‹ Femmes héroĭquesChapitre 32 sur 45 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

L’obéissance, qui rappela Sœur Saint-Michel des Saints après vingt ans d’apostolat, et Sœur Lapointe après quinze, ajouta le mérite du désir à celui du sacrifice.

Dans la province voisine du Mackenzie, à Saint-Albert, mourut, en 1921, une petite sœur, dont le joyeux esprit et le courage ne vieillirent pas jusqu’à son dernier jour. C’était Marie-Domithilde Letendre. Les simples tertiaires franciscaines assistaient depuis longtemps les Sœurs Grises. A ce titre, Marie-Domithilde avait accompagné les fondatrices de 1867.

En 1889, un chapitre extraordinaire fut convoqué par la T. H. Mère Filiatrault, à l’effet de constituer, comme partie intégrante de la Congrégation des Sœurs de la Charité de Montréal, l’Association des « Petites Sœurs Auxiliaires ». Jamais bénédiction plus féconde ne descendit sur les œuvres de Mère d’Youville.

Petites sœurs auxiliaires, elles le sont si bien !

Petites : la modestie, l’humilité, la pratique des abnégations obscures les rendent dignes enfants de la vénérable fondatrice. Elles sont auxiliaires , et auxiliaires puissantes, surtout aux missions du Nord. Ce sont des sœurs : sœurs vocales et sœurs auxiliaires sont pareillement Sœurs Grises par leur consécration religieuse, par leur habit à peu près semblable, par la croix sur leur poitrine, et surtout par la mise en pratique du testament de leur Mère commune : « Faites en sorte que l’union la plus parfaite règne parmi vous. »

Marie-Domithilde était ainsi devenue « petite sœur auxiliaire », sous le nom de Sœur Domithilde, dès 1889.

L’un des douze apôtres fut réservé par Jésus à une longue vie. Il devait rester comme témoin des premiers temps, jusqu’à la propagation universelle de l’Évangile... De l’une des

cinq fondatrices, le divin Maître n’aurait-il pas dit :

« — Celle-là, je veux qu’elle demeure jusqu’au jour où la conversion de la nation à laquelle j’ai envoyé mes apôtres sera accomplie? »

Et celle-là, comme le disciple bien-aimé, ne peut-elle pas répondre aujourd’hui, en regardant l’espace parcouru par les Sœurs Grises, depuis la mission de la Providence d’il y a soixante ans jusqu’à la mission d’Aklavik d’aujourd’hui :

« p>e tout ce qui s’est passé, je rends témoignage : et mon témoignage est vrai? »

« Celle-là », le « saint Jean » des premières religieuses du Mackenzie, c’est la vénérée Mère Ward.

A ses sauvages de la Providence, elle donna les vingtcinq ans de sa jeunesse. A eux encore, ainsi qu’à tous les pauvres des Sœurs de la Charité, les vingt-cinq autres furent dévoués, car successivement maîtresse des novices, assistante de la T. H. Mère générale, supérieure locale de l’Hôpital-Général de Montréal, provinciale, elle forma par l’exemple et la parole des légions de nouvelles missionnaires. Novices et professes ont lu, dans sa mémoire et dans son cœur, les leçons des temps apostoliques.

Octogénaire, elle travaille encore vaillamment, auprès de sa Supérieure générale, pour les missions lointaines.

Qu’elle se réjouisse dans le Seigneur des grandes choses que le Tout-Puissant a faites par elle, et que Dieu multiplie encore ses jours... N’a-t-elle pas écrit du Mackenzie, en 1885 :

« Notre poisson est si bon ! Nous le mangeons de si bon appétit, que nous courons risque de mourir de vieillesse ! »

Lorsque la Mère Ward alla visiter et fortifier ses remplaçantes du Mackenzie, en 1906, le bonheur de ses anciens de la Providence, devenus grands, et échelonnés sur son parcours, ne se contenait plus, dit-on ; les petits enfants venaient/jvoir de leurs grands yeux aimants et saluer de leurs mains caressantes la mère de leurs mères, leur « grand -

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