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iives et des travaux assez nombreux, on peut même dire qu'il n'y en a pas. Tous ceux qui se sont avisés d'écrire sur ce rude sujet ont mêlé et compliqué l'écheveau qui embarrassait la grande et sage main carrée de Leibnitz ; car tous, quel que fût leur but, soit le développement général de l'homme, comme Rousseau etMontaigne, soit son développement spécial, comme Jacotot, sont partis de leurs propres données, d'une manière personnelle àeux de concevoir l'homme, c'est-à-dire d'une rêverie et non de la réalité. La plupart des éducateurs sont des philosophes individuels, caressant leur chimère» comme la femme du camée antique* Et même ceux-là qui, comme Hyacinthe Corne, pensent le moins à Têtre, et qui affectent, au contraire, de se rapprocher le plus du bon sens et de l'expérience dans leurs sources pures en parlant tout simplement comme l'àme d'une mère.
Mais Tâme d'une mère n'y sufût pas non plus. Qui n'estqu'une mère n'est qu'une sentimentalité sublime, et il faut plus que des sentiments et des instincts pour élever un homme ; il faut de ces toutes-puissantes notions que nous ne trouvons pas uniquement dans les divinations de nos cœurs. L'éducation est plus qu'une maternité : c'est un sacerdoce^ Que la mère en soit le prêtre, ahl certes! nous n'y répugnons pas. Mais il est nécessaire que le prêtre y soit, c'est-à-dire le père appuyé sur la tradition religieuse ; cat, au
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poiùt dû nous vdUâ ai*rivëô dàllë THistoire, impossible d'élëVer un enfant en dehors des idées chl^étiétitiës. Ce serait le dét)ortei* en dehors de la civilisatioti et de la pensée. L'Histoire est tlile seconde destinée. Même les mdins chrétiens sont chtétietis entore. Il t^otile du ChristiaLtiisme involontaire, du Christianisme sécui kii^e, dans les veitiëë pourries déÉ pltis mauvaises générations. Excepté le fatalisme, qui h'à pas le droit d'enseignef" et qui n'en sâiii-sllt avoir laprétention sans inconséquence, il n'y a que trois philosophies qui veillent se partager Tempire de Id nature humaine en Texpliqùant. Il y a celle (jui soutietit que l'homme est bon el (Jiie la société le dê^irave ; celle qui prétend qu'il est également prdptë au bieti cotilttlé àil mal ; et enfin celle qui pose, comme le catholifcisme, avec sa netteté sdUvei*àinè, que Thomme est eu chute, mais qu'il peut glorieusement se l^eleVer! 01*, au l'égard dé ces trois philosophies, — et il n'y en a pas de quatrième, — le problème de Téducâtion est toujours le schisme étetnel qui existe pi-imitivemënt entre nos facultés et leUi*s opéi*ations, et la transfiguration qui doit rétabliir l'équilibre entre elles. Rivarol disait, avec la belle voix d'or de son esprit : « La grandeur de ilos facultés dépend de Dieu, mais de nous dépend leur harmonie. » Quel que soit donc celui des trois systèmes sur la nature humaine qUè l'on addpte, il eôt d'observation indéniable qu'il y a aU fond de ildus-mêmes une ten*^ dèiûce pf ohoncée à nous ctolt^e le ceutf e de toul, à ne
juger les choses que par rapport à nous, à traverser incessamment et 4ans tous les sens le plan de Tordre avec mépris, et même les armes à la main. Cette tendance, d'où nous vient-elle ?... Tous, tant que nous sommes, ne la sentons-nous pas en nous ? N'est-elle pas comme un apanage de la vie? — mais aussi comme un contre-sens dont nous subissons la loi, un ennemi que nous devons combattre, si nous ne voulons pas nous blesser à tous les angles de la création ici-bas?... C'est ce que la tradition catholique nous désigne sous le nom de vice originel, et ce qu'un examen approfondi trouve en nous et reconnaît avec la force d'une certitude. L'être humain existe, cependant, indépendamment de cette impulsion naturelle, fatale obstinée et sensible, que nous devons aider la famille et Tordre à transformer en agissant avec une intrépide constance sur le ressort de notre liberté, comme le marin sur le gouvernail de son navire.
