‹ FélicitéChapitre 12 sur 24 · IPSA · texte numérisé non relu

IPSA

D'avance je traînais les maux qui m'attendaient.

Qui ne veut rien du Temps, mais qui craint sa vitesse

Et je ne fus jamais à demi malheureuse.

Qii'il est beau, le miroir qui double ce qu'on aime, Ce portrait qui se meut...

Toi que dans le fond des chaumières On appelle avant de mourir, Pour aider une âme à souffrir Par ton exemple et tes prières

Oh! donne-moi tes cheveux blancs, Ta marche pesante et courbée Ta mémoire enfin absorbée

Vois-tu d'un coeur de femme il faut avoir pitié, Quelque chose d'enfant s'y mêle à tous les âges.

C'est qu'ils parlaient de toi, quand loin du cercle assise. Mon livre trop pesant tomba sur mes genoux ; C'est qu'ils me regardaient quand mon âme indécise Osa braver ton nom qui passait entre nous.

Qiiel effroi de ramper au fond de sa mémoire D'ensanglanter son cœur aux dards qui l'ont blessé De rapprendre un affront que l'on crut effacé Q.ue le temps... que le ciel a dit de ne plus croire Et qui siffle aux lieux même oii la flèche a passé!

Et j'ai hâte, et j'ai peur d'amasser les instants

Tout ce que j'aime est frêle et meurt, et pour vous suivre, Mes chers anneaux brisés, mon cœur se brisera.

Lien avec V Amour J'ai soif d'un frais oubli, d'une voix qui pardonne,

du Silence. D'amour, d'un long silence écoulé sans effroi

Et quand je vacillais, luciole éphémère.

S'en aller à travers des pleurs et des sourires

Achever par le monde un sort amer et pur,

User sa robe blanche, et, pour une d'azur.

En laisser les lambeaux aux ronces des mart)'res,

C'est ma vie. Un roseau semble plus fort que moi,

Je ne m'appuie à rien que je ne tombe à terre.

Et je chante pourtant l'ineffable mystère

Qui de mon cœur trahi fait un cœur plein de foi.

Ils ont soufflé loin d'eux mes mobiles revers.

Ville austère où j'appris à pleurer, Où j'apportais un cœur si tendre à déchirer.

Au milieu de leurs jours inoffensive et frêle Mort, oublieuse Mort, je passe sous votre aile

Et je n'alourdis pas mon vol de haine...

Vraiment le pardon calme à défaut d'espérance 11 détend la colère; on pleure, on apprend T>ieu, 'Dieu triste, comme nous voyageur en ce lieu, Et l'on courbe sa vie au pied de sa souffrance. Ceux qui m'ont affligée en leurs dédains jaloux Ceux qui m'ont fait descendre et marcher dans l'orage Ceux qui m'ont pris ma part de soleil et d'ombrage Ceux qui sous mes pieds nus m'ont jeté leurs cailloux, N'ont-ils pas leurs ennuis, leurs jaloux, leurs alarmes Leurs pleurs, pour expier ce qu'ils m'ont fait de larmes? Quoi donc ! aux durs sentiers qu'on a tous à courir Seigneur, ne faut-il pas mourir et voir mourir ? N'est-ce pas au tombeau que cheminent leurs peines. Lents enfants, leurs amours qui rachètent hurs haines? Oh ! qui peut se venger? oh ! par notre abandon i Seigneur, par votre croix dont j'ai suivi la trace, Par ceux qui m'ont laissé la voix pour crier grâce, Pardon pour eux ! pour moi ! pour tous 1 pardon ! pardon

Seigneur un cheveu de nous-mème Est si vivant à la douleur.

I Ailleurs

Jette donc loiu tes colères Contre d'innocents inf/rats Le (lambeau dont tu t'éclaires Te voit si tendre en mes bras.

Cpsse d'essayer ta baine, Faite pour la mépriser.

C'est perdre à river ta chaîne La force de la briser.

132 A UTELS PRIVILÉGIÉS

Vous surtout que je plains si vous n'êtes chéries

Vous surtout qui souffrez, je vous prends pour mes sœurs

C'est à vous qu'elles vont mes lentes rêveries,

Et de mes pleurs chantés les amères douceurs i

Tant que l'on peut donner on ne veut pas mourir.

Pour me plaindre ou m'aimer je ne cherche personne

Dans le fond de mon cœur je renferme mon sort

Tout le concert se tenait dans mon âme

Le front vibrant d'étranges et doux sons Toute ravie et jeune en solitude

J'étais l'oiseau dans les branches caché, S'émerveillant tout seul, sans qu'il se doute Que le faneur fatigué qui l'écoute Dont le sommeil à l'ombre est empêché S'en va plus loin tout morose et fâché.

De vous dont l'esprit pur, dont la grâce rêveuse Dont les regards charmants

Ont versé leurs rayons sur moi pâle couveuse 'D'immobiles tourments

J'ai dit ce que jamais femme ne dit qu'à Dieu,

I Plus bas :

Si vous n'avez le temps d'écrire aussi vos larmes.

Facile à me créer des thèmes ravissants

J'ai chanté comme vrais bien des bonheurs absents

Le jour douteux et blanc dont la lune a touché Tout ce ciel que je porte en moi-même caché.

Que mon nom ne soit rien qu'une ombre douce et vaine Qu'il ne cause jamais ni l'effroi ni la peine Qu'un indigent l'emporte après m'avoir parlé Et le garde longtemps dans son cœur consolé.

MATERNITE

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