‹ Félix Poutré [microforme]Chapitre 19 sur 45 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

Fénix.—Eh bien, mon pauvre Félix, que te reste-t-il de tous tes beaux rêves de gloire et de grandeur ?.….. Quelle dérision que la destinée !.... Il y a quelques semaines, je me voyais bientôt hel officier armé de pied en cap, pistolets à la ceinture, épée an côté ou bonne car5bine au poing, marchant triomphant à la tête d’un régiment de patriotes victorieux. Il me semblait déjà entendre les aïctamations du peuple sur mon passage : on «ne nommait déjà l’un des libérateurs de mon pays !.... Et maintenant, pauvre insensé, je n'ai poûr tout horizon que les murs d’un cachot où sant entassés mes compagnons d’infortune, et le temps n'est peut-être pas éloigné où je n'aurai d'autre piédestal que... la trappe d’une potence... Pendu!..... pendu !..... voilà un mot qui n’est pas agréable ; le fait-est que j'aimerais presque antant avoir toute m. vie la miue d'un Anglais, que celle que j'aurai ce jour-là !....... pendu !.... Et puis dire que c'est anjourd’hui le tour de ce pauvre Cardinal et de ce pauvre Duquette !... Pauvres garcons ! oui, c'est aujourd'hui, vendredi 21 décembre ! Le gouvernement a choisi ses premières victimes... mon tour ne peut tarder d'arriver... C'était affreux, hier, de voir ce malheureux Cardinal embrasser sa femme et ses quatre enfants, et Duquette sa pauvre vieille mère. C'était dechirant !..... À peine 21 ans, être le seul soutien d'une vieille mère, et mourir... pendu! oh! (Il cache sa tête dans ses mains.) On ouvre !... Voilà le shérif... oui, c’est à peu près l’heure..... O mon Dieu... le bourreau !..... la sentence !..….

(Le shérif entre suivi de plusieurs soldats, du geôlier et du bourreau. Le shérif a l'épée au côté; le bourreau est enveloppé de uoir et masqué.)

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