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CHAPITRE II

tection que m'accorde ce saint prélat, balbutia la sœur Geneviève.

— Mes chères sœurs, à vos places et disons le Benedicite, reprit gaiement la supérieure ; pour la bienvenue de notre nouvelle fille , je demande à la sœur cellérière d'ajouter au .dessert un plat de ce bon nougat que nous avons goûté aux dernières fêtes de Noël , et je prolonge d'une demi-heure la récréation.

— Merci, merci, notre chère mère, s'écrièrent toutes ensemble les religieuses en prenant place sur les bancs à dossier rangés devant les tables.

— Ma chère mère, dit la sœur Geneviève, vous plait-il de désigner la place que doit occuper votre nouvelle fille?

— Je veux qu'elle fasse tout de suite amitié avec vos favorites , mon enfant , répondit la supérieure avec bonté ; mettez-la entre les deux Chameroy.

L'on ne connaissait pas chez les Annonciades ces maigres repas servis dans des écuelles

de terre jaune et arrosés d'eau claire, que faisaient quotidiennement les carmélites et les capucines. La règle de saint Augustin et les revenus de la maison permettaient un meilleur ordinaire. Contre l'usage des congrégations religieuses, toute la communauté mangeait à la même table, les révérendes mères près de la supérieure, à leur côté les jeunes professes, plus loin les novices, et au bas bout les pensionnaires. Les mets étaient simples, abondants et soignés, et les sœurs converses faisaient le service avec un ordre , une prestesse, une intelligence qui ne laissaient rien à commander : des valets galonnés n'eussent pas mieux fait. ^

Dans le réfectoire comme dans le reste de la maison, l'on retrouvait les vestiges d'une époque antérieure à l'établissement des religieuses. Des traces de peinture ressortaient çà et là sous le plâtre dont on avait badigeonné les murailles, et il était aisé de reconnaître sous cette couche transparente une chasse cou-

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