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Quelques beaux types Éd
« Ce qu'il y a de meilleur en l'homme, c'est le chien. »
’Esr faussement que l’on attrioue à Toussenel cette phrase qui a, depuis, parcouru le monde : « Le chien, c’est l’ami de l’homme. » L'auteur en est Charlet, le fin caricaturiste du milieu du siècle
dernier, qui l'avait donnée comme légende à l’un de ses si curieux croquis, qui, parfois, valaient ceux de Daumier. Le mot est-il juste? Et, le chien n'est-il pas autant, si ce n’est plus l'ami de la femme. Ne sommes-nous pas,
en général, meilleures que les hommes avec les animaux ? A-t-on jamais vu une femme corriger violemment un chien ou un cheval, comme trop souvent le font nos maris, nos pères ou nos frères ? Aussi, serais-je tentée de croire que les animaux aiment les hommes beaucoup par crainte, comme
Car DEMI-ANGORA à Mm° Kœchlin-Klippel.
les lions aiment leur dompteur, tandis que leur affection pour la femme est plus sincère et plus vraie. On nous reproche parfois de trop aimer les bêtes, de les dorloter, de les soigner comme de vrais enfants :
qui donc le ferait sinon nous?
Que nos animaux familiers de notre home soient chiens, chats ou oiseaux, ils ont droit à notre sollicitude, à notre affection, et si nous les aimons, si nous les soignons, ce n’est point, comme l’homme, pour leur demander des services, pour exiger une reconnaissance moins banale qu’une caresse, mais parce que notre cœur de femme nous porte vers les faibles et que laffection est un sentiment inné,
une sorte d’instinct chez la plupart des femmes. Ces réflexions me sont souvent venues à l’esprit lors de mes promenades aux expositions canines annuelles de la terrasse de l’Orangerie. Voyez le
côté des chiens de chasse, leur maitre les vient voir surtout pour vanter leurs qualités à ses confrères en saint Hubert, tandis que du côté des chiens dits de garde ou d'appartement, les maîtresses sont là pour apporter des gâteries à leurs bons toutous, pour les venir caresser, pour leur tenir compagnie, afin qu'ils ne sennuient pas trop, les pauvres, dans les cages, vraies prisons, où ils paraissent tout dépaysés. Dans les expositions, quand vient la fermeture journalière, les propriétaires ont le droit d'emmener jusqu’au lendemain matin, pour leur faire retrouver leur chez eux, les chiens exposés; ch bien, parmi ceux qui profitent de cette permission, les femmes sont en majorité; elles sur-
tout, je dirais presque elles seules, :
manqueront une visite ou un five o’clock pour que leur favori ait au moins la satisfaction de la maison chaque soir et soit récompensé de la prison de toute une longuc journéc.
Les grands journaux sportifs illustrés, en France aussi bien qu’à
‘“ Ours ”, chien du Léonberg,
# Moucxe ", chien maltais à S. M. la reine-mère de Hollande.
r, ne manquent pas de relater les hauts faits des grandes meutes on donne les portraits de ces chiens, cupé dans la
l'étrange ou des plus célèbres chiens d'arrêt; j ceux de leurs maîtres; mais jamais encore on ne Sest OC presse de nos chiens à nous, chiens d'appartement ou de garde, de nos chats si mignons et si agréables compagnons de nos oiseaux. Comme femmes ayant eu l’heur de plaire aux journaux, il n’y eut que Mr: la duchesse douairière d'Uzès et Mme Guimet, les seules femmes qui possèdent ou ont possédé un équipage de chasse à courre. Ne croyez-vous pas que nos animaux favoris feraient aussi bonne figure dans un journal illustré que les grands chiens courants de la duchesse d’Uzès ou les briquets de Mme Guimet? Aussi nous proposons-nous, à Femina, de faire défiler devant les yeux de nos lectrices les bêtes de nos foyers, et pour commencer, laissez-moi vous présenter quelques chiens et chats qui, s'ils n’ont pas remporté des lauriers dans les expositions,
} n’en sont pas moins aussi adulés, aussi choyés. l Tout d’abord, voici Mouche, un mignon chien maltais, | minuscule représentant de sa race : il est vif et joyeux, toujours en mouvement, — il a, du reste, été très difficile F3 d’en prendre un instanab tané, — il appartient à S. M. la reine-mère de Hollande. Sa gracieuse fille, la reine Wilhelmine,aime également beaucoup les chiens, mais elle préfère encore les chevaux ; rompant avec l'étiquette qui voudrait que la reine fût toujours en voiture, il lui arrive très souvent de conduire elle-même à deux ou à quatre, et dans ce sport elle rendrait des points aux meilleurs de nos coachmen.
Après le nain, le géant. Celui-ci est, je crois, le plus grand chien existant. C’est Ours, un chien ditdu Léonberg, du moins il est né à Léonberg même, mais il a tout à fait les caractères de la race des anciens chiens du Saint-Bernard; il mesure 9o centimètres à l'épaule, c’est la taille d’un poney. Ours, qui a huit ans maintenant, est doux comme un agneau, il ne ferait pas de mal à un petit chat, mais sait défendre à l’occasion sa maitresse, Mrs la comtesse Kolpakoff, une grande dame russe, qui habite Paris l'été et Pau l'hiver. Les Parisiens, du reste, connaissent bien Ours, ils l’ont vu souvent au bois.
