‹ Fédérations d'achat & de production des sociétés cooperatives distributivesChapitre 75 sur 109 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

évolution industrielle est toute récente; le mouvement coopératif allemand ne date que de 1880-1885. De très rapides progrès ont été réalisés dans cette voie ; cependant 20 ans de développement coopératif n’ont pas complètement fait perdre aux sociétés agricoles l’avance considérable qu’elles possédaient. Fonctionnant depuis plus d’un demi-siècle, ces institutions ont jeté dans les classes rurales allemandes de très profondes racines ; les associations agricoles en Allemagne demeurent plus riches et plus puissantes que les sociétés distributives.

L'extension du principe coopératif en Allemagne , dans ces dix dernières années. — De 1895 à 1906, le principe coopératif a réalisé d’énormes progrès. En 1895, les coopératives allemandes englobaient environ 300.000 sociétaires, effectuant 120 millions de francs d’achats ; à la fin de 1906, on évalue à 1.200.000 le nombre des coopérateurs allemands et à 360 millions de francs leur chiffre global d’achats auprès des sociétés coopératives. En 11 années, l’effectif des sociétés distributives avait quadruplé ; leur chiffre d’affaires avait triplé; peu de pays coopératifs présentent un coefficient de développement plus élevé .

Plus remarquables encore sont les progrès de la Fédération d’achat allemande. De 1895 à 1907, son chiffre d’affaires est passé de 1.878.751 marks à 60 millions et demi de marks, réalisant ainsi lin accroissement égal à 33 fois le chiffre d’affaires primitif.

De pareils progrès permettent aux coopératives distributives allemandes de rattraper progressivement l’avance des associations agricoles.

Vue d'ensemble des associations agricoles allemandes. — Il est assez malaisé de connaître le montant global des ventes des sociétés syndicales allemandes. Seul, le nombre même des associations agricoles est assez exactement connu : en

1888, l’Allemagne possédait environ 4.000 associations agricoles de toute nature ; au lei janvier 1907, ce nombre s’était élevé à 19.542 sociétés, comprenant 1.682.711 membres ; toutefois, à raison de doubles emplois absolument certains, il semble que les associations agricoles allemandes ne comptent pas plus de 1 .400.000 sociétaires environ, c’est-à-dire un 6e en plus seulement que les sociétés distributives (1).

L’importance du chiffre global d’affaires de ces sociétés est plus difficile à évaluer ; une semblable tentative demeure cependant possible, car la très grande majorité d’entre elles est rattachée au Reichsverband (ou Union de Darmstadt et de Neuwied réunies).

Développement actuel des associations agricoles rattachées au Reichsverband . — A la date du 1er juin 1906, le Reichsverband ne comprenait pas moins de 16.794 sociétés ; donc moins de 2.800 associations restaient à cette date en dehors des cadres de cette Union (2).

Les trois quarts de ces sociétés sont des sociétés de crédit. Sur les 11.533 sociétés de crédit adhérentes, 10.786 présentaient des rapports ; elles comprenaient en 1905, 954.473 membres et avaient accordé 477 millions de marks de crédit durant l’exercice tout entier ; 937 millions de marks qui avaient été prêtés — soit 1.152 millions de francs — n’étaient pas remboursés à la fin de l’année.

Sur les 1.744 sociétés d’approvisionnement agricole que comprenait le Reichsverband en 1905, 1.674 envoyèrent leurs rapports, elles possédaient 178.232 membres et faisaient 47.999.878 marks d’achats de toute nature.

La même année, les 1.387 laiteries adhérentes qui fournirent leurs rapports, englobaient 194 064 membres et avaient vendu 135 millions de marks de produits. Les autres sociétés du

(1) Bourguin, ibid. , 3e édit., p. 460. — Crémone, 1907, p. 160.

(2) Zentral-Verband deutscher Konsumvereine fiir 1907, p. 126 à 13H. — Congrès de Crémone, 1907, p. 162-164.

