‹ Fédérations d'achat & de production des sociétés cooperatives distributivesChapitre 60 sur 109 · CHAPITRE XU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XU

fonds empruntés et en dépôt est très grande ; ces fonds atteignaient près de 2 millions et demi de francs en 1906.

c) Fonds de réserve. — Le fonds de réserve de la Fédération est alimenté par un prélèvement variable qui est fait sur les bénéfices de la société. Les bénéfices restants du Magasin de gros sont divisés en deux parts, ils sont restitués jusqu’à concurrence des deux tiers aux sociétés adhérentes au prorata de leurs achats ; le dernier tiers est inscrit, à titre de fonds de réserve, sur le compte que le Magasin de gros a ouvert aux sociétés coopératives. Il faut donc distinguer deux fonds de réserve : le fonds de réserve de la Fédération ellemême et le fonds de réserve des sociétés coopératives auprès de la Fédération (1).

Les sociétés coopératives sont propriétaires des sommes inscrites, à leur compte, à titre de fonds de réserve, cependant elles n’en ont pas la libre disposition ; elles sont obligées de les laisser à la disposition de la Fédération qui reste tenue de leur payer 5 0/0 d’intérêt.

Les sociétés qui démissionnent ou sont exclues du Magasin de gros ont le droit de se faire payer les 2/3 du montant de leur fonds de réserve auprès de la Fédération ; le dernier tiers devient la propriété définitive du Magasin de gros. Le fonds de réserve de la Fédération s’enrichit en même temps des versements effectués par les sociétés adhérentes, qui sont trop en retard dans le payement des à-comptes exigés par les statuts sur les actions souscrites et qui, de ce chef, sont exclues de la Fédération.

Le fonds de réserve du Magasin de gros, joint au fonds de réserve que possèdent les sociétés coopératives auprès de la Fédération, se monte à une somme globale de près de 2 millions de francs. En cas de pertes subies par le Magasin de gros, il est fait appel en première ligne au fonds de réserve

(1) Article 14.

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de la Fédération, en seconde ligne au fonds de réserve des sociétés coopératives auprès de la Fédération (1).

4° Développement général de la Fédération.

a) Nombre de sociétés affiliées. — Le Magasin de gros de Copenhague a bénéficié d’un accroissement rapide , considéré sous sa forme actuelle, il ne compte encore que 11 années d’existence ; néanmoins le nombre des sociétés adhérentes s’élève aujourd’hui à 1.120, ce nombre a quadruplé depuis la constitution du Magasin. Au début de son fonctionnement, la Fédération de Copenhague possédait un nombre de sociétés assez sensiblement inférieur au nombre des sociétés affiliées en 1895àl’uneetà l’autre des deux Fédérations : 380 sociétés adhéraient en 1895 aux deux Fédérations du Jutland et de Seeland, le Magasin de gros de Copenhague ne réunissait que 310 sociétés en 1896. Ce recul fut vite rattrapé.

Ce chiffre de sociétés adhérentes est extrêmement élevé; l’Angleterre proprement dite ne possède pas un chiffre de sociétés plus élevé : 1.131 à la place de 1.120.

Ce résultat s’explique par une double raison ; d’une part les sociétés danoises sont dans l’ensemble extrêmement peu importantes chacune ; elles comprenaient 139 membres en moyenne en 1906. D’autre part la presque totalité des sociétés existantes a adhéré au Magasin de gros.

b ) Effectif des sociétés adhérentes. — Bien plus décisifs encore sont les progrès du Magasin de gros, en ce qui concerne le nombre des sociétaires indirects, c’est-à-dire le nombre des coopérateurs qui adhèrent à la Fédération par l’entremise de la société dont ils font partie. Le nombre des sociétaires indirects a quintuplé pendant la même période ; ils étaient au nombre de 30.690 en 1896, de 90.972 en 1901 et de 155.680 en 1906 (2).

(1) Article 16.

(2) Statistique danoise n° 1, p. 363.

c) Chiffres de ventes. — Les ventes annuelles de la Fédération ont subi un essor plus magnifique encore ; elles n’atteignaient pas 6 millions de francs en 1896, dépassaient légèrement 15 millions en 1900 et s’élevaient à 42.713.900 francs en 1906 ; elles ont donc augmenté dans la période considérée, dans la proportion de 1 à 7.

Il est inutile de faire ressortir la magnificence de ce résultat ; les chiffres parlent assez d’eux-mêmes ; on ne peut s’empêcher d’être pris d’admiration, si l’on songe que c’est un peuple de 2 millions 1/2 d’habitants qui a créé et qui alimente cette colossale entreprise coopérative.

