‹ Faute d'un pardon, drame en cinq actes et en proseChapitre 60 sur 69 · ACTE III, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VIII

me tuer, je défendrai l'enfant qui n'a plus que moi de protecteur au monde... Tu no parles que du crime d'Henriette... mais tu sais pourtant la réparation... tu sais que plus sublime cent fois qu'elle n'a été coupable, c'est elle-même qui a voulu chercher dans ce mariage, qui fait son supplice, le terme et le rachat de toutes ses fautes... c'est elle qui est venue tout-à-1'heure, suppliante et repentie, se rattacher à ce bras qui veut l'écraser !

LE COMTE

Oh! cesse de me prier! je n'ai qu'un mot à répondre rjJamais !

STÉPHEN

Jamais ! Ah! sans doute, opprobre éternel à l'épouse éhontée qui se joue du nom de sesenfans,derhonneur d'un époux! infamie à celle qui se vend!... Mais lorsqu'une infortunée, brisée, défaillante, semant sa route du sang de ses blessures, se traîne avec douleur vers un but de rédemption et de miséricorde, .vous, un homme '... le cœur plein de passions mauvaises, vous venez insulter à son agonie, en lui jetant la première pierre... et sans respect pour l'inviolabilité du repentir, pour la sainteté de l'expiation... entre elle et l'avenir, ce bien imprescriptible de tous, vous osez placer ce mot affreux : Jamais!... Malheureux ! mais Dieu ne le dit pas!

LE COMTE

Si tu savais ce que j'ai souffert... L'arrêt est prononcé... laisse-moi mes ennemis!

STÉPHEN

Tes ennemis.., eh bien! soit! Mais alors que la lutte soit égale, et elle ne Test pas! Georges, ici ce n'est plus l'ami qui te parle, c'est le médecin... Tu sais que le sang qui afflue au cœur d'Henriette peut l'étouffer dans une palpitation trop forte... Eh bien ! cette vie qui ne peut être prolongée qu'à force de calme et de douces précautions, si tu veux la briser dans ta vengeance aveugle, alors, va; je ne te reliens plus !.., Mais ne me

dis pas que tu es son juge, car je ne vois ici qu'un bourreau... ne te vantes pas d'être un ennemi, car lu n'es qu'un assassin!

LE COMTE

Eh bien! plus tard... si je puis oublier...

STEPHEN

Plus tard! sera-t-il temps? Non, non! un pardon, un encouragement de toi, du moins, est nécessaire à son âme comme le repos à ce corps blessé... Georges, elle se débat sur cette pente rapide qui la rejette dans le malheur et dans le crime, si tu ne te hâtes de la retenir. Je te le dis, c'est à peine s'il en est temps encore... Songes-y, tu serais désormais comptable devant Dieu et les hommes, de ses fautes comme de sa mort.

LE COMTE

Stéphen ! un jour... un jour, peut-être... Ah! je ne promets pas... Mais, en ce moment... ici où elle me trahissait... Laisse-moi!... mon devoir m'ordonne de partir...

stéphen, le conduisant vers la porte.

Ton devoir... soit; mais n'oublie pas qu'un autre devoir te réclame... Au revoir, au revoir, Georges... mon vieil ami... toujours!

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