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LA MORT AU BAL MASQUE

un entrechat, cette Mort-là demeure une des rares œuvres de la période où il est tenté par de la peinture qui ne soit pas uniquement du ragoût de peintre. En son haut format, avec sa cambrure virevoltant sous les yeux d'un inconnu, spectral lui aussi, dans le recul du fond, le macabrisme s’y atteste libertin et mystique, projeté d’une sorte de huée burlesque par-dessus des pénombres de catafalque, d’alcôve et de crépuscule. Œuvre phosphorescente et sadique fleurant la morgue et les voluptés coupables. On sent que cette fois, c’est moins de la peinture faite par goût de la belle peinture que de la composition où elle ne Vient que par surcroît. Plus tard il ne demandera plus à la couleur que d’aimables et légers rehauts où ses dessins prendront une blondeur fleurie de miniature.

Si peu de temps qu’il s’y soit appliqué, il fut un très bel ouvrier dont le passage dans la peinture du temps ne s’est pas effacé. Un peintre qui a fait le Zouave au guet et la Toilette peut être tranquille : il se suffit dans l’art. Ce sont là de parfaits morceaux de facture et de ton, et qui, au surplus, ne furent pas les seuls parmi tant d’autres qu’il détruisit. Mais peut-être la main ici, dans la petite fanfare rouge du militaire et la moelleuse symphonie des gris, des blancs roses et des bruns chamois de la dame, eut un bonheur spécial. Celle-ci, d’ailleurs, n’a rien encore des rosières du diable qu’il fera plus tard : à la Voir se dessiner sur le fond grisaillé, avec son large dos hors de la chemise et sa coiffure sans artifice qui Vaguement se reflète au miroitement de la glace, on a l’impression d’une honnête femme qui ne déparerait pas les bienséances de l’art d’un Stevens.

Ce fut même un genre de beauté qui le séduisit un peu de temps comme il avait séduit Couture et qui se retrouve che? le Mllems du temps où celui-ci n’avait pas cessé d’être un bon peintre. Tout le morceau, avec le dos bis et papilleux, d’un rose gras, avec, sous les retroussis de la robe noire, le rouge

de la jupe cl l’étonnant blanc des dessous, se pourrait comparer à n’importe lequel des chefs-d’œuvre d’un musée de l’époque.

L’éditeur Dcman, de Bruxelles, était alors déjà un des admirateurs et des acheteurs du maître, quand encore si peu ce bel artiste comptait dans la circulation des grandes valeurs d’art. Un goût subtil et hardi toujours l’avait rangé du côté des inventeurs qu'il paraissait périlleux de propager. 11 acquit la Toilette et la Mort au bal.

Rops, che? M. Deman, du reste, emplit la maison et la documente. Il Y est multiple et éclatant, à tous les âges de sa vie. Lithographies et eaux-fortes Y figurent en tirages de choix et en épreuves rares, à côté des plus beaux dessins et des aquarelles les plus séduisantes. M. Deman a pu réunir non seulement son Œuvre des petites œuvres et qui est che? lui le musée secret des portefeuilles; il a réuni aussi mille choses qui le concernent et qui feraient le fond d’un musée Rops.

Rops vit là, au fond des casiers et des tiroirs, d’une vie parlante : il parle, en effet, il se meut, il agit; on le suit de près, de loin, avec l’air de tète et l’attitude dont il disait ses projets. 11 Y a son dossier et ses dossiers; le tout forme une sorte de comptabilité de sa vie étiquetée par lui-même sous la rubrique; « Notes pour nuire à l’histoire de mon temps ». On l’y peut suivre à la piste dans sa légende et sa réalité, décevant, fugace et réticent, par-dessus son fond de riche et chaude humanité. Toute une correspondance, par liasses, s’agglomère, classée, et que l’avenir feuillettera, lettres d’art, de galanterie, d’affaires, miettes tombées de la large table d’un cœur et d’un esprit qui ne chômèrent jamais. Des quatre vents de la vie qui auraient pu les disperser, elles sont toutes revenues se mettre entre les mains fidèles qui jalousement se sont refermées comme sur un dépôt testamentaire.

