francs de ventes
L’Union coopérative organise périodiquement des congrès, où toutes les sociétés coopératives françaises, même non adhérentes à l’Union, sont admises à envoyer des délégués. « Chaque société quelle que soit son importance, ne peut envoyer au congrès qu'un seul délégué, avec voix délibérative ; toute fois, chaque société peut déléguer au congrès autant de membres auditeurs, qu’il lui plaira ; ceux-ci auront seulement voix consultative (2).
De 1885 à 1907, 12 congrès coopératifs ont été organisés par l’Union ; ils ont surtout une valeur de propagande. L’Union publie depuis 1893, Y Almanach de la coopération française et fait paraître le journal bi-mensuel « L'Union coopérative. »
(1) Almanach de la coopération française pour 1908, p. 74 à 149.
(2) Article 5 des statuts de l’Union.
FRANCE
L’Union coopérative a pour but de servir de lien moral entre toutes les coopératives françaises el de parfaire leur éducation coopérative; elle est un organe de protection et de tutelle pour toutes les sociétés auxquelles elle fournit tous les renseignements administratifs et juridiques, utiles. Ce rôle est des plus importants, cependant l’Union ne pouvait se tenir pour satisfaite ; elle s’est efforcée de réaliser le but suprême de tout mouvement coopératif : l’achat en gros par une Fédération, des denrées utiles aux coopératives. L’Union s’est dédoublée, elle a constitué à côté d’elle une Fédération d’achat ou mieux un embyron de Magasin de gros.
§ 2. — L’Office coopératif.
A la suite des résolutions du congrès international de Paris, le Comité central a constitué en 1900 « l’Office coopératif de renseignements commerciaux et d’achatsen commun ». Il était destiné à succéder à la Chambre économique dont nous avons exposé la constitution en 1885 et l’échec final en 1892.
1° Sa composition. — L’Office coopératif se compose des sociétés distributives et des Fédérations coopératives qui manifestent le désir d’adhérer à l’Office ; coopératives et Fédérations sont les unes adhérentes, les autres simplement correspondantes, ces dernières ne peuvent pas prendre part à l’administration de l’Office (1).
2° Son administration. — Le conseil confédéral de l’Office coopératif procède d’un triple recrutement; il comprend 5 membres du Comité central désignés par celui-ci ; 5 délégués élus par le congrès des sociétés adhérentes, enfin, il se compose de tous les délégués, désignés à titre de mandataires, par les sociétés et les Fédérations affiliées. Les mandataires que désignent auprès de l’Office coopératif les sociétéset Fédérations
(1) Article 6 des statuts de l’Office.
simplement correspondantes ne participent pas à l’administration de l’Office (1).
Ce conseil confédéral nomme un bureau composé de huit membres; c’est ce bureau qui administre et dirige l’Office. Il reçoit les commandes des sociétés fédérées, conclut des marchés; en un mot, il organise l’achat en gros.
3° Absence du capital de l'Office. — L’Office coopératif n'a pas réussi à prendre une grande extension ; il lui est fort difficile de conclure à son propre compte des marchés fermes ; il est dépourvu de tous capitaux, il a pour unique ressource les cotisations des sociétés. Chaque société n’est tenue qu’à un versement annuel de cinq francs, celte cotisation, si insignifiante soit-elle, est très rarement versée (2).
L’Office coopératif présente cette particularité à coup sûr lamentable d’être la seule Fédération d’achat qui n’exige des sociétés adhérentes ni droit d’entrée, ni souscription d’obligations, ni cotisations, la cotisation statutaire étant devenue purement facultative. Le très médiocre dévouement dont les coopératives françaises sont capables à l’endroit de tout organisme central explique seul ce singulier état de droit. En dehors des sommes empruntées, l’Office coopératif ne possède pas d’autres capitaux que les bénéfices accumulés des années précédentes. Toutefois, ces bénéfices de 1900 à 1903 ont été attribués au Comité central en remboursement des dépenses qu’il avait faites pour l’Office ; à la fin de 1907, les bénéfices accumulés se montaient à 9. 129 francs ; c’est le fonds de réserve de l’Office ; de plus, 13.850 francs avaient été empruntés, l’Office disposait donc, à la fin de 1907, d’un fonds de roulement de 22.979 francs. On voit le peu d’importance de ses capitaux.
(1) Article 9.
(2) Article 13 des statuts.
FRANCE
4° Développement de l'Office. — L’Office ne comprenait à sa fondation en 1900, que 28 sociétés parmi les 307 sociétés qui, à cette époque, étaient affiliées à l’Union coopérative. Heureusement, les sociétés adhérentes à l’Union ont-elles presque toutes fait adhésion à l’Office. A la fin de 1907, l’Union comptait 340 sociétés, l’Office 330 ; une dizaine seulement de ces sociétés restaient en dehors de l’Office coopératif.
