous, seulement! oh ! si je pouvais tout vous dire! il était libre, — il partait — je l'ai perdu par vos ordres!... et vous ne lui donnerez rien en retour?
Je lui donne ma vie, c'est assez!...
DAPHNÉ, avec mépris.
Mourez donc! vous avez raison de mourir! je me suis trompée de mesure, en jugeant de la vigueur de votre âme, par l'intrépidité de vos rêve !... mais pressez-vous, le temps marche. (Montrant l'appariemeût du fond ) Voici venir le philosophe avec sa férule!... Fille des Césars, allez vous cacher dans une tombe! (Elle se dirige vers la porte.)
FAUSTINE, d'une voix étranglée.
DAPHNÉ, se retournant à peine.
Mourez, vous dis-je!...
FAUSTINE, entendant du bruit au fond et prêtant l'oreille.
Oh! c'est par trop souffrir!... ne me regarde pas!... (D'une
voix brève et ferme.) DonnC-la moi !
DAPHNE. Elle revient, sans parler et tend l'aiguille dont Faustine s'empare vivement et qu'elle place dans ses cheveux; puis à part. Il est sauvé! (Daplmé sort.)