Aux murs, par les pièces de l’appartement, les deux versions de la Femme au pantin dont une, à l’aquarelle, le dessin de la Pallas tiarée avec le

bouclier aux Gorgones d’un goût italien du XV', le dessin de la Mère aux saturions, d’accent gras, avec sa vie peuplée et joueuse; le dessin encore de Curiosité de Moine, le gros plaisir luxurieux du porte-froc devant une petite Vénus sur une selle de sculpteur, avec, par la fente d’un rideau, la tète apparue d’une femme qui se moque. Ailleurs, la Tète de femme bistrée, sous le toisonnement roux des cheveux, et dont la gorge nue met comme une grasse fleur de lait sur le fond ardoisé. Puis cette jolie page pimpante, le Coup de la Jarretière au roux clair des cheveux couleur bière de mars, aux seins d’une nudité d’ambre rosé dans le corset cerise, au petit nu fripon de la cuisse par-dessus le bas j arreté de noir et strié de raies mauves, tout le maquillage d’une aquarelle rehaussée de pastel et balafrée de crayon où les longs gants lilacés, les jupes d’un blanc gras, l’émail d’un visage lustré concertent une grâce de miniature sur les dessous de sanguine des fonds. Miniature aussi, semble-t-il, image fleurie détachée d’un missel, la délicieuse Incantation où, sous la clarté blonde des Vitraux, parmi le décor miraillé d’un capharnaüm d’alchimiste, apparaît à Faust la splendeur de l’Ève nue.

En 1880 il m’écrit : « J’ai fait à peu près deux cent cinquante eaux fortes et deux cents lithographies, plus quelques dessins sur bois pour le Journal des haras entre autres ». Dix ans après, son œuvre aquaforté dépasse à lui seul cinq cents pièces. Il n’en tire point orgueil : sa sévérité pour luimême est sans limites. « Far des circonstances nées de moi-même, de mes instincts, de mes goûts, de mes passions, de certaines folies de tète... je n’ai pas donné en art ce que je Voulais, ce que je donnerai si je vis — et je vivrai. ... Toutes ces insanités, toutes ces machines passables et souvent mauvaises, quelquefois Vendeuses et a^ant un peu le diable au corps, qui composent ce qu’on Veut bien appeler mon Œuvre, n’ont été pour moi que des distractions spirituelles, enfants bossus de la Muse... »

11 faudrait un passage spécial pour parler de la correspondance de Félicien Rops : elle-même fournirait la matière de plusieurs tomes. Après en avoir dit, en un chapitre antérieur, l’esprit, la verve, la grâce et la jolie écriture, tout reste encore à dire.

Une partie de sa vie se passa à écrire à des amis, des artistes, des élèves : il semblait en inventer pour se créer des occasions de se commu-

niquer à ses contemporains. 11 fut un épistolier inlassable et qui mettait dans scs lettres, sous leur apparence improvisée, quelque chose du beau travail de ses dessins. 11 7 fait Voir la belle main d'un écrivain dans sa fonction naturelle; il V multiplie surtout la malice et le trait qui font croire à des trouvailles spontanées. C’est encore une particularité qui leur est commune avec son œuvre. On pourrait dire qu'il se grisa d'encre s’il ne devait garder à travers cette petite folie un fond de raison, de sagesse et de rare bon sens, presque toujours.