Le chiffre des opérations faites par l'Office est passé de 1901 à 1907, de 70.000 francs à 1.008.307 francs ; mais il convient de bien savoir ce qu’il faut entendre sous ce terme vague d’opérations. Faute de capital, l’Office, tout au début de son activité, se borna, conformément à sa dénomination, à donner aux sociétés adhérentes de simples renseignements commerciaux. Cependant, à partir de 1901-1902, il fut assez heureux pour faire passer des marchés collectifs entre tels fournisseurs et plusieurs coopératives qui avaient fait bloc de leurs différentes commandes. Les fournisseurs auprès desquels on effectuait des achats en gros accordèrent des bonifications ou des réductions de prix, ces bonifications appartiennent aux sociétés clientes, mais l’Office ne les leur attribue que d’une manière toute nominale : il se contente de les porter sur ses propres registres, au compte des sociétés clientes, à proportion des achats de chacune d’elles, il en garde en réalité la pleine et entière disposition ; ces réductions de prix sont la source de recettes la plus importante de l’Office.
L’Office a immédiatement profité de ces quelques milliers de francs de roulement pour acheter des marchandises en son propre nom ; il ne s’est plus borné à transmettre des commandes. Depuis 1906, il agit tantôt comme courtier, découvrant son mandant pour le compte duquel il agit, tantôt comme simple négociant achetant à ses risques et périls.
Jusqu’en 1906, le montant des opérations inscrites au bilan de l’Office n’est pas autre chose que le montant des opérations faites entre les fournisseurs et les coopératives par l’intermé-
diaire de l’Office. A partir de cette date, une discrimination est nécessaire. En 1907, les 330 sociétés affiliées ont effectué auprès de l’Office 1.008 307 francs d’achats, moins de la moitié de ce chiffre d’opérations concerne les marchandises que l’Office a vendues aux sociétés affiliées, après les avoir achetées à son propre compte. Sur ce chiffre global de un million. 600.000 francs environ se rapportent à des marchés dans la conclusion desquels l’Office est intervenu à Litre de simple courtier.
La puissance économique de l’Office est presque insignifiante. Un seul résultat est propre à nous surprendre : l’Office ne disposait en 1907 que d’un fonds de roulement de 22.977 francs, il est remarquable qu’une aussi faible somme lui ait permis d’effectuer dans l’année plus de 400.000 francs de payements.
L’Office vend essentiellement aux sociétés adhérentes des denrées alimentaires et des denrées coloniales. Il est secondé par un certain nombre de Fédérations régionales qui réalisent des achats collectifs; elles sont actuellement au nombre de 7, mais elles ne s’étendent pas à toute la France. Les deux seules qui soient dignes de mention sont : « La Fédération des coopératives du P.-L.-M. et de l’Est » dont le siège est à Grenoble, et qui compte 98 Sociétés adhérentes et fait 1 million 1/2 d’affaires annuelles, et « la Fédération du Gard et l’Hérault » dont le siège social est à Nîmes et qui réalise 500.000 francs d’affaires annuelles.
SECTION III. — La Bourse des coopératives socialistes et le Magasin de gros des coopératives de France.
Les coopératives socialistes françaises ont constitué un double organisme central : Une Bourse ou Union des coopératives socialistes et une Fédération d’achat.
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§ 1 . — La Bourse des coopératives socialistes de France.
1° Sa composition. -- La Bourse des coopéralives socialistes a été constituée à Paris le 1er décembre 1895. Dès l’origine, elle se plaçait nettement sur le terrain politique. Toute coopérative distributive pour adhérer à la Bourse doit accepter les principes fondamentaux du socialisme international: la lutte des classes, la socialisation des moyens de production et d’échange, l’entente internationale des travailleurs (1). Les coopératives incorporées ou de solidarité et même les associations ouvrières de production peuvent adhérer à la Bourse au même titre que les coopératives distributives ; toutefois, en fait, elles ne constituent qu’une toute petite minorité.
2° Son administration. — La Bourse des coopératives socialistes est administrée par un conseil composé de 7 membres et d’une commission de contrôle nommée par voie de référendu m (2).
3° Ses revenus. — Les coopératives doivent verser par an et par membre à la Bourse 0 fr. 05, pour couvrir les dépenses de la Bourse ; 0 fr. 10 pour alimenter la propagande socialiste (2). La Bourse ne reste pas absolument étrangère aux luttes politiques, elle commet ainsi une erreur certaine de méthode. La B. G. S. de France est l’unique exemple d’une organisation coopérative centrale qui s'intéresse à la propagande politique ; la Fédération coopérative belge qui est socialiste, n’est pas tombée dans ce travers.
Les coopératives incorporées et les associations ouvrières de production adhérentes doivent verser 12 francs par an à la Bourse, plus 2 0/0 de leur revenu net pour la propagande
(1) Article 8 des statuts de la Bourse.