45f> QUATRIÈME PARTIE. — CHAPITRE XVI

Reichsverband avaient un chiffre d’affaires approximatif de 90 millions de marks.

Au total, nous comptons, en ce qui concerne les sociétés de crédit, 1.152 millions de francs de prêts non remboursés à la fin de l’exercice 1905. Les autres sociétés syndicales arrivent, du fait de leurs ventes ou du fait de leurs achats, à un chiffre général d’opérations de 273 millions de marks, soit 338 millions de francs environ.

Ces chiffres sont considérables ; ils prouvent la richesse des sociétés syndicales de crédit allemandes ; la puissance financière des sociétés affiliées au Reichsverband est colossale ; seules, les sociétés distributives du Royaume-Uni sont dignes de leur être comparées.

Sans doute, les sociétés de crédit du Reichsverband ne possèdent qu’un capital social et un fonds de réserve peu conséquents : 18 millions de marks d’une part, 29 millions de marks d’autre part ; les distributives allemandes affiliées à l’une des deux Unions coopératives disposent de capitaux presque aussi importants : 20 millions de marks de capital social, 7 millions de marks de fonds de réserve ; mais la supériorité des sociétés de crédit allemandes éclate, quand on considère la somme de leurs emprunts et dépôts ; ceux-ci n’atteignent pas moins de 1.134 millions de marks, au lieu que les distributives affiliées au Zentral-Verband ou à l’Allgemeine-Verband ne disposent que de 15 millions d’emprunts et dépôts.

Les sociétés de crédit allemandes ont ainsi la gestion directe de 1.182 millions de marks, soit un milliard et demi de francs; les sociétés distributives anglaises, jointes aux deux Wholesales de Manchester et Glascow, contrôlent de leur côté un milliard de francs; au point de vue externe et sous le rapport de leur puissance financière, ces deux groupes si différents de sociétés sont donc comparables les uns aux autres ; ce simple rapprochement suffit à faire l’éloge des associations agricoles allemandes. En réalité, une différence profonde les sépare ; les associations agricoles allemandes ont emprunté

96 0/0 des 1.500 millions dont elles ont la gestion ; coopératives et Fédérations anglaises n’ont, au contraire, emprunté que 22 0/0 des capitaux qu’elles s’emploient à gérer.

D’ailleurs, celte puissance financière des associations allemandes qui paraît formidable, se traduit par un chiffre d’affaires véritable très inférieur à celui des distributives anglaises. Les sociétés de crédit agricoles affiliées au Reichsverband avaient prêté à leurs membres 1.152 millions de francs à la fin de 1905, mais il est intéressant de connaître non pas tant l’importance des prêts consentis que le montant des intérêts payés par les sociétaires emprunteurs; seules, les sommes payées à titre d’intérêt marquent la consommation de crédit qui a été faite ; le montant de ces intérêts est seul comparable au montant des achats faits par les membres des sociétés distributives. 1.152 millions de francs prêtés à 5 0/0 donnent 57 millions et demi d’intérêts, il est certain que toutes ces avances ne sont pas consenties pour l’année entière ; ce chiffre considérable de prêts se traduit finalement par celui de 50 millions d’intérêts annuels. Ces 50 millions d’intérêts annuels joints aux 338 millions de ventes ou d’achats des autres associations agricoles adhérentes au Reichsverband, nous fournissent le chiffre d’affaires global de 388 millions de francs.

Environ le quart des 19.542 associations agricoles que comptait l'Allemagne au début de 1907, n’avaient pas envoyé leur rapport au Reichsverband ou n’avaient même pas adhéré à cette Union. Ces sociétés sont dans l’ensemble moins importantes que les sociétés qui ont fourni leur rapport au Reichsverband ; évaluons leur chiffre d’affaires au sixième environ du chiffre total d’affaires des sociétés du Reichsverband ; leurs ventes annuelles atteindraient donc à 60 millions de francs environ ; ces 60 millions joints aux 388 millions d’affaires des sociétés du Reichsverband donnent un total approximatif de 450 millions de francs de ventes annuelles.

