V. Dupin
Imprimatur',
Lutetiæ Parisiorum, die festo Annuntiationis B. M. V., anno 1927.
Louis, Card. Dubois,
Arch. de Paris.
Avant-Propos de la nouvelle édition
Des trois ouvrages que nous avons publiés sur l’apostolat catholique dans les régions boréales du Nouveau Monde : Aux Glaces Polaires , Apôtres Inconnus, Femmes Héroïques, celui-ci vit le. premier le jour. r
Ecrit au fond du Canada et racontant la vie apostolique de religieuses canadiennes, ce livre n’avait point songé d’abord à franchir l’Atlantique. C’était oublier que la France s’éprend de toutes les grandes causes ; c’était méconnaître l’affection conservée par la Mère-Patrie à sa Fille, depuis l’adieu de 1763 ; c’était ignorer la tendresse que venait d’aviver en son cœur le sacrifice des 60000 jeunes Canadiens frappés sur la terre française 1.
De même que les femmes de notre Nord et de nos Ardennes continuent d’aller, chaque dimanche, fleurir, parmi toutes, les tombes des soldats canadiens morts pour notre idéal, ainsi la France vénère-t-elle, depuis qu’elle la connaît, l’iiistoire de ses « petites-filles » du Canada,
1. « ... Quand vous nous avez laissés en 1763, 60 000 Français restèrent au Canada. Nous sommes aujourd’hui au delà de trois millions. Et pendant la grande guerre, — pardon si j’évoque ces deuils, - — nous vous avons donné plus de soldats que Bonaparte n’en comptait dans la Grande Armée, et 60 000 de ceux-là dorment dans les cimetières de France. Vous nous aviez laissé des braves, nous vous avons envoyé un nombre égal de héros. Le Canada, comme la France, paye ses dettes... »
Du discours de l’Honorable M. L.-A, Taschereau, premier ministre de la province de Québec, à l’inauguration de La Maison des Éludianls canadiens à Paris, le 30 octobre 1926.
soldats de Dieu à la Jeanne d’Arc, qui, par le chemin le plus âpre, ont porté la croix et la délivrance aux frontières glacées du monde.
C’est pourquoi une vaste édition spéciale de Femmes héroïques s’envola, en peu de temps, à travers les foyers de chez nous.
Ce modeste ouvrage, nous le présentons aujourd’hui refait, remodelé, considérablement accru.
Il a voulu, toutefois, conserver la perle jubilaire de sa première heure : la lettre, digne de saint Paul, par laquelle S. G. Mgr Breynat, vicaire apostolique du Mackenzie, l’avait dédié, il y a dix ans, à la Supérieure générale des Sœurs Grises de Montréal.
Le lecteur transportera l’admiration de l’évêque du Pôle Nord pour les cinquante ans passés, à la décade qui a suivi, et que relatent de récents chapitres.
On nous saura gré d’avoir, chaque fois et aussi longuement que l’ordre de notre récit nous l’a permis, transcrit le langage même de nos vaillantes. Le cœur de la viergeapôtre est seul capable d’exprimer la délicatesse profonde du don de soi qu’elle fait à Dieu. Aucun historiographe n’égalera, en vérité, l’Histoire d’une Ame d’une Thérèse de l’Enfant-Jésus, ni l’autobiographie d’une Thérèse d’Avila.
Si l’on nous reproche de n’avoir point laissé parler suffisamment encore celles que nous avons reçu la mission de faire connaître ; si nous avons réduit à trop peu de lignes l’immense volume qui eût fidèlement repassé, une à une, les soixante années du combat contre le paganisme, soutenu dans la solitude, la faim, le froid de l’Extrême-Nord, par les Sœurs missionnaires, — puissions-nous, du moins, n’avoir pas trop indignement signalé, dans son ensemble, l’un des plus beaux dévouements enfantés par la religion catholique au cours des siècles.
Bien^que ce livre soit premièrement consacré aux évangélisatrices de l’Athabaska-Mackenzie, nous n’avons pas