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Femmes Arabes avant et depuis l'Islamisme

Qu'était-ce donc, aux temps d'avant l'Islamisme, que la vie de la femme dans cette société, dans ce monde fragmenté en tribus, chez ces Arabes épars à travers leur Arabie, sur leur Hédjâz et sur leur Saracène ? Comment la femme passait-elle son existence sur cette immensité dont le sable est le lit, dont le ciel est le dôme, le désert, enlin, avec les feux et les mirages du jour, avec la lune et les étoiles de la nuit ?

Les femmes arabes d'il y a douze ou quinze siècles avaientelles une vie intellectuelle? avaient-elles une influence, une valeur et une action sociales ?

Je le dis en vérité, la femme arabe a grandement dégéuéré. Sa position dans la famille a été plus nettement et plus sérieusement régularisée par l'Islamisme; mais l'Arabe musulmane n'a pas tardé a perdre la situation intellectuelle et morale de l'Arabe païenne. Je veux un peu parcourir, d'abord, les anciennes époques de la gentilité, puis dessiner en traits rapides mais caractéristiques, ce que les brunes beautés de l'Arabie, celles du désert surtout, ont conservé de leur pby-

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sionomic primitive, de leur âme native, jusqu'aux deux premiers siècles de l'Islamisme. Aujourd'hui, elles n'existent plus guère que comme sexe, ou, si nous voulons être plus courtois, comme beau sexe. Les hommes, c'est le vilain sexe, soit dit sans vanité.

l'IlEMIKKK PAItTIK.

FKMMKS AKABES AVANT l/ISf.AMISMK.

La poésie de» Arabes. — Chaque poésie commençait par parler de la dame du poète. — Réunion de poètes chea Aiehah fille de Ta I ha h — tioùl des lemmes arabes pour la poésie, pour la parure.

Beaucoup ont écrit déjà sur les femmes arabes, parce qu'on aime beaucoup a s'occuper de harem, c'est-à-dire de fruit défendu, ou de fruit difficile à prendre. Mais qui a parlé des femmes d'avant l'Islamisme ? Qui en a parlé avec quelques détails, avec un peu de couleur, et surtout au point de vue de l'intelligence, de l'esprit et du cœur? Dites-moi, poètes, «lui vous a parlé de femmes arabes poètes de ces âges anciens? Qui vous a raconté quelque chose* des amours cl des existences des femmes dans les tentes, où aussi l'on faisait harem? Vous êtes friands, vous aflolez de tout ce qui a un arôme de poésie, poésie des vers et poésie des actes ; je suis sûr d'avance que votre œil remarquera avec quelque plaisir l'allure mâle de la poésie des femmes en la vieille Arabie.

Comme on était poète dans cette presquïlc-là ! Oh ! elle était vivacc, là-bas, cette passion de rhythmer en harmonieuses paroles, en lignes mesurées, en formes solennelles et cadencées, les émotions de la fierté, les gloires du courage, les joies de l'ivresse, les louanges de la beauté, les coquetteries, les désirs, les craintes, les bonheurs de l'amour, les soupçons et les colères de toutes les jalousies et de toutes les rivalités, les orgueils si multiples de la nature humaine.

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CVsl que la poésie est une des manifestations de l'âme du monde, une émanation divine ; elle a pour patries toutes les patries des peuples. Ange, génie, la poésie se plait à tous les climats, s'adapte et fraternise avec tous les degrés des développements sociaux, avec toutes les physionomies humaines ; elle a son lit et son trône partout ; elle souille ses émotions au sauvage comme au civilisé ; elle aime tout le monde, et parle toutes les langues. Elle n'a pas plus peur des glaces du Nord que des feux solaires de l'équaleur. Elle chante ses harmonies aussi hien dans la neige et au milieu des frimats et du grésil, qu'à travers les sables brûlants des gorges enflammées des déserts, que devant ces mirages pétillants des solitudes desséchées, que sur les traces tourmentées des torrents, que sur cette nature effrayante, pâle, fauve des espaces que le soleil chauffe au degré d'une lave qui se solidifie. La poésie! mais elle aime tout, elle aime tout dire^ tout faire ; eu quelque pays que ce soit, elle s'habille de couleurs, de musiques, de richesses, de tristesses, de joies, de pierreries, de rosées, de parfums, de colères, d'amours, de philosophics et de rires. Les védas, les sagas, les niebelungen, les duma, les chants castaliens, les kacideh ou rimes arabes, les odes olympiennes, les vers capitolins, les vers des sauvages, tout cela est frère et sœur ; les noms varient, l'âme est la même.

