‹ Felicien Rops et son œuvreChapitre 7 sur 30 · L'HOMME · texte numérisé non relu

L'HOMME

C'était un laborieux et un fécond; cette expression autrefois trouvée pour Alexandre Dumas père «c'est une force de la nature» s'applique bien à Rops, mieux même à lui qu'à d'autres, car l'énorme labeur de Rops, en même temps qu'ardent, est méticuleux, et toujours il est parfait. Parmi l'essor prodigue d'une fantaisie qui multiplie les lithographies, les eaux-fortes, les pointes sèches, tous ces travaux difficiles et minutieux avec le nombre, le faste et l'aisance dont un autre accumulerait les croquis, Félicien Rops trouve le temps de perfectionner le métier du graveur, de se livrer à des recherches patientes sur les vernis; comme les primitifs broyaient les couleurs et se préparaient les matériaux de leur peinture, Félicien Rops prépare les ingrédients de sa gravure. Debout à côté de sa presse, auprès de sa lucarne, tel que le représente le portrait de Mathey, il demeurait des heures de longue séance.

M. Erastène Ramiro dans le beau livre qu'il a consacré à Félicien Rops a donné les renseignements les plus curieux sur le travail technique de Rops. «11 était rare, dit-il, qu'une

DANS LA PUSTA

conversation avec Rops, même brève, n'amenât point sur ses lèvres, le mot «vernis mou»

vocable inintelligible pour le plus grand nombre, plein de mystère pour ceux qui essaient d'en extraire un sens pratique!

Non qu'il s'agisse d'une invention nouvelle, puisque dès le commencement du XVII^ siècle, Abraham Bosse écrivait un traité de la gravure enseignant à se servir de tous vernis durs et mois mais si la théorie est enfantine,

la pratique est infiniment délicate.»

Avec Courboin, avec Rassenfosse, Rops a sans cesse pioché la formule du «vernis mou», jusqu'à ce qu'il ait trouvé de concert avec Rassenfosse un produit qui l'ait satisfait, et qu'il puisse écrire:

«Il faut voir, je le dis sans fausse modestaillerie, quels vernis mous on faisait avant

moi! Franchement, j'ai créé un art charmant qui n'existait pas

«C'est que, ne fait pas qui veut du vernis mou! Nous en savons quelque chose. Mais nous allons arriver à en faire comme l'on dessine sur le papier. C'est là le vrai but. Nous deviendrons des maîtres en l'art d'engraver en imitation de crayon».

Il fut grand travailleur, et on conçoit que cet acharnement à accumuler les minutes au profit de l'art, se rencontrant chez un artiste doué de toutes les fécondes ressources de l'improvisateur, et à qui de fortes études permettaient

LA DAME AUiPANTIN

L'ART ET LE BEAU

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