19.542 associations agricoles de toute nature ; 1 400.000 so-

ciétaires et 450 millions de ventes annuelles, tel est le bilan approximatif du mouvement syndicaliste agricole allemand à l’heure actuelle.

On voit que l’importance supérieure des sociétés agricoles allemandes peut s’apprécier d’une façon assez exacte : 200.000 sociétaires et 90 millions de ventes annuelles marquent cette supériorité.

L’avance que possède en Allemagne, par rapport au principe coopératif, le principe syndicaliste — envisagé seulement sous le rapport des sociétés agricoles — n’apparaît pas comme très considérable, si l’on considère essentiellement, ainsi qu’on le doit, l’effectif et le chiffre d’affaires de ces deux groupes de sociétés et non l’importance des capitaux dont la gestion leur est impartie.

L’avance des sociétés syndicales agricoles de l'Allemagne est réelle ; mais, il convient de tenir compte des progrès si manifestes et si rapides des distributives allemandes ; en 11 ans, elles ont quadruplé leur effectif et triplé leur chiffre d’affaires ; il n’est pas impossible que ces sociétés acquièrent, un jour assez rapproché de nous, une importance très comparable à celle des associations agricoles.

2° Danemark.

A l’heure actuelle, il est fort peu de pays européens qui ne se soient pas ralliés au type industriel des grandes nations modernes : parmi les différents pays considérés au cours de cette étude, le Danemark est seul, avec la Hongrie et l’Autriche, à s’être montré absolument réfractaire à toute évolution industrielle.

L’économie nationale du Danemark est essentiellement agricole ; sa population commerciale et industrielle n’équivaut qu’à 76 0/0 de sa population agricole ; un pays aussi spécifiquement agricole devait de toute nécessité faire l’application la plus large du principe syndicaliste.

Le mouvement coopératif danois. — Cependant depuis une

vingtaine d'années environ, le mouvement coopératif danois a réalisé de très remarquables progrès.

En 1896, 116.250 sociétaires inscrits dans 750 coopératives achetaient aux sociétés dont ils étaient membres, 21 millions de francs de marchandises. En 1906, 180.000 sociétaires répartis entre 1 .200 à 1.300 sociétés se sont procuré 62 millions de marchandises par la voie coopérative : si l’effectif de ces sociétés n’avait augmenté en 11 ans que de moitié, du moins le chiffre d’affaires des mêmes sociétés avait-il triplé.

La Fédération d’achat de Copenhague pendant le même laps de temps, septuplait ses ventes annuelles qui passaient de 5.800.000 à 42.713.900 francs. Les progrès de la coopération danoise sont si remarquables que, d’un accord presque unanime, le Danemark a été reconnu comme étant « la perle coopérative de l’Europe continentale ».

Extrême importance du mouvement syndicaliste danois. — Si rapides que fussent les progrès de la coopération danoise, le mouvement syndicaliste a porte au Danemark des fruits plus vigoureux et plus beaux que le mouvement coopératif.

L’agriculture danoise a véritablement trouvé son salut dans la pratique des associations agricoles. En 1896, les différentes sociétés syndicales agricoles exportaient des produits pour une valeur de 150 millions de francs; en 1906, l’exportation des produits agricoles fabriqués ou simplement vendus par ces sociétés, se montait à une valeur globale de 300 millions : l’exportation des produits agricoles avait doublé sensiblement pendant que les sociétés distributives triplaient leur chiffre d’affaires. Malgré la progression plus rapide des sociétés distributives, les ventes syndicales agricoles atteignent un montant beaucoup plus élevé que les ventes coopératives ; en 1906, les ventes coopératives représentaient seulement 1/5 des ventes agricoles syndicales du Danemark (1).

(1) Bourguin, ibid., 3e édit., p. 469. — Congrès de Crémone, 1907, p. 209.

Ces associations agricoles étaient au nombre de 1 .106 en 1903 ; leur nombre n’a pas sensiblement varié depuis.

