FÉLIX, LES PRISONNIERS
FEeux.—Mes amis, écoutez-moi. Deux hommes irréprochables dans leur conduite personnelle, deux: hommes uuiversellement estimés et respectés, deux nobles cœurs et deux citoyens dévoués, viennent de subir le sort des criminels, des voleurs et des meurtriers ! L’affreuse réalité e:t là devant ns yeux. Deux de nos amis viennent de nous être arrachés et d’être immolés à des vesgeances de partis; car il y a si peu de crime réel dans une teutative d’insurrection, que le gouvernement anglais sera tôt ou tard obligé, par la seule force des choses et de l'opinion, de réhabiliter ces victimes d’une atrocité presque sans exemple dans l’histoire des peuples. Des exécutions pour cause purement politique sont, à tous les points de vue possibles, de vrais meurtres, des cruauté: inexcusables, et le gouvernement qui les ordonne reste plus déshonoré que ceux qui les subissent, Mais consolons-nous, amis ; Cardinal et Duquette, et tous ceux qui auront l'honneur de tes suivre sur j’échafaud seront toujours regardés comme des martyrs de la liberté, puisqu'ils auront sacrifié leur vie à leurs convictions, et le procureur général Ogden, le véritable auteur do ces sneurtres, restera pour toujours cloué au pilori de l’histoire, et voué à l’exécration publique, pendant que des monuments de sympathie et de deuil national s’élèveront à ses victimes ! Mes amis, admirons le courage stoïque avec lequel nos compagnons viennent de subir le dernier supplice, et, s’il nous faut nous soumettre au même sort, jurons tous de mourir-comme enx le front haut et le mot de liberté sur les lèvres.
Les Prisoxniens (levant la main).—Nous le jurons! Entrent le shérif et le geôlier).