AUTRES
Mma DE FAVRAS , à part.
Oh! plus d'espoir! la victime leur sera sacrifiée.
LE LIEUTENANT CRIMINEL, à Turcati.
Approchez. ( On fait entrer Turcati et Morel dans l'enceinte du tribunal. ) Dites au tribunal ce que vous savez.
(*) Depuis cette scène jusqu'à la fin du drame , Théroigne est en amazone : corsage bleu à revers blancs , lizerés rouges , chapeau à plumes et à nœuds tricolores , éebarpe idem; sabre et pistolets.
Favras. ™
TURCATI.*
Je sais que le marquis de Favras , que voilà , a été militaire , commandant, avec le titre de colonel, dans la garde suisse de Monsieur.
Les débats ont prouvé que je m'étais de'mis de ma charge en 1775.
LE LIEUTENANT CRIMINEL
N'interrompez pas le te'moin.
TURCATI.
Or , vous saurez que j'ai fait dans un temps le métier de recruteur. Je, m'en suis promptement dégoûtéj car je souffrais , dans ma délicatesse et dans ma probité, de faire ainsi le maquignonage de mes semblables.
MOREL
Je fesais ses écritures , moi , dans ce temps . et je puis dire que je souffrais joliment aussi dans ma sensibilité et dans ma délicatesse.
LE LIEUTENANT CRIMINEL, à Turcati.
Continuez.
TURCATI.
J'ai donc vendu des hommes.. . c'est-à-dire, des Suisses et des Allemands au marquis de Favras.
TALON
En quel temps?
TURCATI, répondant à Talon.
Mais.. . en différens temps : en 1789 d'abord.
LE LIEUTENANT CRIMINEL, à Favras.
Vous avez dit que dès 177$ vous n'étiez plus au service : comment enrôliez-vous des hommes en 87?
EAVRAS.
Lors de l'insurrection de Hollande, je fus chargé du commandement d'une légion : j'ai fait recruter ici pour la compléter.
MOREL, au peuple.
On notera que cette légion était destinée à servir contre les patriotes du pays.
GENS DU PEUPLE
Ah ! A bas l'aristocrate !
( Le lieutenant criminel agite sa sonnette. ) Me HAMOT.
Silence ! silence ! ( Le calme se re'tablit. )
TALON , au tribunal:
Il ne ressort de ceci aucun fait qui ait trait à l'accusation, do haute trahison.
TURCATI.
Un peu de patience : nous y voilà. Le nomme Marginé , Morel et moi, avons été charges de faire trouver des sommes considérables au marquis de Favras... pour le prêt de ses troupes. ( Déposant des papiers sur le bureau. ) Voici les pièces à l'appui de ce que j'avance.
( Les juges se passent les papiers et les examinent. )
LE LIEUTENANT CRIMINEL, à Turcati.
Quel nombre d'hommes devait-on lever ?
TURCATI.
Douze mille Suisses et douze mille Allemands. . .
morel, au peuple.
Vingt-quatre mille hommes , une armée !
( Rumeur parmi les gens du peuple. ) Mme FAVRAS f à son mari.
Démentez donc cet homme. Souffrez-vous qu'il en impose ainsi ?
MOREL
C'est la vérité.
TURCATI.
La pure vérité. Est-ce que j'oserais mentir devant le tribunal donc moi? Demande/: ...
MOREE|fc
Pour qui nous prend-on? (Au peuple. ) Vous voyez qu'ils insultent toujours le peuple.
GENS DU PEUPLE
A mort l'aristocrate !