L’effectif des associations agricoles du Danemark n’est pas exactement connu ; on peut évaluer à 160.000 environ le chiffre global des agriculteurs danois intéressés à ces sociétés. Les 1.076 laiteries syndicales que comptait le Danemark en 1907, comprenaient 157.537 membres; les quelque 50 associations que compte le Danemark en dehors des laiteries syndicales ne comprennent, pour ainsi dire, aucun agriculteur ne faisant pas déjà partie des laiteries syndicales.

Un peu plus de 1.100 sociétés syndicales, 160.000 sociétaires et 300 millions de francs de ventes annuelles, tel est le bilan des sociétés syndicales danoises en 1906.

Coopératives distributives et sociétés syndicales agricoles danoises ont approximativement le même effectif : 180.000 et 160.000 sociétaires ; mais le chiffre d’affaires coopératif n’est que le 1/5 du chiffre d’affaires syndical ; la prééminence du principe syndicaliste au Danemark apparaît ainsi dans toute sa force.

Nous possédons trop peu de renseignements statistiques sur les mouvements coopératif et syndicaliste agricole en Hongrie, en Autriche et en Hollande, pour pouvoir utilement comparer l’un à l’autre ces deux mouvements au sein de chacun de ces pays , nous savons seulement qu’en Hongrie et en Autriche, le mouvement syndicaliste a l’hégémonie sur le mouvement coopératif: qu’à l’inverse, en Hollande, le mouvement coopératif, si faible soit-il, paraît plus développé que le mouvement syndicaliste.

§ 4. — Conclusion.

Une conclusion s’impose à la fin de cette trop longue enquête : le jugement qu’il est permis de porter sur l’importance respective des mouvements syndicalistes agricoles et coopératifs est absolument différent, selon que nous considérons des pays dont l’industrialisme est plus ou moins avancé.

Inexactitude de la loi de coïncidence de l'économie industrielle et de V économie coopérative.

L’idée d’une coïncidence — nécessaire, pense l-on — entre l’économie industrielle et l’économie coopérative, disons entre le degré d’industrialisation d’un pays et l’importance absolue de son mouvement coopératif, est un des concepts qui se présentent le plus naturellement à l’esprit, quand on entreprend l’étude comparée des mouvements coopératifs et syndicalistes dans les différents pays d’Europe. Il semble que les pays industriels doivent toujours donner naissance à un vigoureux mouvement coopératif et qu’au contraire le principe coopératif doit misérablement végéter, en pays essentiellement agricoles.

Dans l’ensemble, cette induction est parfaitement fondée ; toutefois cette règle souffre certaines restrictions.

L'industrialisme d’un pays n’est pas une condition suffisante à l'extension du principe coopératif ; cette constatation est de toute évidence : la France, la Belgique et la Hollande nous en fournissent la preuve la plus nette. A tout prendre, pareille restriction à la loi de coïncidence présumée n’a pas lieu de nous étonner beaucoup ; il ne suffit pas qu’un mouvement économique soit possible, pour qu’il se manifeste avec toute l’intensité que l’on aurait pu prévoir.

Il faut faire un pas de plus : la loi de coïncidence a besoin de subir un correctif beaucoup plus grave : /’ industrialisme d’un pays qui n’est pas la condition suffisante d’un mouvement coopératif prospère, n'est pas — en sens inverse — une condition nécessaire à la prospérité de ce mouvement. Le Danemark — et la Hongrie, à un plus faiblte degré — nous fournissent la preuve évidente que le principe coopératif peut se développer en pays rural, en dehors de toute classe industrielle, dans les rangs des salariés agricoles et des petits propriétaires récoltant eux-mêmes.

En conclusion, il paraît certain que l’industrialisme d’un pays n’est pas plus une condition nécessaire que suffisante à

l’extension du principe coopératif ; disons seulement que V économie industrielle d'un pays , sans être un facteur essentiel — nécessaire et suffisant — à tout mouvement coopératif, est un élément éminemment favorable à l'extension du principe coopératif.

