ACTE II, SCÈNE VII
sion à notre solitude... Mais il est jeune, célibataire, et la calomnie trouverait amplement à s'exercer sur l'assiduité de ses relations avec nous... J'ai dû songer à le marier pour nous conserver un ami... et, sans doute, vous acquérir une compagne... Ainsi, vous le voyez, Henriette, mon insistance peut-être indiscrète vis-à-vis de Léonce et de Blanche, avait encore sa source dans l'amour profond que j'ai pour vous.
HENRIETTE
Monsieur, monsieur... épargnez-vous des excuses qui ne confondent que moi.
LE COMTE
C'est que vous ne savez pas, c'est que vous ne pouvez soupçonner, Henriette, toute l'ardeur inépuisable, toute la dévorante activité de cet amour qui se consume lui-même inutilement... sans être partagé... Oh ! je ne vous accuse pas de n'avoir pu être avec moi que soumise et loyale.
HENRIETTE, à part.
Malheureuse !
LE COMTE
Mais combien on est à plaindre de ne se trouver qu'un maître... là où l'on serait si heureux d'être un égal, un esclave... de ne rencontrer qu'obéissance là où l'on demanderait sympathie... Et jusque dans cette intimité que la loi et le monde imposent à celle qui porte votre nom, qu'il est affreux de se sentir éternellement si loin d'elle.
HENRIETTE
Monsieur, pardonnez... la fatigue du voyage... (A part.) Tant d'émotions... Je me sens défaillante... (Au Comte.) Ne vous inquiétez pas, et permettez que je me retire dans cet appartement que l'on m'a destiné... (A part.) Ah! mon Dieu, mon Dieu! je suis bien Coupable... donnez-moi !a force de tout réparer.
Elle entre dans sa chambre.
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