Après les chiens, les chats, pauvres bêtes si méconnues, si souvent vilipendées et pourtant si intéressantes, si attrayantes, si attachées, si pleines de dévouement quand on sait lescomprendre. Voici un demiangora. Oh! ce n’est pas un animal de grande race, et dans une exposition il n'aurait peut-être pas de récompense, maisquellejolie figure, do ice, intelligente,mignarde même.
A côté de lui, son compagnon de foyer, un chat de Siam; ne dirait- On pas une potiche japonaise? Ce sont, avec d’autres encore, les familiers du salon de M E. Kæchlin-Klippel, la veuve du grand industriel mulhousien et la fille du doyen des médecins d’Alsace-Lorraine, le savant Klippel. Un jour, je l'espère du moins, nous présenterons à nos lectrices, toute la « famille animale » de M" Koœæchlin, qui est une passionnée des bêtes :
elle en garde de toutes les espèces ; chiens, chats, singes, oiseaux, etc.
CHAT DE Srau à Me Kæœchlin-Klippel.
Pauline DE Barr.
à Mn la comtesse Kolpakoff.
Lite
‘ Fiancée d'Outre-Mer ”
Par DANIEL LESUEUR. — Illustrations de LOÉVY. (Suite 1)
E ne fis aucune observation à papa, dont l’ Mais je lui demandai de faire descendre bre.
— Je ne peux pas, murmura-t-il, les larmes
— Pourquoi ?
— Marie-Thérèse souffrirait trop de le voir.
— Elle se doute que j'ai une mère, cependant, et que je conserve le culte de son souvenir.
— Tu ne peux pas comprendre, ma petite fille. Tu n’es pas mariée, tu ne sais pas ce que c’est que la jalousie.
— Mais, papa. pour moi, chez moi, dans ma chambre...
En quoi ça la touche-t-il ?...
Il n’y avait pas de raisonnement possible. Père n’entendait mème plus. Il jetait vers la porte les regards d’un criminel qui craint d’être surpris.
— C'estbien, ne t’en occupe pas. Je vais lui demander moimème, déclarai-je.
Je crus qu’il se mettrait à genoux pour m'en dissuader. Mais j'éludai — un peu vivement, je l'avoue — ses représentations.
Trop de choses s’agitaient en moi, et surtout la volonté impérieuse de ne plus me séparer de la chère image. Je venais de la contempler, ELLE, comprendstu !.. Elle, qui est fresque pareille à toi, sa sœur, et qui, en outre, est ma mère. Et elle est morte Et tu es loin … Et je n'aurais pas votre chère figure!
Ah ! tu ne sais pas ce que j'éprouvais.. Je l’en aimais davantage, de tant te ressembler. Et je l'en aimais davantage, de me donner la tendresse que je lisais dans ses yeux si vivants, si rayonnants, qui me bouleversaient.
Tu n'aurais pas reconnu ta tranquille Maggie si tu m'avais rencontrée comme je dégringolais les étages à la recherche de Mwe Fanteuil. L'idée de repartir tout de suite pour l'Amérique en emportant le portrait se dessinait dans ma tête... J'étais prête à quelque folie.
Je trouvai l’indolente Marie- Thérèse en train de se balancer sur un rocking-chair, dans le jardin, sous une voûte de verdure qui encadre la plus ravissante perspective du lac, . :
Son fils était auprès d’elle, se livrant àla chasse aux moustiques. Se, toi ce grand garçon de vingt-quatre ans, attentif et aux aguets, avec . pression d’un chat qui épie les mouches, occupé à préserver sa mére de toute piqûre, Que veux-tu ?.… 11 l'idolâtre. Tu ne te figures pas 6e, quon dépense de tendres sentiments aux Marguerites!.…. N empèche que moi j'avais l'air d’une barbare en venant mendier le portrait de ma mére. Enfin !.. MwF
Oh ! je ne fis pas de phrases. Je dis la chose en quatre mots. cr teuil me regarda d’un air effaré. (J'avais peut-être élé un peu A Mais c'est la figure de Max qu'il fallait voir. Il était devenu pâle, avec la
mâchoire contractée, les yeux durs — des yeux très drôles, petits, qui ont
i ] F . . , . 2 Fa l'air immenses tant le regard éblouit, mais un regard d'acier, déconcer 1 ie n’en devinai guère la signi-
tant et impénétrable. Si impénétrable que :
fication à cet instant-là. M’en voulait-il d'apporter à sa Es st à . °9
d'énervement ? Etait-il fâché pour moi que nsnsis jet: - LE mine
maman dans une chambre de débarras, et qu’on me le refusät :
Portait d’ailleurs son opinion. 3 : i i Ici, j'ouvre une parenthèse pour te prévenir que Je te he
possible de mon frère paralliance. J'ai tout lieu de croire que Max app
air foudroyé m'apitoyait.
ce portrait dans ma cham-
aux yeux.
(1) Voir les numéros des 1°° et 15 février.