‹ Favras; épisode de 1789, en trois actes;Chapitre 37 sur 53 · AUTRES · texte numérisé non relu

AUTRES

A mort le conspirateur !

LE LIEUTENANT CRIMINEL, à Favras.

Comment expliquerez-vous ces écrits? Ce sont des commissions signées de vous ; des primes y sont promises aux nommés Tarcati et Marginé. Ces hommes sont des recruteurs qui ont déjà été employés, par vous , comme tels.

Messieurs, quelque conséquence que vous en puissiez tirer , je ne dois. . . je ne veux pas donner l'explication qu'on me demande. Quand ces écrits prouveraient que j'aie été dans 1 in-

tention de lever des hommes , rien ne démontre que cela ait eu lieu.

TALON , entre les mains de qui les papiers sont arrivés. Ces écrits ne portent pas même de date.

( Les papiers circulent de nouveau parmi les juges. )

MOREL , au peuple.

Le lieutenant civil favorise le coupable.

Me HAMOT.

Silence ! Silence !

Mme navras , bas à son mari.

Oh ! pourquoi ne parlez-vous pas?

Je fais ce que je dois. Que le ciel me prenne en pitié! ( Les juges se consultent , et semblent délibérer. ) morel, au peuple.

Voyez-vous, voyez-vous, les juges vont aux voix! Restez,

LE PEUPLE

Restons.

LE lieutenant criminel , arrivé au tour de Talon. A vous, Monsieur : quel est votre avis?

TALON

Monsieur, tout ceci est trop irrégulier : trouvez bon que je m'abstienne. , .

LE LIEUTENANT CRIMINEL

Monsieur , c'est ce que je ne puis souffrir. Vous avez siégé ; vous devez prononcer comme nous l'avons fait.

LE PEUPLE

Oui, oui : tout le monde doit se prononcer.

TURCATI.

C'est pour le sauver ; c'est pour tromper la vengeance du peuple qu'il fait ça.

LE PEUPLE

Il faut parler, il faut parler.

talon , se levant et se couvrant Eh bien, oui, je parlerai : mais selon la raison , et non pour obéir à vos clameurs. ( Se tournant vers le lieutenant criminel. ) Ce qui vient de se passer ne change rien à ma conviction première. L'accusé m'avait paru innocent, et je ne le trouve pas coupable. ( D'une voix forte et très-accentuée.) Je conclus donc à l'acquittement, d'après le vœu de ma conscience et le pouvoir que me confère la loi.

( // se rassied cl se découvre. — jgilatiom dans le tribunal , tumulte eè'brouhaha parmi le peuple. )

TURCATI, bas à Morel.

Il a du courage , ce gaillard là

morel, de même.

Oui. Il faudra le mettre à la lanterne.

TURCATr.

Butordi

THÉROIGNE

Moi, ça m'est égal : dans tout ça je ne suis ni pour l'un ni pour l'autre ; mais ça me vexe, ça me prend sur les nerfs, de voir le peuple si bête que de se laisser insulter. . . Ces nigauds là ne se souviennent déjà plus qu'ils ont pendu Berthier , Foulon. . . et autres insolens.

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