Personne n’a mieux parlé de son art et de son métier ; il est certes un des artistes de son temps qui, jusque dans ses petits billets écrits sur des bouts de papier, codifièrent le plus substantiellement les vérités d’art essentielles. Avec quelle absence de dogmatisme! Avec quelle rondeur bon enfant! Nulle part la morgue du pion! « Se laisser aller à sa nature et produire comme le prunier donne ses prunes... Si je n’avais pas produit depuis dix ans, je n’aurais pas fait deux ou trois cents dessins depuis 1875 ». Remarque? qu’il s’agit, cette fois, de dessins. 11 disait : « Les plus belles œuvres d’art du monde ont été « enlevées» dans la rapidité, dans l’envolée de l’inspiration. Et vivent les défauts surtout! Les défauts en art, c’est la vie, c’est la Vibration, c’est se donner sans la retouche et la correction refroidissantes et inutiles à l’œuvre. » Quelle bonhomie à travers ce conseil profond ! Et quelle brave amitié, car celui auquel il parlait était un ami, un poète, un artiste dévoré de la manie du chef-d’œuvre filtré!

Même en exprimant les choses les plus graves, il garde sa verve gamine. 11 semble être lui-même à l’école dans ses lettres ; en dévoilant aux autres ses secrets, on dirait qu’il en fait l’apprentissage pour son compte. 11 prodigue les conseils du ton dont il les demanderait; il Va vraiment au-devant de la leçon, sans paraître s’apercevoir qu’après lui personne ne peut plus en donner.

Je ne sais, clans aucune correspondance de peintre, un génie plus vif, plus plaisant, plus renseigné et plus blagueur. C’est bien la modernité d’un artiste de haute culture en un état de civilisation aiguë, avec des nerfs, une ironie, de la gouaille, et tout au fond la pudeur d’une sincérité qui ne veut pas être dupe. La blague, l’hilarité frondeuse, le sens de la déformation qu’il apporta dans la caricature jouent entre les lignes. 11 ne se défend pas de bouffonner; il s’abandonne à une bonne humeur copieuse, en ballon de son pays qu’il restera toujours. 11 passe dans ses lettres un goût d’outrance comique où on l'entend faire son effet de gorge pour la galerie.

De la poésie aussi, de la fraîcheur, de la sensibilité. Des couplets de grâce badine comme celui-ci : « Les premières pervenches, ces fleurs de J. -J. Rousseau, me font toujours l’effet d’yeux bleus qui clignotent dans le taillis. Je suis tenté de leur dire: Passe? Votre chemin, mesdemoiselles, je suis un artiste honnête. »

Ailleurs : « J’entre en religion d’art. Je peine et je ne regarde plus les femmes. J’ai suspendu comme le Natche? les chevelures scalpées à l’entrée de ma tente et je fume le calumet de paix ».

Et ce croquis : « Merveilleux le grand prix...! Depuis longtemps je n’avais vu autant de jolies femmes écloses au premier printemps. Les roses thé deviennent grossières comme des pivoines à côté des peaux et de l’éblouissement des cheveux. 11 V avait des filles de Sidney qui ont gardé la prunelle féroce des convicts leurs pères. 11 y avait un stock de petites Mexicaines mi-ga?elles mi-ouistitis grelottant sous le beau soleil, avec des ^ux de satin et des lèvres ombrées de duvet, le globe des seins doré comme ceux des déesses indiennes, semblant déchirer les mousselines. On éprouvait en les regardant une impression de Visions mythiques qui Vous donnent la nostalgie de l’hacienda. »

Sa correspondance à mesure est son calendrier, son agenda et son mémo-

rancium. En 1875, il notifie à Liesse ses veines de travail, ses départs, ses retours, ses aventures, ce qu'il fera, ses accès dégoutté, « la bonne goutte du grand-père Ropsy », 11 nourrit des projets d’affaires, d’argent, de bonheur. 11 écrit à Picard qu’il va faire un journal à lui tout seul, le Journal de Félicien Rops, et l'idée vient, repasse, avec cent autres. 11 veut illustrer Balzac et Shakespeare. 11 écrit à Henri Liesse encore (en 1875) : « L’affaire Lemerre est superbe : 1000 francs par mois et 1200 l’année prochaine... 11 Va falloir faire un bon livre, mon vieil ami, avec ce Musset... Quarante planches pour la petite édition in-dou?e et quarante planches pour l’édition in-quarto. » En 1876, c’est à Picard cette fois qu'il fait part de la bonne nouvelle, mais le chiffre des eauxfortes a diminué : quarante eaux-fortes en dix volumes. Et il ajoute : « Mes prix ont été ceux de l'éditeur. 11 a fait largement les choses et je suis à cette heure le dessinateur le plus payé de Paris. » Après cela, il fera les drames de Victor Hugo in-quarto et Le Beau Pécopin et la belle Bauldour. 11 parle aussi d’un autre Volume « très intéressant » dont il ne Veut pas encore donner le titre.

