CHAPITRE XIII
miner le rôle qu’elle assume en tant que simple Union coopérative. Chaque année, les membres de la Fédération se réunissent en Congrès et, par leur réunion, constituent l’Union Coopérative, en quelque sorte adjointe à la Fédération d’achat. Le Congrès se réunit l’après-midi dujour où s’est tenue l’assemblée générale annuelle.
Le Congrès ne se compose que des délégués des sociétés affiliées et du conseil de surveillance de la Hangya ; les sociétaires qui ont souscrit des parts de fondateurs n’ont que voix consultative (1).
Le Congrès institue des débats sur toutes les questions qui intéressent la coopération ; en outre, il a pour mission d’élire les membres du comité de l’Union et de délimiter le rôle de celui-ci. Le Congrès n’a à s’occuper en aucune façon de la marche de la Fédération, ni de la gestion du comité directeur ou du conseil de surveillance de la Fédération.
Le comité de l’Union se compose au moins de 25, au plus de 50 membres; les membres du comité directeur et du conseil de surveillance de la Hangya sont en même temps membres du comité de l’Union. Le rôle de ce comité est de mettre à exécution les décisions du Congrès, de provoquer la fondation de sociétés coopératives nouvelles, d’organiser la propagande, d’entreprendre l’éducation coopérative du pays. La Fédération, dépourvue de tout organe de propagande, a été tout naturellement amenée à constituer dans son sein une Union coopérative qui assume cette charge. Les sociétés affiliées à la Fédération constituent l'Union Coopérative par leur groupement spécial en vue de la propagande et de l’instruction coopératives.
5° Le développement de la Hangya : / 898-1 906.
Le but de la Hangya, à l’inverse des autres Fédérations d’achat, est essentiellement double ; il s’agit pour elle non
HONGRIE
seulement de fournir à bon compte des marchandises aux coopératives existantes, mais essentiellement de constituer elle-même des sociétés coopératives sur les différents points du territoire hongrois (1). Son activité procréatrice a toujours été fort grande; les résultats les plus brillants ont incontestablement marqué ses efforts
L’histoire de la Fédération se divise en deux périodes, antérieure et postérieure à 1900. La Hangya n’est sortie de la crise de la première enfance qu’en 1900 : 30 sociétés, puis 40 avaient été fondées en 1898 et 1899; depuis lors, chaque année amène la création d’une centaine de sociétés nouvelles (2) .
a) Nombre des sociétés affiliées. — Toutes les sociétés actuellement adhérentes à la Hangya ont été fondées à son instigation de 1898 à 1906 : 850 sociétés distributives ont été constituées dans ces conditions ; toutes ces sociétés n’ont pas subsisté. Le nombre des sociétés affiliées à la fin de 1906 était seulement de 676 sociétés sur les 850 fondées, 174 sociétés avaient disparu. Le nombre des sociétés adhérentes, malgré les pertes subies sur le chiffre des sociétés fondées, s’est accru rapidement ; de 1900 à la fin de 1906, le nombre des sociétés adhérentes, en activité de service, s’est élevé de 120 à 676; leur nombre a quintuplé en sept ans.
b) Effectif des sociétés affiliées. — Pendant ce laps de temps, l’effectif de ces sociétés a suivi une progression presque semblable, il augmentait dans la proportion de 1 à 5, s’élevant de 22 533 à 110.000 sociétaires.
c) Chiffre d'affaires. — L’augmentation du chiffre d’affaires de la Hangya est assez remarquable : les 30 sociétés que la Fédération avait constituées, avaient acheté en 1898, 50.000
(2) Se reporter à la statistique hongroise n° 1, p. 396.
couronnes de marchandises seulement ; en 1906, les achats des 676 sociétés adhérentes s’étaient élevés à 9.605.993 couronnes. Toutefois, la Fédération étant partie de rien en 1898
— c’est le mot exact — il n’est pas légitime de prendre pour point de comparaison son chiffre d’affaires en 1898. Si Ton se reporte, comme il convient, par exemple, à l’année 1900, on constate que les ventes annuelles de la Fédération ont octuplé de 1900 à 1906; cette dernière année, elles atteignaient le total de 10 millions de francs. Au point de vue de son chiffre d’affaires, la Hangya se place tout de suite après la Fédération suisse.
d) Capital social. — Le capital social de la Hangya a marqué un accroissement satisfaisant ; pendant les 7 dernières années, il est passé de 71.000 à 910.000 couronnes, il a donc augmenté dans la proportion de 1 à 13 environ. Les fonds empruntés et en dépôt ont subi une assez forte majoration ; ils se montaient à 232.000 couronnes en 1901, après diverses oscillations, ils se sont élevés à 500.000 couronnes à la lin de4906.
Les bénéfices de la Hangya sont restés presque insignifiants jusqu’en 1902, ils s'élevaient à 6.000 couronnes seulement à cette date, mais ils atteignaient 74.650 couronnes en 1906.
