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CHAPITRE IV

— C'est bien , ma chère fille ; vous avez parlé comme vous le deviez à cette pauvre enfant. A présent, la charité vous ordonne de taire les réponses que le malin esprit lui a inspirées. Lorsqu'on vous interrogera à ce sujet, vous répondrez simplement qu'elle a écouté vos discours sans rompre le silence : ceci n'est pas un mensonge, c'est une restriction permise, et que vous pouvez faire en conscience.

Le lendemain, la mère Madeleine dit à son directeur :

— J'ai fidèlement suivi vos instructions, mon révérend père, mais jusqu'ici j'ai agi sans succès. Malgré votre pénétration et vos lumières, vous n'avez pas tout à fait apprécié peut-être le caractère de cette enfant; avec son étourderic, son insouciance habituelle, il il y a en elle un fonds d'opiniâtreté bien rare à son âge. Quoiqu'elle eût pour la pauvre sœur Geneviève une affection singulière, son cœur n'est guère capable d'attachement; elle n'aime

plus personne ici maintenant, et n'obéit qu'à l'autorité, à la force. C'est une sensible affliction pour moi de ne pouvoir remédier à ses dispositions, je la quitte toujours pénétrée de douleur.

— Ainsi, ma révérende mère, dit le père Boinet, vous n'avez pas remarqué le moindre changement, le moindre progrès ?

— Pas le moindre ; sa situation est toujours la même ; mes exhortations l'importunent, les soins que lui donne la sœur Ursule l'aigrissent, elle se consume dans un mortel abattement ; si nous la gardons encore quelque temps ainsi, elle succombera.

— Vous désespérez de cette âme, ma révérende mère, dit le directeur avec l'accent d'un léger reproche ; vous êtes près d'abandonner votre tâche... Le bon pasteur ne laissait pas ainsi sa brebis égarée à moitié chemin. Il y a plus d'un moyen de la ramener, et nous allons aviser à prendre le meilleur.

Il réfléchit un moment et reprit :

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