Ils étaient nombreux ces poètes antéislamiqucs, ces inspirés de nature, qui de leurs vers charmaient les tentes fauves des tribus vagabondes de l'Arabie, qui disaient, le soir, assis à la lumière blanche de la lune, leurs rimes souples et faciles aux cercles des guerriers, psalmodiaient les louanges de la bataille ou du pillage, chantaient leurs émotions aux jeunes filles et aux femmes assemblées autour d'eux, grondaient leurs menaces ou leurs plaintes aux sentiers du désert, à Jeurs compagnons «le rapines. Oui, dans cette presqu'île in-

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habitable et de tout temps habitée, sur les plaines de Saba, sur les châteaux de Roumdàn à Sana, sous le parfum exhalé par les fleurs mâles des palmiers de Médine, au cœur de ces mers de sables, loin des grèves abruptes de l'Océan, de Coulzoum et de la mer Persique, dans tous ces espaces où l'Arabe avec sa chamelle respirait libre entre l'immensité des sables et l'immensité du ciel, là-bas, les poètes naissaient partout, sous la tente du roi de la tribu, sous la tente du guerrier noble à vingt quartiers de noblesse, sous la tente en haillon du simple pâtre, de l'esclave, du malheureux, du pillard/sur la route aventureuse, sur le lit de sable du ribaud excommunié des siens, taché de sang, chassé du milieu de ses frères, et mis au ban des tribus.

Sur quels mètres réguliers, multiples, ces hommes incultes, ou leurs femmes, jetaient-ils donc leurs pensées ? Où donc apprenaient-ils cette harmonie vocale des paroles assemblées

en cadences prosodiques ? Que savaient-ils ? Ils savaient

ce qu'ils apprenaient, et ils n'apprenaient rien. Qu'auraientils appris ? Qui savait lire ? Qui savait écrire ? On n'écrivait pas, et par conséquent on ne lisait pas. On versifiait, on improvisait, on récitait ; et les vers passaient ainsi de mémoire en mémoire, de tribu en tribu, de génération en génération. Mais de plus, on s'exerçait, on travaillait a faire de belles hampes de lances ; on recherchait les sabres bien fourbis el bien coupants, les lames longtemps frémissantes au brandissement; on se préparait des arcs de bois jaunâtre, dur et élastique ; on armait des llèches bien empennées, bien aiguisées a leurs pointes en os, en corne ou en caillou. On se lissait des toiles de tentes, rousses, brunes, noirâtres, avec le ouabar ou poil des chameaux. Que dirai-je encore ? On courait a la chasse des voyageurs, à l'attaque des tribus, on faisait butin de tout. Et les poètes, après ou pendant leurs « ourses, leurs expéditions, leurs tombals, improvisaient leurs

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hémistiches el créaient ainsi des légendes, des traditions, des souvenirs, l'histoire de leur presqu'île. Pour avoir quelque renom dans la trihu, il fallait qu'un guerrier, l'homme des batailles et des coups hardis, fût poète el sût assaisonner de vers un coup de lance et un coup de sabre, chanter ses laits et gestes en hémistiches irréprochables. Aussi, combien de ces héros bédouins eurent les honneurs de l'éloge funèbre dans les rimes animées et fraîches d'une sœur, d'une mère, d'une amante, d'une maîtresse î car, là. les femmes avaient naturellement le droit des poètes; rimer était, parmi elles, chose simple et commune ; elles n'en étaient ni plus Hères, ni moins tendres, ni moins aimantes. Oui, un cavalier des cavaliers, un chevalier parfait devait être guerrier, amoureux et poète ; charmante trinité, la seule qu'adoraient les «Iles du désert, toutes les filles de l'Arabie. Les rusées ! ce sont elles qui l'avaient inventée.'