Le fonds de réserve de la Fédération qui bénéficie de 90 0/0 des profits de la société, s’est rapidement accru à partir de 1902 ; il s’élevait seulement à 1.340 couronnes en 1901, mais atteignait 93.000 couronnes en 1906.
L'Office central des Sociétés de consommation chrétiennes
— La Hangya n’est pas la seule Fédération Coopérative d’achat que possède la Hongrie ; « l’Office Central des Sociétés de consommation chrétiennes » s’est constitué, à côté d’elle ; le titre seul indique que cette institution centrale a un caractère confessionnel. Elle a pris naissance dans la Basse- Hongrie peu après 1900; elle est due à l’initiative du comte
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Aladar Zichy, député au Parlement hongrois. Au début, elle était constituée par le groupement de 90 coopératives environ de la Basse-Hongrie ; en 1904, elle embrassait 231 coopératives ; son chiffre d’affaires était de 1.244.000 couronnes en 1903 (1).
La Fédération possède plusieurs contrôleurs spécialement occupés à vérifier les comptes des sociétés adhérentes. Les coopératives affiliées versent environ 30 couronnes par an, pour subvenir aux dépenses de l’Office central ; les ressources de la Fédération restent des plus limitées.
§ 4. — La Fédéralisation de la Hongrie.
Il n’existe, à notre connaissance, pas d’autre statistique coopérative hongroise que celles des sociétés affiliées aux deux Fédérations d’achat ; elles n’indiquent point quel est le nombre des coopératives en dehors de l’un ou l’autre de ces groupements. Il semble cependant que le nombre de ces sociétés soit très faible, sinon absolument négligeable.
Les 676 sociétés groupées au sein de la Hangya englobent 110.000 sociétaires en 1906, évaluons à 40.000, les coopérateurs affiliés à des sociétés non adhérentes à la Fédération : la fédéralisation des coopérateurs hongrois ressortira à 73 0/0 (2).
Les distributives affiliées ont atteint en 1906, un chiffre d’affaires global de 22.837.000 francs ; il est vraisemblable que le chiffre de vente des coopératives, qui existent en dehors de la Hangya, ne dépasse pas 8 millions de francs à l’heure actuelle ; la fédéralisation du chiffre d’affaires coopératif de la Hongrie équivaudrait à 40 0/0.
Ces différents pourcentages sont assez élevés, toutefois ils demeurent trop incertains pour qu’il soit licite de les comparer à ceux que fournissent les pays voisins.
La fédéralisation du chiffre d’affaires des sociétés affiliées
(1) De Rocquigny, Musée Social , n° 7, juillet 1905, p. 208-210.
(2) Statistique générale n° 2, p. 158.
5 la Hangya est exactement connue; 10 millions de francs rapportés à 22.837.000 francs de ventes donnent un pourcentage brui de 44 0/0, qui s’élève à 53 0/0, si l’on lient compte de la majoration habituelle de 20 0/0. Ce pourcentage ne laisse pas que d’être très satisfaisant ; les circonstances toutes spéciales de la constitution des distributives hongroises expliquent ce degré si élevé de fédéralisation.
§ 5. — La Coopératisation de la Hongrie.
La fédéralisation des coopératives hongroises semble très avancée, cependant, le mouvement coopératif de la Hongrie reste fort peu important. Les 670 sociétés en activité de service en 1906, comprenant 110.000 membres, n’avaient atteint cette année qu’un chiffre d’affaires de moins de 23 millions de francs ; elles possédaient 2.877.500 francs de capital social et 1.312.500 francs de fonds de réserve.
Le chiffre d'affaires de ces sociétés a octuplé de 1900 à 1906, ainsi que le chiffre des ventes de la Hangya, pendant que leur effectif quintuplait.
Toutefois la coopération continue à jouer un rôle très minime dans l’économie nationale hongroise : 2.40 0/0 seulement de sa population totale s’alimentent en partie auprès de sociétés coopératives. La consommation moyenne coopérative par habitant ne correspond qu’à 1 fr.25 ; chaque coopérateur hongrois n’achète en effet que 207 francs de marchandises par an à la société dont il est membre (1).
Ces résultats sont très piètres ; cependant, il serait puéril de s’étonner et surtout de s’inquiéter de leur faiblesse : le mouvement coopératif n’a pas encore 10 ans de date en Hongrie ; il y a même lieu d’admirer la rapidité des progrès réalisés par ce pays ; la courbe de développement de la coopération hongroise est très satisfaisante.
(1) Statistique générale n° 3, p. 160.
Hongrie
Grâce aux circonstances toutes spéciales de la création des coopératives en Hongrie , la fédéralisation du mouvement coopératif hongrois est très avancée, le Magasin de gros de Budapest doit à cette grande concentration coopérative d’avoir sensiblement acquis la même importance commerciale que la Fédération d’achat d’un pays comme la Suisse, dont le chiffre d'affaires coopératif est presque triple de celui de la Hongrie ; ce haut degré de fédéralisation est tout à l’avantage de la coopération hongroise el permet de présager son plus brillant avenir.