Toutefois une remarque, de peu d’importance heureusement, s’impose ici ; elle n’est pas de nature à ternir la réputation de la Wholesale danoise. Ce chiffre magnifique de 42.713.900 francs a besoin d’être détaillé pour être bien interprété et compris. Le Magasin de gros de Copenhague ne se borne pas à vendre aux sociétés distributives les denrées alimentaires et, d’une façon générale, les objets utiles à la consommation personnelle de leurs membres ; elle vend également aux sociétés affiliées, mais dans une très faible mesure, des objets de consommation agricole : graines, semences, fourrages, engrais dont ces sociétés peuvent avoir besoin.

Dans la mesure où s’effectuent ces ventes de denrées agricoles, les distributives remplissent les fonctions de sociétés syndicales d’approvisionnement agricole. Le mécanisme de répartition des bonis dans ces sociétés est strictement coopératif, mais ces sociétés doivent être distinguées des sociétés distributives, avons-nous vu, à raison du but économique différent qu’elles poursuivent : le maintien des classes intermédiaires et patronales, en un mot le maintien de l’économie capitaliste.

Si l’on entre dans le détail, on découvre qu’en 1905, 1.106.000 couronnes et en 1906, 1.299.000 couronnes de semences ou d’engrais ont été fournis par le Magasin de gros aux distributives affiliées. Pour avoir le total des marchandises de

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consommation personnelle, fournies par le Magasin de gros, il suffit de retrancher chaque année du chiffre total des ventes 1 à 2 millions de francs ; c’est seulement sous le bénéfice de cette rectification que le chiffre des ventes annuelles de la Fédération mérite d’être envisagé, il ressort pour 1906 à 40.907.000 francs exactement.

Les principaux articles de vente du Magasin de gros danois sont les denrées coloniales qui équivalent environ aux trois quarts des marchandises vendues.

d) Capital social. — Pendant que les ventes annuelles de la Fédération augmentaient dans la proportion de 1 à 7, son capital social quintuplait, il s’élevait de 145.720 francs à 708.833 francs ; ce capilal social est considérable. Les coopératives adhérentes à la Fédération suisse comptent un nombre sensiblement égal de sociélaires et réalisent un chiffre d’affaires très comparable (62 millions de francs, au lieu de 58 à 60 millions au Danemark), cependant le Magasin de gros suisse ne possédait à la même date qu’un capital social 13 fois plus faible : 53.000 francs seulement, son chiffre d’affaires étant seulement 4 fois inférieur au chiffre d’affaires de la Fédération danoise.

e) Emprunts et dépôts. — Les sommes empruntées ou reçues en dépôt ont beaucoup plus rapidement augmenté encore que le capital de la Fédération ; en 11 ans, ces sommes se sont accrues dans la proportion de 1 à 12 ; à la fin de 1906. elles ne se montent pas à moins de 2.438.583 francs

Le Magasin de gros danois possède ainsi, à la fin de 1906, de ces deux chefs : obligations et emprunts, plus de 3 millions de capitaux (3.147.416 exactement).

f) Fonds de réserve de la Fédération , et fonds de réserve des sociétés auprès de la Fédération. — A ce capital, il convient d’ajouter les 2 millions de fonds de réserve que possèdent

tant les sociétés auprès de la Fédération que la Fédération elle-même. Il y a lieu, en effet, de distinguer entre le fonds de réserve, propriété pleine et entière de la Fédération et les sommes qui onl été inscrites par le Magasin de gros, à titre de fonds de réserve des sociétés coopératives adhérentes. Ces deux catégories de fonds de réserve se montent à la fin de 1906 à 1.958.743 francs. En 11 ans, le montant de ce double fonds de réserve a augmenté dans la proportion de 1 à 24.

Au total, le Magasin de gros de Copenhague dispose de plus de 5 millions de capitaux pour faire face aux nécessités d’un commerce de 42 millions de francs. Ses capitaux ont donc été investis 8 fois annuellement dans le cycle de ses affaires. Ce chiffre de rotations annuelles, qui est relativement faible, prouve la puissance financière de la société.

Le Magasin de gros jouit actuellement d’un crédit de plus de deux millions auprès des différentes banques danoises ; mais il lui est le plus souvent inutile d’y recourir.

La Fédération danoise qui occupe le 4e rang sous le rapport du chiffre d’affaires réalisé, bénéficie d’un rang plus satisfaisant encore sous le rapport des capitaux dont elle dispose : les Fédérations d’Ecosse et d’Angleterre sont seules à jouir d’une puissance financière plus grande (1).

5° La production de la Fédération danoise.

Il a été réservé jusqu’à ce jour à fort peu de Magasins de gros d’entreprendre la production directe ; la Fédération danoise est seule, avec les Fédérations anglaise et écossaise, à être déjà entrée dans la voie de la production. Elle a débuté en 1900 en instituant une fabrique de chocolat ; cependant sa production totale est aujourd’hui encore peu importante. La valeur totale des articles fabriqués par elle se montait à la fin de 1906 à un million de francs seulement ; elle fabrique 469.000 francs de chocolat ; 382.000 francs d’articles de tabac ;

(1) Statistique générale no 2, p. 159*

HONGRIE

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