Il demeure impossible de parler d’une loi de coïncidence nécessaire de l'économie industrielle et de l’économie coopérative ; cette prétendue loi n’a aucun caractère impérieux ; elle n’implique qu’une tendance générale, souvent démentie par les faits. Telle est donc sur ce point la conclusion de toute notre étude — conclusion décevante et tout à fait propre à inspirer le découragement — Heureusement, nous est-il permis de serrer de plus près la réalité et de découvrir un point de vue d’où il nous sera possible de mieux apercevoir l’ensemble des faits. L’étude comparative des mouvements coopératifs et syndicalistes nous conduit à formuler une loi plus exacte qui semble, véritablement .impérieuse et contraignante. Sans doute, une économie industrielle puissante n’est la condition ni suffisante ni nécessaire d’un mouvement coopératif prospère, du moins cette économie industrielle puissante est-elle une condition indispensable à l'hégémonie du mouvement coopératif dans ce pays par rapport au mouvement syndicaliste agricole.

Loi de prédominance du mouvement coopératif sur le mouvement syndicaliste agricole dans les pays nettement industrialisés.

Un résultat extrêmement remarquable s’observe; parmi les 9 pays coopératifs que nous avons soumis à notre examen, il n’en est que quatre : l’Angleterre, la Belgique, la Suisse et la Hollande, qui ont marqué un développement coopératif supérieur à leur développement syndicaliste agricole Or, ces quatre nations sont précisément celles qui ont réalisé le degré le plus élevé d’industrialisation ; « le coefficient d’industrialisation » de ces pays, disons le rapport de leur population commerciale et industrielle à leur population agricole

n’est pas inférieur à 549 0/0, 290 0/0, 187 0/0 et 172 0/0.

Avons-nous soin d’évaluer le pourcentage entre le montant des ventes coopératives annuelles et le montant des ventes syndicales agricoles de ces pays? Nous voyons que le chiffre d’affaires des sociétés coopératives anglaises équivaut à 3.168 0/0 du chiffre d’affaires des sociétés syndicales du Royaume-Uni. La Belgique et la Suisse fournissent les pourcentages suivants: 138 0/0 et 175 0/0. La Hollande donne également l’hégémonie au mouvement coopératif (1).

La contre-épreuve est tout aussi décisive : le coefficient d’industrialisation de l’Allemagne, de la France, du Danemark, de l’Autriche, de la Hongrie, n’est pas supérieur à 129 0/0, 112 0/0,76 0/0, 50 0/0 et 30 0/0. Que constatonsnous? Le chiffre d’affaires des sociétés coopératives par rapport au chiffre d’affaires des associations agricoles de ces trois premiers pays correspond seulement aux pourcentages suivants : 80 0/0, 66 0/0 et 20 0/0.

Les ventes syndicales agricoles de l’Autriche et de la Hongrie ne sont pas exactement connues, on sait seulement qu’elles sont considérables ; leur importance est bien supérieure à celle des ventes coopératives de ces pays.

La démonstration de la loi est complète. La loi de prédominance du mouvement coopératif sur le mouvement syndicaliste agricole dans les pays nettement industrialisés, apparaît comme absolue ; moins rigide que la prétendue loi de coïncidence de l’économie industrielle et de l’économie coopérative, elle est infiniment plus exacte ; elle peut être regardée comme définitive. Cette loi justifie la classification adoptée pour l’étude des différents pays coopératifs soumis à notre examen ; elle fournit la preuve complète que le mouve ment coopératif de chaque nation est en relation étroite avec la contexture économique du pays. Nous pouvons espérer que toutes nations, même les nations à économie nettement agri-

(1) Voir la statistique générale n° 5, p 468.

cote , connaîtront un jour un développement coopératif intense, mais il n'est pas raisonnable de penser que ces nations donneront au principe coopératif une extension plus grande qu'au principe syndicaliste agricole. La loi de prédominance, interprétée a contrario, impose cette solution.

TABLEAU COMPARATIF DU MOUVEMENT COOPÉRATIF ET DU MOUVEMENT SYNDICALISTE AGRICOLE, EN 1906 (1).

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