‹ FélicitéChapitre 5 sur 24 · V. H. — Claire · texte numérisé non relu

V. H. — Claire

Va retrouver dans l'air la volupté de vivre ! Va boire les baisers de Dieu qui te délivre ! Ruisselant de soleil et plongé dans l'amour Va-t-en ! va-t-en ! va-t-en ! sauve-toi sans retour !

Oui, chez le Grand Maître et le C4rand Père seulement se retrouvent des pièces de la tournure de Croyance, Prison et Printemps, l'Enfant et la Foi, Au Revoir, aux Xouveaic-Xés heureux. Ame et Jeunesse, Jeune fille.

Va, je n'oublierai plus qu'ils me le rappelaient.

n'est qu'une variation probablement anticipée du

Tu me fais souvenir que j'ai tout oublié.

que Hugo reprend lui-même à son Hernani sous cette forme :

Je ne me souviens plus que d'avoir oublié !

Son :

Je n'ai point d'autre affaire ici-bas que d'aimer.

qui n'est autre que l'antique

Cenlum sant causée cur ego simper amem.

s'énamoure plus d'une fois chez notre Flamande :

Qu'elle est à plaindre, elle a d'antres soins que l'amour!

Et mieux :

Il faut aimer pourtant; que faire de son cœur?

Tel que Marion de Lorme de son Didier, l'enfant répond, de son ramier : « Je l'aime 1 »

Comme celle qui croit oublier quelque chose.

et

On est étrange, on veut échanger ce qu'on donne

sont de véritables vers d'Hugo. Combien Le Pauvre a de lumineux frères dans l'œuvre d'Olympio ! — Je rapproche encore :

de

Ensuite

de

Où deux êtres unis marchaient, Les voilà séparés... mystère!

Autrefois inséparables, Et maintenant séparés ! i

... son enfant, seule vie où l'on s'airr.e Q.ui passe devant nous comme on fut une fois.

A chaque pas qu'il fait l'enfant derrière lui Laisse plusieurs petits fantômes de lui-même. '

I, 2. Victor Hugo.

Enfin

Buvez en étreignant cette femme penchée Sur son fruit.

de

La nourrice au sein nu qui baisse les paupières, i

0 Éva ■'

... à l'heure où tout est sombre Où tu te plais à suivre un chemin eff.icè, A rêver appuyée aux branches incertaines Pleurant, comme Diane au bord de ses fontaines, Ton amour taciturne et toujours menacé !

voici un écho de ta plainte pourtant sans seconde

Vous sentiriez alors le besoin de rêver

De livrer au hasard votre marche incertaine

De ralentir vos pas au bruit d'une fontaine

Et de pleurer les maux que je viens déprouver.

Un Arc de Triomphe avec ses

Mille doux cris à tètes noires

n'oflfre-t-il pas, le paradoxe est fort : quelque mine des Émaux et camées ?

Qu'est-ce que

Une voix seule éteinte en changeait le concert

1 Victor Hugo.

2 Vigny.

sinon

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé, t

OU réciproquement?

Ne parle pas, je ne veux pas entendre

n'irait-elle pas jusqu'à évoquer Celle qui est trop gaie elle-même? Pourquoi non? puisque du même Baudelaire pourrait s'échanger contre

Il est Je longs soupirs qui traversent les âges

son plus nerveux et verveux

Que cet ardent -io»pi«t- qui roule d'âge en âge.

Et, de nos jours

Dis aux petits que les étés sont courts

tinte bien le citant des oiseaux des courts étés, de Sully-Prudhomme.

Et pour finir, n'est-ce pas comme une surprenante

I Lamartine.

résonnance préventive du lied de Tristan dans Wagner, cette dernière strophe du Dernier rendez-vous.

Je viendrai, car tu dois mourir Sans être las de me chérir Et comme deux ramiers fidèles Séparés par de sombres jours Pour monter où l'on vit toujours Nous entrelacerons nos ailes.

Là les heures sont éternelles, i

Il faudrait bien, bien des pages, encore et toujours des pages pour désenfiler toutes les blandices, Baudelaire l'écrit : les perpétuelles trouvailles de cette poésie. Même sans parler de ses curiosités pittoresques de locutions ou de métaphores, telles que,

Jusqu'au chaume enlierre que j'appelais maison Pour un marin qui irncf Tonde

I Alors nous serions morts ins(5par*5s, unis à jamais, sans fin, sans réveil, sans crainte, sans nom, dans le sein de l'amour, livres à nousmêmes, ne vivant plus que pour l'amour.

W.VGNEU.

Il voit rire un jardin sur rétroit cimetière Où la lune souvent me prenait à genoux. L'ironie emhauniée a remplacé la pierre Où j'allais, d'une tombe indigente héritière. Relire ma crovance au dernier rendez-vous.

Je dis, de cette poésie aux énoncé.s si touchants et toujours imprévus ; de ces hirondelles qui sont

Mille doux cris à têtes noires ;

non loin de ce rossignol qu'elle dénomme :

Douce horloge du soir au saule suspendue ;

de ce bal qui tourne

Dans leur nuit de lumière, et d'encens, et de soie;

de ce médecin de la maison de sa mère, ce docteur ami à qui l'auteur écrit

Quand Dieu sous ta figure y désaffligeait l'heure;

de ces fillettes dans un décor de nature qui s'enjolive d'un vocabulaire de mobilier vieillot :

Les ruisseaux des prairies

Font des psychés Ou, libres et fleuries,

Les fronts penchés. Dans l'eau qui se balance

Sans se lasser Nous allons en silence

Nous voir passer.

/^ Si féerique mirage que peut-être je ne lui préf^fais

rien, s'il n'y avait encore, et, sans doute pîir dessus

tout, ceci :

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