On sait que l’édition Hugo et l’édition Mussel passèrent au compte des projets qui ne devaient point se réaliser.

A Picard aussi, en lui offrant sa Pornocratès pour 500 francs, ce billet malicieux :

« Entre nous, cela ne me coûte guère moins. Je n’emploie pas de modèles ordinaires et les créatures bigarres qui Veulent bien, comme la mystérieuse tsis, ôter leur robe-princesse dans mon atelier, tiennent plus aux égards qu’à l’argent, et rien ne coûte cher comme les égards! Si je tenais un mauvais « grand-livre » de mes travaux, j’inscrirais des choses comme celles-ci :

17 mars : Esquisse de la tète de M1" Rose Partout, propriétaire, mineure, émancipée, jouissant de son capital et qui

veut bien complaisamment me prêter sa beauté pendant

trois jours. — Soupe che? Brébant 46 fr. 60

17 mars : Indiqué les muscles lombaires de la susdite . . 00 fr. 00

Offert à la susdite une baignoire pour la première du Bas de

laine au Palais-RoYal 28 fr. 00

Glaces, gâteaux, oranges glacées, petit banc, journaux, location de lorgnette 11 fr. 50

Atteinte à ma considération en me montrant aux V^ux étonnés de M,nes Z... et D... seul dans une baignoire avec une jeune dame qui porte des chapeaux ?oulous et suce, en trois

heures, soixante quartiers d’oranges glacées .... 00 fr. 00

Avoir excite l’admiration et l’envie de Gaston Bérardi. . . 00 fr. 00

Dépense d'esprit 00 fr. 00

Coupé de retour de la Compagnie « l’Urbaine » . . • . . 5 fr. 00

Et ainsi de suite jusqu’à achèvement de la Pornocratie. »

D’ailleurs le croquis souligne en tous sens le texte. Ses lettres s’achèvent en pages d’album comme s’il faisait en dessinant la preuve de ce qu'il écrivait. La plume gratte le papier comme un cuivre : ses griffon nis à l’encre sont encore de la pointe sèche ; et il égratigne ses feuillets, il en fait le réseau entre-croisé d'une toile d’araignée où valsent les mots. Jamais il n’est à court et peut-être c’est là, dans son Œuvre de dur labeur et qu’il Veut faire passer pour improvisé, la vraie part d’improvisation et comme une fleur de verve poussée d’un jet. Il dessine alors comme il parlait, imaginatif, vivant, prodigue de sa verve, jetant son art devant lui comme il semait ses rires et ses mots. A nous qui le connaissions, il nous paraissait que, comme en une parade d’escrime avant l’assaut définitif, il se faisait la main.

Mais, je crois bien, sa séduction épistolaire la plus travaillée fut pour

les femmes, ses modèles, ses amies et sa constante adoration. Il n’en est point, de toutes celles qu’il rencontra, auxquelles il n'ait écrit et ce furent souvent de délicieux bijoux ciselés qui feraient la gloire d’une anthologie galante. Comme un Brummel, comme un Barbey d’Aurevilly, il avait le goût de la conquête; il aimait mêler un rien de damnation à la cour qu’il leur faisait à toutes.

