SCÈNE XVIII
les mêmes, LE LIEUTENANT CIVIL, TURCATI , MOREL ,
Garde de la Maréchaussée, Peuple.
LE LIEUTENANT CIVIL, à la foule.
Citoyens, respect à la loi.
Monsieur le lieutenant civil, nous sommes sauvés!
TURCATI.
Pas encore.
favras , A Talon.
Que je vous dois de reconnaissance, Monsieur; sans yotre protection , nous étions perdus.
LE LIEUTENANT CIVIL
Je ne puis croire que des citoyens se fassent porte's à une telle violation des lois.
LA FOULE , se ruant ?,'ers Favras.
C'est un aristocrate! à la lanterne! Vive la liberté! LE Lieutenant civil , le couvrant de son corps .
La liberté ! citoyens, n'est pas le droit de se faire justice soimême; elle n'existe que par l'obéissance aux lois. Si la liberté affermit les empires , la licence les détruit. Citoyens , vous avez des tribunaux pour punir tous les crimes; c'est à eux, à eux seuls qu'appartient ce devoir; soyez sûrs qu'ils sauront le remplir. Monsieur le marquis de Favras, sur la clameur publique, je dois m'assurer de votre personne.
Mme DE FAVRAS.
Quoi , Monsieur ! . . .
TALON, bas.
Comment le sauver sans cela?
Monsieur, je suis prêt à obéir à la justice.
LA FOULE
Bravo ! bravo !
Mme DE FAVRAS, à Talon.
O Monsieur! vous allez le livrer à cette foule sanguinaire?
LE LIEUTENANT CIVIL
Madame, votre mari va monter dans ma voiture, à côté de moi ; la force publique nous accompagne, elle saura , au prix de son sang, faire iespecter un citoyen, et protéger les droits de la justice.
( Favras embrasse sa femme , puis se sépare d'elle. ) thÉroigne, à part.
Pauvre femme ! c'est elle qui me fait de la peine; car si son mari est coupable. . . ( On emmène Favras. )
turcati , bas , quand il passe devant lui. Eh bien ! monsieur le marquis, combien en donnez - vous h présent? ( Favras lui jette un regard de mépris.) Rien! Soit; la nation paiera. ( Haut à la foule. ) Vive la nation ! à bas les aristocrates \\
LA FOULE
A bas les aristocrates !