ETERNITE
Et Dieu nous unira d'éteimité.
FELICITE i8i
Qjae je lui dise : « Viens, plus d'absence entre nous. Viens, j'expiai pour toi ton infidèle flamme » Il me reconnaîtra. Saisi d'un doux remords
Il ne verra plus que mon âme.
Il me trouvera belle alors.
Et ta main, du repos marquant l'étroit espace Y jeta quelques fleurs pour y garder ta place.
Et moi, quand dans la tombe on me fera descendre Des papillons légers voleront-ils sur moi ? Les oiseaux viendront-ils y chanter sans eff"roi ? Les rayons du soleil toucheront-ils ma cendre?
Et le pauvre interdit à ta porte fermée
Humble fille de la nature i Elle aimait la fleur sans culture Qjui naît et meurt au fond des bois.
Son âme brûlante et craintive Aimait l'eau mobile et plaintive.
Qui répond aux plaintives voix.
Comme l'impatiente abeille duitte une rose moins vermeille
I Epitaphe d Albertine (page 228. Albertine.)
i82 AUTELS PRIVILÉGIÉS
Emportant dans les airs son parfum précieux Cette jeune Albertine en silence éveillée Quittant avant le soir sa couronne effeuillée Vient de s'en retourner aux cieux.
Pourquoi ces tendres fleurs dans leur avril écloses Tombent-elles souvent sans attendre l'été ?
On, verra par mes soins, quelque feuille de lierre De son étroit asile embrasser le contour.
Contemplez ce nuage. Hélas! il nous ressemble, Il va vite. En courant, levez parfois les yeux. N'aj-ez peur, mes amis, je serai dans les cieux. i
Depuis j'allai m'asseoir aux combes délaissées, Leur tranquille silence éveillait mes pensées, Y cueillir une fleur me semblait un larcin.
Autrefois... qu'il est loin le jour de son baptême Nous entrâmes au monde un jour qu'il était beau Le sel qui l'ondoya fut dissous sur moi-même. Et le prêtre pour nous n'alluma qu'un flambeau.
Oui, je reconnaîtrai tes traits pâles, charmants, Miroirs de la piété qui marchait sur tes traces. Qui pleurait dans ta voix, angélisait tes grâces, Et qui s'enveloppait dans tes doux vêtements.
I C'est là-haut dans le ciel qu'il me faut chercher mon père et ma mère, leurs chers visages m'apparaissent entourés d'une lumineuse auréole, ils ne sont plus de la terre, ils ne comptent plus pour mon foyer.