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SA

Û M Charles Brun, vice-presidente de l'Union.

des titulaires de ces gracieux magasins d’un jour :

Comptoir n° r (qui porte le beau nom de Comptoir d’Alsace-Lorraine) : les deux titulaires, Ms Kæchlin-Schwartz, présidente de l’œuvre,et A. Hengel. Elles sont assistées de M Engel, Ducos, Gallay, Hartmann, Kæchlin, Lauth, Le Joindre, Lœw, Marozeau, Oulimont, Ruel, Siegfried, Suss, Thierry-Mieg, Viallet, et de Ms Noiriel, Peter, Yung. Es |

Comptoir n° 2.— Titulaire: M Ch. Brun, vice-présidente. Dames vendeuses: Mrs Boussard, Dingler, Lejari, Marchis, Mauclaire, Piat; Mie Alphandéry, Brun, Dutilleul, Garnier, Girardot, Neumann, Lion et Varambon. | E

Comptoir n° 3. — M“ Pérouse, vice-présidente, titulaire, assistée de Mw® de Clermont, Paul Distlère, Durand, Falcouz, Glenard, Victor de Lesseps, Micard et Henry Pereire. ;

Comptoir n° 4. — Titulaire: M Ph. Dussaud, avec M" Canet, Clément, Ch. Cloez, Maréchal, Coiriz, H. Eustache, J.-L. Faure, Gassend, M. Gouzy, Kœchlin, Laurent, Marest, Thorel, Vert, et M'# Ballot, Blanchard, Débernard, Laïîné et Isalty.

N'oublions pas entin de citer, parmi les membres masculins de l'Union, ceux de ces messieurs qui ont pris une part active à l'organisation de cette belle fête: MM. le docteur Neumann, secrétaire

général adjoint, le docteur Hogg, Boussard et de Saint-Martin. Marthe MARÉCHAL-ARQUIER.

se

fa Femme ,Tucs:

Georgette Leblanc aire

A Charlotte Corday de l'Opéra-Populaire. Une Charlotte Corday qui ressemble à l'héroïne, telle que celle-ci nous apparaît dans le célèbre et beau : portrait du Musée de Versailles.

De la « jeune demoiselle normande » que représente ce portrait, Michelet a dit : « Elle a les cheveux cendrés des plus doux reflets »; et Mile Georgette Leblanc — Normande, elle aussi, — fut heureuse de ces mots, voyant la permission pour elle de garder sa blonde chevelure, malgré des témoignages qui donnent à Charlotte Corday des cheveux châtains.

Ce point mis à part, la ressemblance de l'artiste au personnage estencore plus saisissante, quand, du tableau de Ver-

sailles, on passe à cette image écrite, laissée par un contemporain, le conventionnel Armand, de la Meuse: « Me Corday était d’une taille moyenne, le visage ovale, les traits beaux, grands, l'œil bleu et pénétrant, tenant un peu de la sévérité de ses traits ; le nez bien fait, la bouche belle, les mains et les bras dignes de servir de modèles. » La seule différence est que Me Leblanc a des yeux d’aigue-marine.

Vraiment artiste, elle a la passion ‘de lectures sérieuses, graves, qui remplace chez l’artiste le Raynal, le Rousseau, le Plutarque de Charlotte par les Pensées de Pascal ou de Marc-Aurèle, par du Carlyle, de l'Emerson ou du Nietszche — à quoi sans doute elle joint des poètes et des musiciens, amoureuse de Heine et de Schumann.

Je risque, il est vrai, de lui déplaire en parlant d'une intellectualité dont elle a la pudeur.

Une fois seulement, et pour un public restreint, sur les instances de jeunes écrivains qui ressuscitaient une petite revue, la Vogue, elle trahit le secret de son amour délicat des bonnes Lettres qui pensent ; elle donna quelques notes dont j'aimerais à reproduire dans Femina, celles qui concernent la femme, si la place ne m'était pas mesurée. Je choisis celle-ci :

« La sagesse de la femme n’est jamaïs aussi müre que celle de l'homme; elle reste verte par

places et elle grince quand le destin mord dedans. »

Georgette Leblanc comme à « la sagesse même ».

Il ne faudrait cependant pas se figurer M'° Leblanc en la perpétuelle attitude d’une Minerve. Si l'artiste a, de la statuaire grecque, l’eurythmie du geste, si en Mis Geoncerre Leecanc certains élans, elle fait songer à la merdans Charlotte Corday. veilleuse Victoire de Samothrace, si, d'avoir fait un peu de sculpture, elle a fécondé un sentiment inné des beaux drapés, dans l'ordinaire de la vie, elle est toute simple, douce et souriante, et aucunement pédante. Entre l'étude de ses rôles où elle met cette ardeur, cette science, cette conscience d’artiste de race; entre l'étude des mélodies qu’elle interprète en tragédienne lyrique, elle s'occupe de son home, le choie, l’orne elle-même. À Paris, c’est, dans un des coins perdus d'Auteuil, un vieil hôtel fin xvin*, à jardins. Le salon-cabinet de travail, par la blancheur ivoirine de ses murs et de ses boiseries, l’austérité luisante du parquet sans tapis et de quelques meubles vieillots, dévotement rococos, par sa cheminée en autel avec ses candélabres flamands, fait penser à une cellule d’abbesse; mais des gravures rares, des Tanagras, un grand désordre de musique, un piano, disent les préoccupations d'art.

Dans la paix monotone d’une campagne normande près de la mer, elle s’est fait un Aome d’été d’une ancienne cure arrangée par elle en béguinage, et tellement hollandais que la peinture qu'on a employée pour lesmurs crèmes, les volets verts, les impostes rouges est venue de Hollande, Là, elle fait la fermière avec de bons animaux qu’elle chérit.

Entre temps, elle dessine elle-même ses robes de ville, de concert, toujours simples, d’une ligne moyenâgeuse, sirénéenne par l'allongement, et ses costumes de théâtre où elle met le plus grand souci d’exactitude. Pour Charlotte Corday', elle a consulté M. Georges Cain, à Carnavalet, M. Dufeuille, et Versailles; puis, a cherché partout étoffes et rubans purs Louis XVI et Révolution.

D'ailleurs, si ce souci de l'exactitude lui vaut l'enthousiasme des sculpteurs et de tout dévot des draperies grecques, quand elle joue Thaïs, par contre il peut lui être occasion de déconvenue ; sa dernière manière de représenter Carmen, après un voyage en Espagne, a déconcerté les traditionnalistes.

M'e Georgette Leblanc compte parmi les rares artistes qui se font un idéal wagnérien de l'interprétation d’un rôle et le veulent aussi bellement et expressivement chanté qu'humainement joué. Elle a tous les dons qu’il faut pour réaliser cet idéal.

Signe particulier : hors de scène, est d’une timidité farouche, absurde,

incroyable.

(CI Duguy.)

Mary Léorozn-[.acour. fi M'e Gronrcerre Legr.

Je la choisis parce que l’admirable livre de Maurice Mæterlinck Sagesse et Destinée fut dédié à

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