‹ Faute de s'entendre, comédie en 1 acte et en proseChapitre 8 sur 25 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

BEAUPLAN, BLUM.

*l tu, quittant la table.

Vous m’effrayez, monsieur! serait-il arrivé uu malheur?

BEAUPLAN.

Oui, un grand malheur! Découvrir tout-à-coup que la confiance n’existe pas, que l’on vous fait un mystère...

BLUM

Monsieur, je vous proteste que pas un ordre n’a été donné dans la maison...

ÉEAOPLAN.

11 ne s'agit pas de cela. (Se reprenant , à part.) ! Je m’emporte! après tout, c’est l’effet d’une timidité, d’une modestie exagérées. (Haut.) Blum! je ne t’en veux pas! mais il est temps de mettre tout i mystère de côté.

BLUM

Mon Dicul monsieur, c’est tout ce que je de- 1 mande.

BEAUPLAN.

Eh bient puisqu’il faut absolument que ce soit I moi- même qui fasse lé premier pas, enfant que tu \ es î je te dirai franchement que, sous le rapport | des manières, de l’élégance, certainement j’aurais I pu prétendre à uii parti plus brillant.

blum, û part.

Il est encore question d’un mari pour sa fille. beauplan.

Mais enfin, puisqu’il y a inclination des deux côtés, je ne veux pas m’opposer à une union d’où dépend votre bonheur, et je suis prêt à tout. blum.

Hein ?

BEAUPLAN.

Je te dis que j’y consens.

blum.

A quoi }

BEAUPLAN.

A votre mariage.

louise, entrouvrant la porte, à elle-même.

Qu’ai-je entendu ?

blum, tout saisi.

Comment? c’est à moi I Ah! monsieur...

blum , l'interrompant.

Allons! c’est bienl

Qui pouvait s’attendre aussi à tant de bonté»! II

n’y a qu’un instant, vous me faites votre associé; et maintenant...

BEAUPLAN.

Remets-toi; réponds-moi avec calme.

BLUM

Du calme! cela vous est aisé à dire : au moment où vous me faites une proposition...

BEAUPLAN.

Que tu acceptes ?

BLUM

Permettez! 11 me semble que je vous ai fait entendre qu’il existait malheureusement entre M 11 * Louise et moi une opposition d'humeur, de caractère...

BEAUPLAN.

Ce sont souvent les meilleurs mariages. Si vous vous convenez, si vous vous aimez...

blum, avec impatience.

Nous aimer! niais elle ne m’aime pas!

louise, toujours de même.

Que dit-il?

BEAUPLAN.

Elle ne t'aime pas!

Du tout! je vous l’ai dit ce matin; vous n’avez donc pas compris ?

BEAUPLAN.

Qu’est-cc que cela signifie? Comment! vous ne vous êtes pas entendus, là, loul-à-l'bcurc ?

BLUM

Au contraire, cüc in a fait une scène indigne! Louise, de même.

Par exemple !

BEAUPLAN.

Une scène! ei elle f embrassait ! H m’a senblé que tu te laissais faire.

blum .

Malgré moi, et pour eu finir.

loi isk, de même.

Quelle indignité !

BLUM

Elle venait de m'impatienter, de me faire enrager; car, elle i|ui était ai douce, ai tranquille autrefois, elleeat maintenant capricieuse, volontaire emportée, et c’est aur moi que tout cela retombe, parce qu’elle ne peut paa me souffrir l louisr, à pari..

Mon Dieu! je ne peu» pas lui laisser de ces idées-là, pourtant.

Elle fait un pas vers eu».

blum, continuant.

Et de mon cité, (Louise s'arrête et écoule ) par affection pour elle, monsieur, dans Pintérdt de son bonheur, croyer-le, eh bient je sens que ie ne la rendrais paa heureuse. Ainsi....

BEAUPLAN.

Ainsi, tu refuses !

louise, â elle-même , avec désespoir .

Ah ! tout est fini !

blum, à Beauplc

Je vous demande pardon de vous dire ce# choses là, mais vous m’y forcez.

FAUTE DE S’ENTENDRE

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