Va} sont elles aussi qui inspiraient les poètes. Là aussi, l'amour soufflait ses frémissements, et ses douceurs, et ses souffrances embaumées, dans tous les cœurs poétiques, dans les âmes les plus âpres el les plus déshéritées de la fortune. Pas une kacideh, c'est-à-dire pas une poésie (car il n'y eut jamais de longs poèmes arabes), ne manqua, dans les beaux temps, à ouvrir ses premiers hémistiches autrement que par un salut, ou un soupir, ou un éloge, ou un souvenir à la dame du poète. Les premières rimes étaient pour la belle que le poète aimait ; eût-il à tracer des massacres, des malédictions, des œuvres de carnage et de sang, la première pensée était un hommage, ou un sourire, ou un regret d'amour. La femme, toujours la femme au sommet de toute poésie, toujours la fleur d'amour au front des premières rimes. En quels pays donc les poètes ont-ils été aussi courtois, aussi gracieusement terribles ? Eh ! l'amour est le souffle \ital de tout poète, r.eux qui ont créé les grâces, qui ont fia ï t une belle femme

AVANT L'ISLAMISME. 7 déesse de la poésie, étaient poètes d'âme el d'émotions, (/est une femme tendre, un cœur ardent et pur, S,e-Thérèse, qui a dit : « Les malheureux ! ils ne savent pas aimer ! »

Dans l'antique Arabie aussi, la femme était l'idole adorée, était le foyer où s'échauffaient et rayonnaient les pensées de l'homme. Partout la lionne fait jouer ou rugir le lion, la colombe fait soupirer la colombe.

Kt nombre de ces vers de la gentilité ont traversé les années dans la mémoire des Arabes. Ce n'est qu'a la veille de l'Islamisme et comme si on eut prévu que de nouvelles préoccupations allaient emporter ailleurs les esprits et éteindre la primitive poésie pour lui substituer la poésie de la religion nouvelle, que l'on s'avisa d'écrire les monuments poétiques de l'antiquité ignoranle qui allait finir pour laisser la place h la lumière religieuse qui allait se lever. L'Islamisme parut; et Mahomet qui n'a jamais su scander un vers, donna la magnifique poésie de son Korau.

A ce moment, tout ce qu'il y avait de poètes existants perdit la parole. Un nouveau monde surgissait qui abasourdit la gentilité. Lébid, le célèbre auteur d'un des sept poèmes dorés, ne sut plus trouver un hémistiche après l'inauguration de l'Islamisme. Toutefois, Mahomet, prophète, fut assailli et happé par la satire des poètes gentils, des rimeurs non convertis; il vit qu'il lui fallait aussi ses poètes à lui; il les eut.

L'instant de halle qu'apporta l'Islamisme à l'admiration, ou à l'étude, ou aux récitations des poésies transmises par la gentilité arabe, ne se prolongea pas longtemps. Les beaux vers, nous le savons tous, ont une puissance incalculable; les belles cadences qui revêtent i\c belles pensées sont des êtres qui méprisent la dent rongeante des années. Les femmes elles-mêmes adoraient ces vieilles poésies d'un autre monde, des époques antéislamiques. Ainsi, dans les premiers temps de rislàm, on lut un jour devant Atehah, fille de Talhah. et

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plusieurs poètes réunis chez elle, une poésie d'environ quatrevingt vers. C'étaient les vers d'un de ces brigands, de ces hommes de proie et de sang, que sa tribu avait jeté à la malédiction de toutes les autres tribus. Le pillard chante son amour, ses inquiétudes amoureuses, ses goûts de rapines. Aichah, lorsqu'on eut fini de lire cette poésie du sauvage ribaud, resta toute émue, émerveillée : « A celui de vous, ditelle subitement à ses poètes, qui sera capable d'ajouter a cette kacideh, un vers, un seul vers, qui soit dans la couleur et la portée de l'ensemble, je donne toute celte parure que j'ai sur moi. »

On garda le silence; personne n'accepta le défi.