11 n’eût pas été le satanisant de ses Sataniques, s’il ne les avait également encensées aoec le pétillement de ses braises rouges et si, par surcroît, d’un geste prometteur, il ne leur avait offert de communier sous les espèces de l’hostie noire. Mais le Voyage à Cythère n’était souvent qu’une escale aux rives de l’illusion.

Rops fut en vérité un grand dilapidateur des apparences de l’amour. S’il ne fallait s’en rapporter qu’à sa correspondance, il ne cessa d’être le robeur des jardins de l’Hespéride : on le prendrait pour Jason multipliant, par delà les clôtures gardées, l’exploit des rafles héroïques. Mais le terrible séducteur était surtout un terrible imaginatif : l’histoire et la vie n’étaient avec lui qu’une légende dont à son gré il faisait joyeusement sauter les feuillets. Don Juan et le diable lui-même gardèrent toujours un peu, sous sa toque à plume de coq, quelque chose du grand rire hâbleur de Tiel Uylenspiegel. 11 offrit cette contradiction de vivre, en marge de la Vie, d’une vie cérébrale et fabuleuse, cultivant l’imposture avec le soin jaloux d’un amateur de plantes rares. Au centre d’un tourbillon d’anas et de craques, lui-même tourbillonnait en faisant pétarader des feux d’artifice derrière lesquels on finissait par ne plus Voir sa ressemblance exacte. 11 fut une extraordinaire anecdote vivante qui dans l’avenir, sous tous les masques qu’il se mit sur le visage et à travers le Vague conjectural qu’il laissera de son passage aux rives des vivants, le fera comparer à ce comte de Saint-Germain dont il eut la jeunesse éternisée et qui, comme lui, Voulut que le monde fût dupe des apparences qu’il lui offrait.

Rops déconcertait jusqu’à ses amis, charmés à la (ois et mis en garde par l’agilité de ses changements à vue où il égalait l'art d’un Frégoli. Même ceux qui l’approchaient de plus près n’étaient pas sûrs qu’il ne fût pas simplement un fanfaron de vice et qui, jusque dans son métier, fanfaronnait encore en leur cachant le tourment triste de son difficile travail. Baudelaire qu il connut à Bruxelles, pratiquait la fanfaronnade macabre, l’outrance caricaturale dans l’effroi burlesque, et cette perversité mêlée de travesti ou il se proposait le plus persuasif des pince-sans-rire. Rops, par maints traits de similitude, fut de sa lignée; il subit l’emprise de son halluciné et facétieux génie au point de l’imiter en ses manies. Ce qui fut mieux, il songea à lui apporter le commentaire de son génie à lui-même. Il rêva d’illustrer les Fleurs du mal : on eût vu, comme deux sœurs enguirlandées des roses ardentes de la luxure, la mort du poète et celle de l’artiste danser un menuet aux sons aigres-doux de la pochette de Méphisto. Ce projet qui fit l'objet de nombreux pourparlers avec l’éditeur Deman, alla rejoindre aux oubliettes "N ana. Mademoiselle Maupin, Germinie Lacerteux, le Balzac, le Hugo, le Musset dont il ne fit que le frontispice (dou^e états), et cette Collection Rops qu’il espéra réaliser avec Dar^ens. Du moins son œuvre entier resta pénétré de pure essence baudelairienne.

Baudelaire, toutefois, eut dans l’art un visage hermétique, pincé de mépris et d’ironie, et que n’eut point Rops derrière son art de blague amusée. Visiblement une hantise, on ne sait quelle conjecture d’un commerce avec les puissances maléfiques imprimait aux traits du poète un stigmate mystique, violent et morne. La bouche s’effilait en plaie : le front jaillissait comme une falaise au bord d’un gouffre ; le regard était une épée de diamant noir.

« Baudelaire, qui devait être avec Barbey d’Aurevilly et Rops, le dernier diabolisant d’une époque qui ne croyait plus au diable, dégageait bien mieux qu’eux l’impression physionomique du satanisme. Barbey, d’une beauté élégante et cavalière, ne fut peut-être qu’un dandy de la damnation : il sem-

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