H FAUTE D'UN PARDON
ne, si jolie, si spirituelle... Abandonnée à elle-même par un tuteur étourdi... par un enfant de cinquante ans... elle montre toujours tant déraison... tant de bon sens... Ah! ça, mais, je m'aperçois que j'en dis du bien... n'allez pas m'écouter, au moins!
LÉONCE
Oh ! ne craignez rien! je vous dois la vie, Henriette, c'est bien le moins que je vous la consacre... en quelque lieu, à quelque heure que ce soit; et quoi que vous commandiez, j'obéirai.
HENRIETTE
Eh bien! je vous demanderai quelque choseencore...
LÉONCE
Parlez. •
HENRIETTE
C'est plus fort que moi... il faut que vous me promettiez de ne plus retourner au château de Lussae... Je saurai peu à peu détacher M. de Lymeyrol de ses relations avec ce voisinage.
LÉONCE
Henriette, je vous le jure sur l'honneur, jamais je ne retournerai au château de Lussae.
HENRIETTE
Oh! je vous remercie, mon ami! mon Dieu ! c'est moi qui devraisplulôtréclamerpour vousdes liensqui m'enlèveraient un espoir coupable, et maintenant qu'il n'y a plus de péril à courir pour vous... que la jalousie ne me préoccupe plus, à l'heure enfin où je devrais être heureuse, mon châtiment recommence. En vain je me dis que si jeune encore je ne pouvais lutter contre mes parens lorsqu'ils n'ont songé pour moi qu'à une fortune... à un nom... au lieu de comprendre les exigences d'un cœur de vingt ans... Ah ! pourquoi ne vous ai-je pas connu plus tôt, Léonce. Je sens là que j'aurais eu la force de leur résister.
LÉONCE
Henriette!
HENRIETTE
Mais, n'importe? Je ne puis réussir à me justifier à