Le mouvement d'admiration de cette Aichah, hommage rendu à la supériorité de la poésie antéislamiquc, est un des traits nombreux qui rappellent ce qu'étaient les femmes de l'Arabie d'autrefois, ce qu'elles avaient d'amour pour la poésie, pour la gloire des armes et des vers.

11 y a là aussi une preuve que les premières années de l'Islamisme étaient encore imprégnées, imbibées des goûts poétiques de la gentilité arabe, qu'il y avait encore des femmes d'étude, d'érudition, d'esprit, des femmes lettrées. En elles s'agitait un reste de cette âme poétique qui jadis passionnait, enthousiasmait les belles pèlerines du désert païen. Aux premières époques de l'Islamisme, et, il faut bien le dire, malgré l'Islamisme dans sa verte jeunesse, il y avait donc encore, par devers les rives orientales du golfe Arabique, des Du Deflant, des Geoffrin, des Du Châtelet, tenant salon de littérateurs et centres de beaux esprits, réunions d'érudits. Dans de longues causeries, dans des réminiscences des congrès poétiques si célèbres au Uédjàz, ces fêtes olympiques de l'Arabie, on évoquait les souvenirs de ces poètes païens qui, entre les espaces des lentes avaient charmé de leurs récits et de leurs vives improvisations, les guerriers, les sages et les princes

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des tribus, les enfants étonnés et les femmes émues, les vierges souriantes, ces grands cercles d'auditeurs de toute condition assis ou accroupis sur le sable, ou sur la grosse serge eu laine ou en poils de chameaux, ces foules scénitiques qui aspiraient avec la brise les légendes et les vers récités pendant la fraîcheur des nuits. Aujourd'hui, à peine trouveraiton, en toute la musulmanie, quelques femmes sachant lire.

Dans l'Arabie de la Djâhélieh, c'est-a-dire de l'ignorance, du paganisme, les femmes se teignaient comme celles d'à-présent, les sourcils, les yeux, les mains, , se parfumaient de senteurs, avaient leurs miroirs. De même que dans l'ancienne Hellade, de même qu'à Rome l'ancienne, les femmes de l'ancienne Arabie « des mains filaient la laine, et des yeux observaient que la purée ne brûlât pas (1). » Mais aussi, elles aimaient la gloire de leurs maris, de leurs fils, de leurs frères, de leurs proches ; elles aimaient les chances des guerres, les illustrations des poètes, les généalogies des familles, les légendes des tribus. Elles soignaient leurs simples vêtements, leurs frustes parures ; elles pensaient à la fraîcheur de leurs bouches, à la soie de leurs joues, à l'éclat de leurs yeux, à la finesse et au balancement de leur taille, à la rondeur de leurs seins et de leurs bras ; mais ce n'était pas seulement pour allumer un fol amour au cœur de l'homme, lui susciter une lièvre d'un moment, l'enfermer sous la tente, le soustraire a ce que chacun doit de sa personne aux intérêts des autres, le garotter à une couche voluptueuse, rétrécir enfin la pensée d'un mari à la limite des cordes de la tente ; c'était pour animer le jeune guerrier à bien mériter de la tribu avant d'obtenir les récompenses de l'amour ; c'était pour inspirer et échauffer le poète, engendrer de nouvelles légendes, rehausser le relief de la tribu ; c'était pour donner le jour à des hommes, non à des êtres sans puissance et sans valeur,

(t) Mrnipppc de Vairon.

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incapables de défendre un camp, ou d'enlever une eaplurc, ou de comprendre une pensée poétique, ou de s'émouvoir aux récits des mille traditions de la presqu'île entière.

Elles étaient belles ces femmes arabes au teint bruni, à l'œil de perle et de jais. Elles vivaient à lair pur des déserts; elles voyageaient sur les chameaux de pâturages en pâturages ; elles se nourrissaient de simples aliments, des produits journaliers des troupeaux, des gibiers de gazelles et d'antilopes aux grands yeux noirs comme les yeux des filles de Joctân et de Saba. Saba, nom que les vieux âges ont livré à l'admiration du monde, avec le nom d'une reine.

La Reine de Saba.

