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LA VIE ET LA MORT DU RAMIER

De la colombe au bois c'est le ramier fidèle ; S'il vole sans repos, c'est qu'il vole auprès d'elle; Il ne peut s'appuyer qu'au nid de ses amours. Car des ailes de feu l'y réchauffent toujours 1

Laissez battre et brûler deux cœurs si bien ensemble; Leur vie est un fil d'or qu'un nœud secret assemble, Il traverse le monde et ce qu'il fait souffrir : Ne le déliez pas 1 Vous les feriez mourir !

lis ne veulent à deux qu'un peu d'air, un peu d'ombre, Une place au ruisseau qui rafraîchit le cœur; Seuls, entre ciel et terre, un nid suave et sombre. Pour s'entre-aider à vivre, ou cacher leur bonheur !

Quand vous ne verrez plus passer par ce rivage Cette blanche moitié de la colombe aux bois, N'allez pas croire au moins que l'un d'eux soit volage Bien qu'ils aiment toujours, ils n'aiment qu'une fois!

Laissez-vous entraîner sur leurs traces perdues

Vers le nid, doux sépulcre alors silencieux,

Et vous y trouverez quatre ailes détendues

Sur deux cœurs mal éteints rallumés dans les cieux !

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