ACTE II, SCÈNE II
let par lequel il rétracte sa provocation... Je n'ai pu encore le faire parvenir à son adresse, mon oncle... mais si vous vouliez vous charger de ce soin...
Elle lui donne un billet.
ad albert, Usant l'adresse.
« A M. Adalbert de Lussac. » (A part.) Allons î c*e>t toujours ainsi... Je crois la tirer d'un fossé, c'est elle qui me repêche dans la rivière... (Haut.) Certainement, ma nièce, je ne puis vous blâmer en celte circonstance... Sauf cette erreur passagère de ma part, ma confiance en vous était illimitée, et la preuve, c'est qu'à ce même bal, je vous ai vue causer longtemps aussi... sans en prendre d'ombrage... avec une autre personne.
BLANCHE
Et laquelle?
ADALBERT
Oh! cette fois, plus d'inconvénient... Un jeune homme riche, un beau nom, une famille amie de la nôtre... et je crois dans mes devoirs de tuteur de vous informer que, d'après quelques mots que m'a adressés M. Léonce de Norbourg, il songe à vous sérieusement.
BLANCHE
Et moi, je crois dans mes devoirs de pupille de vous avouer que, d'après une longue conversation qui a eu lieu entre nous, il ne me reste plus aucun doute à cet égard.
ADALBERT
Ainsi, je n'ai même pas le mérite de vous apprendre... Mais aurai-je du moins celui de découvrir vos sentimens pour ce jeune homme ?
Oh! mon oncle, vous êtes d'une indiscrétion...
ADALBERT
Prenez-y garde... on n'est indiscret que là où il y a secret, et il n'y a secret que lorsqu'il y a... Allons ! allons! je vois que je puis songer à une petite donation que je me suis promis depuis longtemps de réali-
"""""'"Archives de laWte de Bruxete ArehiefvandeStadBrussel
BLANCHE
Une donation, mon oncle?
ADALBERT
Oui, ce château de Lussac avec les beaux ombrages où s'est passée votre enfance... où toute jeune, vous rencontriez déjà Léonce... Ce château que vous aimez tant et qui m'était resté comme au chef de notre famille... Eh bien ! je vous l'offre... le jour de votre mariage... (A part.) J'ai besoin d'un certain délai.
BLANCHE
Ahï mon oncle, que de générosité...
ADALBERT
Comment donc, ma chère nièce... c'est de grand cœur, une bagatelle après tout... Çn ne m'embarrasse pas le moins du monde... (A part.) Du moment que j'aurai fait lever les hypothèques.
BLANCHE
Ahî que je vous suisreconnaissante de votre bonne... intention... (Elle va au secrétaire et en tire des papier.) Mais relativement au château voici des papiers qui sont venus pour vous.
adalbert, à part ^ en jetant les yeux sur le papier.
Un arrêt de saisie! et moi qui avais oubliéque ce devait être hier... (Prenant les papiers.) Donnez, ma nièce, et surtout ne vous inquiétez pas de cela...
BLANCHE
C'est à vous de ne pas vous en inquiéter, mon oncle* Tout est payé.
ADALBERT
Comment?
BLANCHE
Oui, vous étiez absent... l'intendant est venu à moi tout effaré.
ADALBERT
Et vous avez payé... cinquante mille francs. blanche, passant son bras autour de celui d' Adalbert.
J'ai payé, mon oncle... sur les sommes annuelles que vous me donnez. J'avais amassé des économies... moi qui suis menacée de vieillir... Et puis, j'avais comme