Parmi les plus anciennes figures de l'antique Arabie, vers l'extrême fond de cette vaporeuse galerie des tableaux légendaires de l'Yémen, une étonnante physionomie apparaît, environnée de merveilles, colorées de couleurs fantastiques ; c'est la reine brillante de la contrée dite la Sabaïe, c'est la , reine dite la reine de Saba. Mettons en léte de nos légendes, la légende arabe de celle femme qui avait refusé sa main à tant de rois. La belle femme reine s'unit au plus beau des hommes rois; Makéda accepia Salomon. Magna magnis.

Aux yeux des Arabes, il n'y a pas de grands noms sans de grandes choses. Salomon fut grand en pensées, en puissance, en richesses, en magnificence, en femmes. Aussi, les Arabes en ont fait un prophète.

La célèbre reine de Saba n'a, pour histoire, dans les récits bibliques, que quelques lignes au chapitre x du troisième livre des Rois. Elle va rendre visile au flls de David, au chantre poète du cantique des cantiques, au fondateur de Tadmor ou

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Palmyre ; ei une conversation assez couric s'engage sur la sagesse ou sapience du Grand Roi. A la suite, des félicitations mutuelles, des présents splendides ; et la reine part, retourne en son royaume au foiid de l'Yémen. Mais les Arabes ne voient là qu'un dénouement incomplet. Ils ont, au moins pour un temps, Tait embrasser cl marier l'Arabie cl la Judée. En conduisant ce récil, ils l'ont semé de merveilles, ils ont exagéré les détails du tableau ; ils ne paraissent pas se douter que l'exagération est la rhétorique des esprits faibles, et la logique des esprits faux.

D'après les généalogies arabes et génésiaques, Saba, qui donna son nom à la Sabaïe ou pays des Sabéens dans l'Yémen ou Arabie méridionale, était arrière-pctil-fils de kahtân (le Joctân de la Bible), et troisième arrière-petit-fils de Noé. Les deux fils de Saba, Himiar et kahlàn, furent ensuite la double souche de deux populations. Mais plus tard, les Sabéens el les descendants de Himiar et de kahlàn se réunirent et ne formèrent plus qu'un seul peuple sous le nom de Himiarites ( les Homerilœ de Pline l'ancien). Les Sabéens n'eurent donc pas une longue existence individuelle, distincte. [Néanmoins, il parut à intervalles, sur le trône de Himiar, des rois du sang sabéen proprement dit. Car les Thamaminah, c'est-à-dire les Octaves, étaient huit grandes familles en possession du droit de succession au trône ; c'était parmi elles qu'on élisait un nouveau roi, lorsque le chef de l'État mourait sans héritier direct. Ces huit familles arrivèrent à avoir un nombre de quatre mille princes ou akouàl, c'est-à-dire paroles ; ils avaient le privilège exclusif de parler directement au roi, el le roi ne recevait de communication que d'eux, ne parlait qu'à eux, et ne consultait qu'eux. Seuls ils composaient la cour et l'entourage du souverain. «

On donnait le titre de Kaïlân, comme nous disons Y Infant, |o Dauphin, à l'héritier présomptif du trône, a celui

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que, par une éducation spéciale, on préparait au maniement de l'autorité royale. — Les Maulhabàn, ou sédentaires, terme qui rappelle nos rois fainéants, furent les rois qui ne suivaient pas les armées en temps de guerre. — Le nom de Tobba était l'appellation réservée uniquement aux rois, comme celui de César aux empereurs romains, de Kosroës ou Kesra aux rois de Perse, de Fira«àn^ Pharaon, aux souverains de PÉgypte ancienne, etc.

Saba fut le quatrième ou cinquième aïeul de Makéda, appelée, dans les traditions et légendes arabes, du nom de Balkamah, Bilkis, Balkis. Les Abyssins veulent qu'elle soit originaire de leur pays, de la contrée de Makâda, située au Nord de FAbyssinie. Aujourd'hui, les plus belles esclaves abyssiniennes sont amenées de celte contrée, et sont qualifiées, comme litre de beauté et de valeur, par le mot de Malsédiennes.

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