Eh bien, ce concours de notre intelligence et de notre volonté, ce consentement éclairé de la liberté à la loi, de l'individu à Tordre, c'est Téducation ! L'éducation, problème composé d'une foule de problèmes I Si c'est une nécessité, en effet, de purifler la nature humaine des souillures du vice originel, il ne s'agit pas de s'en faire accroire. La bonté de Thomme a ses plaies ; un charme particulier l'obsède. Voilà pourquoi, dans son application à toute la vie, le détail de l'éduca^tion est iqfmi. Ce détail minutieux et infini,
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qui doit embrasser la triple sphère de notre activité physique, intellectuelle et morale, le trouvons-nous abordé ou seulement indiqué dans ce petit volume ?... Et s'il n'y est pas, s'il ne peut pas être en ces quelques lettres sur des points si peu nombreux, quand il fallait tant en toucher, y a-t-il, au moins, dans ce livre, la grande vue qui couvre tout de son illumination féconde et qui, à force de lumière, nous empêche de rien regretter?...
Non ! Ni longue-vue, ni microscope I Égale absence de force réelle dans l'ensemble du livre et dans ses détails I L'auteur est un charmant et facile esprit, d'une plume limpide, qui a de la raison et de la distinction dans le langage, chose assez rare dans ce temps d'esprits hâves, incorrects, troublés. Mais, tel qu'il est, son ouvrage ne diminuera pas beaucoup les difficultés de l'éducation et de la vie. — Dans l'intention la plus sérieuse de leur auteur, les Lettres d'une mère à son fils sont évidemment un traité d'éducation mis sous une forme romanesque, comme, par exemple, YAdèle et Théodore de madame de Genlis, à la différence près que le livre de madame de Genlis, esprit balourd, mais non sans puissance, a de vastes
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et imposantes prot)ortions, tandis que eelui de Coi*tiè en a d'un exigu et d'un gfêle I... On dirait que Ife seie de la femme est de son côté... Adrien est à Tâge de la vie où la première instruction acquise, l'éducation, est surtout nêcessaite pour doniier lé fini à là nioi^alilé d*Un hotnme. Éttidiaht, il vit à Paris, éloigné de sa mère, qui lui envoie dans ses lettres dès conseils et des enseigtiemeùts. JusqUe-là, c'est uù enfant encOt^e, qui ne sait rien, quoi qu'il ait appris ; car on ne sait pas pour avoir déposé dans sa mémoire des notions qu'on peut y reprendre, a dit profondément un penseur. Madame d'Alonville, la mère d'Adrien, est une jeune veuve, et nous aimons cette idée de veuve, cumulant le père et la mère dans la fonction sacerdotale de Téducatetir; mais cette fëtnine aimable, raisonnable, expétiente des choses du mondé, n'est, ail fond, eh matière d'éducation, qu^une agréable nullité. Il y a Un mot de Kant, magnifiquement niais et bien digne, dureste,d*Un anthro^JOtilorphite comme lui : « Quand Un être patfait — dit-il quelque part -^i en aura élevé un autre, on saura alors quelles sont lefe limites du pouvoir de l'éducation. » On ne le Sâùf â donc jamais ; car d'êtl*es parfaits, il n'y en a t)t>ltlt dans ce monde. Mais il y a des doctrines parfaite^ à s'assiniilet*, un idéal de perfection à t)oni'Suîvre, et ce sont ces doctrines, c'est cet idéal que n'a t)oint l'excellente et aimable madame d^Alonville. Femme honnête et du monde, voilà tout t madame d'Alontillô h'â qtie