SCENE X
les mêmes, THÉROIGNE.
THÉROIGNE, à elle-même , et entrant vivement.
Ah ! je ne peux pas y tenir je ne suis pas encore assez
forte. ( Voyant Marcel et la marquise.) Eh bien! qu'est-ce que ça? ( S' approchant vivement. ) Quelle est cette femme? ( Elle la reconnaît.} Ah ! c'est celle de ce malheureux . . . MARCEL.
Elle est bien à plaindre.
THÉROIGNE
J'en conviens. Tu lui donnais du secours? tu la consolais?
MARCEL , un peu dégrisé.
La consoler. . . moi! Au contraire.
THÉROIGNE
Comment? Aurais-tu insulté à sa peine?
MARCEL
Ah! pour qui me prends-tu? Cette cruauté-là peut convenir à ceux qui ont intimidé les juges. . . qui les ont forcés à prononcer la mort. . . mais moi. . .
THÉROIGNE
Que veux-tu dire , hein? Oui , je nie suis trouvée parmi ceux qui les ont fait trembler, ces lâches magistrats ! Oui. . . . ( Avec égarement. ) Oui , j'ai crié : à mort! à mort Favras ! à mort l'aristocrate! Où est le mal? %
( Si )
MARCEL
Tais-toi! tais-toi.
THÉROIGNE
Non.
marcel, impJrieusetheAi, Tais-toi, te dis-je!
THÉROIGNE
Et moi, je ne le veux pas.
MARCEL, à madame de F 'auras , qui la r garde avec douleur. Madame, ne l'écoutez pas; ce n'est pas sa raison qui parle
Mme DE FAVRAS.
Je lui pardonne. Qu'ordonnez-vous maintenant du de'pôt que vous avez remis entre mes mains?
MARCEL, avec confusion.
Ah ! Il ne m'appartient pas ; il faut le rendre à celui ... de qui je le tenais.
Mme de E AVR AS , pleurant. .
Ses intentions auront été mai remplies.
( Elle voit entrer son mari . et court se jeter dans ses bras , en pleurant. )