‹ Femmes héroĭquesChapitre 33 sur 45 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

maman ». Cette fête la consola. Mais sa plus grande joie vint d’autre source : elle pouvait témoigner que les missionnaires des derniers temps n’avaient point dégénéré, et faire siennes les paroles de sa Supérieure générale de 1898, que reprend celle d’aujourd’hui, arrivant de l’océan Arctique :

« Partout c’est le même zèle pour faire connaître, aimer et bénir le bon Dieu aux enfants ; c’est la même charité auprès des orphelins, des vieillards et des délaissés ; c’est le même dévouement, la même abnégation auprès des malades ; c’est la même générosité dans l’acceptation des sacrifices multiples, résultant de l’éloignement et de l’isolement dans lesquels l’obéissance a placé ces ouvrières, pour accomplir leur apostolat de charité et d’amour ; partout, en un mot, se reconnaît le cachet de notre sainte fondatrice. »

Naguère encore Mère Ward lisait avec délices les lignes que traçait, le 19 juillet 1924, la T. H. Mère Dugas, hôte du couvent de la Providence :

«... Des vieux murs, se dégage un parfum de pauvreté, d’humilité et de dévouement qui rappelle le zèle des fondateurs et fondatrices... Ce qu’on éprouve en les habitant, c’est le sentiment de vénération qui envahit en présence de reliques précieuses. Nos soeurs le comprennent et veulent être dignes de leurs aînées. »

On a trouvé, au chapitre cinquième de cet ouvrage, l’éloge que S. G. Mgr Breynat, vicaire apostolique du Mackenzie, décernait aux Sœurs Grises de l’ Extrême-Nord, à l’issue de leur premier demi-siècle.

S. G. Mgr Grouard, vicaire apostolique d’Athabaska, père de Mgr Breynat dans le sacerdoce et dans l’épiscopat, et qui compte aujourd’hui soixante-sept ans d’apostolat

aux glaces polaires, nous apporte les paroles dont nous voudrions faire aussi le dernier mot de notre hommage aux Sœurs Grises missionnaires et l’expression de notre humble souhait pour la belle Congrégation de la Vénérable Mère d’Youville. Il les connut si bien, ayant été leur premier père, ayant partagé jusqu’à ce jour toutes leurs joies et toutes leurs peines. L’évêque répond à des promesses de prières et à des vœux qui lui sont venus de Montréal :

«Je vous suis très reconnaissant, ma Très Révérende Mère, des bons souhaits que vous avez eu la charité de former pour moi et nos missions, et surtout des prières que vous et votre communauté voulez bien offrir au bon Dieu pour nous. Nous avons eu en tout temps besoin de la grâce de Dieu, il est vrai ; mais pour moi, je ne l’ai jamais mieux senti que dans le moment présent, où je me trouve accablé de nombreuses et cruelles épreuves dont il serait trop long de vous faire le récit détaillé. Trois excellents frères noyés, un moulin à scie à vapeur détruit par le feu, etc. A peine ai-je le courage de dire : Que votre volonté soit faite !

« Au milieu de ces peines, je dois vous dire que vos chères filles me donnent de vraies consolations. Elles sont bonnes religieuses, et fidèles à leurs devoirs. Leur œuvre est saintement prospère. Puissiez-vous voir leur nombre se multiplier, et les nouvelles marcher sur les traces de leurs devancières ! »

Au-dessus des témoignages des supérieures, des évêques, un seul pouvait trouver place, celui du Pape.

Mgr Grouard raconte son audience de 1898 :

«Léon XIII me demanda combien j’avais de missionnaires, et je lui répondis en lui donnant le nombre des pères et des frères. J’ajoutai :

Page 1