‹ Femme, ou sabre (The trail of the sword) [microforme]Chapitre 1 sur 55 · MON CHER PERE · texte numérisé non relu

MON CHER PERE

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Un jour, il y a de cela plusieurs années, dans un moment de découragement, vous ne pites vous empécher de dire que je ne serais rien autre

chose qu'un misérable avocat. Ceci vous était probablement resté sur le

AREA Ca

cœur, car, plus tard, vous me dirigiez sérieusement du côté de Paley et des Trente-neuf articles. Pourtant, je savais bien que, dans votre âme de soldat, vous espériez vraiment, mais bien inutilement, hélas ! me voir en tunique écarlate avec baudrier blanc, l'épée au poing, comme vous éliez vous-même au temps de jeunesse et d'âge mir. Je vous ai désappointé en tout, car je n'ai jamais eu ni factum ni client ; ce fut un autre de vos fils qui réalisa vos espérances de soldat. Cependant, pour excuser un peu et, j'ose presque l’espérer, justifier ce quia pu vous sembler entétement de ma part, je vous envoie aujourd'hui cette histoire d’un soldat anglais et de la ‘ dame de ses pensers” ; elle a comme fond de tableau la vieille cité de Québec, dont vous arpentiez les remparts il y a quelque soixante ans, et comme décors, ces rudes combats qui, grâce à la Providence et à James Wolfe, ainsi que je vous lai déjà entendu dire, ont donné à [Angleterre la meilleure de

8€8 POSsessions.

Vous trouverez à redire, jen suis sûr, à la façon dont je conduis mes campagnes ; mes anachronismes vous agaceront ; mais je vous prie de vous rappeler qu’il y a longtemps, mon imagination, bien jeune encore, se trouva fort perplexe, lorsque je vous entendis raconter com-

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| iv FEMME OU SABRE

ment une douzaine dennemis se trouvèrent cernés, par vous seul, et conduits prisonniers aux quartiers généraux. “‘Cernés” demandait assurément explication. Tout de même, le fait me met à l'aise aujourd'hui, et j'en profite.

Vous étiez, et ici je précise, vous étiez, dis-je, une fameuse lame. On raconte encore des histoires légendaires sur votre compte, à propos | d'une rencontre avec un hercule de Dublin. Eh bien! au dernier chapitre de cette histoire vous trouverez le récit d'un duel qui vous

rappellera ceux du commencement du siècle, alors que vous aviez le

sang ardent et le bras prompt à la riposte. Vous ne croiriez pas aux | détails de la scène, si je ne vous avais déjà dit que si la voix est celle de 4 Jacob, la main est celle d'un autre. Les bons tireurs ne sont pas si ' nombreux aujourd'hui dans l'armée et hors des rangs, pour que, dans | le nombre, le nom de Walter Herries Pollock vous ait échappé. De sorte que si vous vous querelle: avec quelqu'un, que ce soit avec Esaü ; | ce que je regretterar tout de même, malgré toutes les raisons que j'aurai t

de lui en étre reconnaissant.

Mon cher père, vous cheminez plein de santé et d’un pas allègre dans la vie, à mi-chemin entre quatre-vingts et quatre-vingt-dix ; qu'un

i siècle couronne votre bonne et honorable existence ; tel est mon vœu, | tel est mon espoir.

| Votre fils affectueux,

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